Le 11 octobre 2015 à 19:58:07 BabouinMalin a écrit :
C'est pas vraiment le multiculturalisme. C'est le fait que ces jeunes qu'on traite de délinquants sont généralement des gosses d'immigrés, ils se sentent non seulement étrangers d'ici mais également du pays d'origine de leurs parents, déracinés donc. Ils sont entassés dans des quartiers et donc fréquentent exclusivement des gens issus du même milieu social, pauvre et peu instruit.
C'est une combinaison de facteurs qui produit naturellement des affects généralisés de tristesse et de rancoeur.
+ le harcèlement policier, la misère, la discrimination au niveau du logement, du taff, les humiliations assez violentes au niveau des aides sociales (si tu touche des aides sociales en tant que blanc, ça va, par contre regardez comment sont traités les femmes noirs et arabes, des fois ça donne vraiment envie d'être violent). Après je pense aussi que les gens des campagnes "ouvrières" sont super mal traités à ce niveau là, et eux sont plutôt blancs, c'est pas (que) une histoire de couleur.
Y'a aussi le discours réactionnaire ambiant qui dit toujours "c'est la faute aux noirs et aux arabes" sur tout et n'importe quoi, les contrôles dans les trains qui sont concentrés sur les têtes d'étrangers (quand ce sont pas des contrôleurs mais la police de la sncf, c'est juste ultra flagrant, moi qui prend souvent le train tard le soir je le vois régulièrement).
Pour ce qui est de la petite déliquance, elle est plus concentrée dans les banlieues populaires donc plus visible mais dans les campagnes pauvre elle est toute aussi présente et toute aussi violente, ça va de l'incivilité au cambriolage, au caillassage de flics, etc. Il y à de toute façon, à moindre échelle et de façon moins concentrée, enfin je pense, (pas sur) à peu près la même chose que dans les quartiers populaires.
Seulement c'est moins bien médiatiquement. C'est pas de la misère exotique et post coloniale, mais de la misère franco-française, les ravages du capitalisme le plus violent. Ca se montre pas non plus à l'écran.