On parle de communisme là hein, ressaisis toi ![]()
Je suis au MJCF ![]()
Celui-ci https://www.mjcf.com/
Le 14 juin 2017 à 14:10:18 Axetibe- a écrit :
Je suis au MJCFCelui-ci https://www.mjcf.com/
![]()
https://www.youtube.com/watch?v=5IEuSTUDCw8
Croyez vous encore en la démocratie ?
Démocrates, Républicains, Royalistes, Autoritaristes, Théocrates, Autocrates, Oligarchistes... venez sur le serveur Discordocratie débattre sur les modes de gouvernement et de pouvoir. Pour que le débat public s'ouvre en France: https://discord.gg/KD2Vs5d 
Les cocos, il vous reste 24h si vous voulez présenter une liste aux élections du FoPo
(Ou plusieurs si vos différentes nuances de communisme se refusent de cohabiter sur une même liste, je ne voudrais blesser aucune sensibilité
)
Boycott 2017 !
http://www.ladepeche.fr/article/2017/06/10/2591244-multiplexe-pont-rouge-ai-tape-ai-seulement-defendu-famille.html
Marre de l'amalgame entre jeunes et sous-prolétaires !
Bah je pense pas que les sous prolétaires soient les seuls à être violents...
Le 14 juin 2017 à 00:28:49 zbeubzbeublol a écrit :
Des gens au MJCF?
MJCF c'est bien eux les pseudo-radicaux qui vont tracter pour le PCF ?
Sur l'actuelle économie nord-coréenne : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_la_Cor%C3%A9e_du_Nord#Tentatives_de_lib.C3.A9ralisation_de_l.27.C3.A9conomie
On peut bien parler de pays capitaliste.
De toute façon la corée du nord n'est pas socialiste depuis longtemps, capitalisme d'etat =/= socialisme. Mais c'est vrai que la c'est encore plus édifiant.
Sinon un documentaire sur le PCP-SL du Pérou sous titré par la Cause du Peuple.
Très bon documentaire (ce sont des libéraux et pas des communistes qui l'ont fait), qui dévoile bien l'héroïque lutte des masses populaires des bidonvilles et des campagnes, les attrocités envers la population commises par le gouvernement, et aussi le culte quasi sectaire du Parti et de son dirigeant, Abimael Guzman.
https://www.youtube.com/watch?v=QeaYOBLP8Gk
Un psychanalyste au service de l'ordre bourgeois : après l'antitotalitarisme, l'antiradicalité. :
http://m.huffingtonpost.fr/thomas-bouvatier/legislatives-radicalisme-musulman-radical-extreme-gauche-extreme-droite_a_22355768/
![]()
Pour rapppel la radicalité est étymologiquement prendre le problème à la racine.
mdr
Salut les bolchéviques, j'ai deux petites questions ![]()
Une société communistes, concrètement, ça ressemble à quoi ? Vu que l'URSS "c'est pas du communisme" (i j'ai bien compris)
Et Trotskisme, Maoïsme, stalinisme, Léninisme etc ... quelle différence ?
Merci d'avance
Une société communistes, concrètement, ça ressemble à quoi ? Vu que l'URSS "c'est pas du communisme" (i j'ai bien compris)
Beowulf, tribal germanique du IIème siècle, pouvait-il imaginer précisément le mode de production et d'organisation qui succèderait plusieurs siècles plus tard à celui dans lequel il vivait? Bien sûr que non.
Nous ne sommes pas des utopistes, nous ne calquons pas nos désirs (limités par notre connaissance partielle du monde) sur ce que sera la réalité du communisme.
Ainsi, la ligne en ce qui concerne le communisme est très simple: c'est le mouvement réel (un processus observable) de disparition des classes et des appareils d'oppression de classe (Etat), d'émancipation des humains, de liberté réelle plutôt que de liberté formelle.
Ce n'est ni un historicisme ni un messianisme. Ce n'est pas la fin de l'Histoire ou le développement automatique des choses. Nous pourrions très bien être rayés de la carte de notre propre fait, dans une guerre nucléaire par exemple. Mais, si les groupes humains prennent conscience de leurs intérêts et de leur pouvoir de changement du monde, c'est dans le sens communiste qu'ils iront. Enfin, le communisme n'est pas la fin de l'Histoire, la fin du mouvement, la fin des contradictions. C'est avant tout le passage pour l'Humanité à une étape supérieure de son développement qui la conduira à une organisation bien plus développée et à l'émergence de problèmes inédits qui n'auraient pas pu se poser aux étapes inférieures (de même que les seigneurs féodaux n'ont jamais connu la contradiction entre les marchés et leurs systèmes traditionnels de captation puisqu'il a fallu une bourgeoisie pour faire le monde à son image)
Sur ta deuxième interrogation "l'URSS c'est pas du communisme", elle peut-être prononcée par deux types de personnes:
1- Des communistes qui font la distinction entre socialisme et communisme. A ce compte là, la proposition complète est: "L'URSS c'est pas du communisme, c'est la phase inférieure du communisme, c'est-à-dire le socialisme et la dictature du prolétariat."
2- Des communistes libertaires/anarchistes ou des trotskistes qui rejettent en bloc l'expérience soviétique de son début à sa fin.
Et Trotskisme, Maoïsme, stalinisme, Léninisme etc ... quelle différence ?
Je vais tâcher d'être honnête mais je le précise avant l'explication qui va suivre: je suis MLM, c'est-à-dire marxiste-léniniste-maoïste (plus simplement maoïste).
-
-
-
Voilà un blog très bien fait au sujet du maoïsme https://maoisme.wordpress.com/
Pour simplifier, on pourrait dire:
- être marxiste au XIXème siècle, c'était reconnaître la lutte des classes et le développement capitaliste du réel.
- être marxiste au XXème siècle, c'est être léninisme et reconnaître l'impérialisme et la nécessité d'une organisation déterminée et révolutionnaire
- être marxiste depuis la fin du XXème siècle jusqu'à aujourd'hui, c'est être maoïste et reconnaître les concepts de guerre populaire prolongée et de révolution culturelle
Très bien résumé Axetibe.
Par contre, on peut donner des indications sur ce qu'est une société socialiste : une société ou les entreprises capitalistes sont petit à petit réorganisés par le Parti et le Front, sur une base d'implication toujours croissante des masses.
En gros : une minorité large et influente détruit le pouvoir capitaliste, et donne le pouvoir de gestion aux masses, de plus en plus éduquées au pouvoir, à la gestion, etc. Ca ne se fait pas en un jour, et ça ne se fait pas sans contradiction, car dans le Parti/l'Etat/les administrations, certaines personnes profitent du pouvoir, la direction tend à devenir relativement autonome de sa base (alors qu'elle en est d'abord l'expression, par l'élection, la révocation, etc)..
Il faut donc des révolutions culturelles, pour "nettoyer" le Parti, l'Etat et les administrations, construire toujours plus d'organisations et de pouvoirs populaires, lutter contre les théories et les pratiques qui favorisent cette autonomisation des directions.
C'est la grande différence avec les anarchistes qui estiment qu'un jour, "le peuple", "le prolétariat" va s'insurger, prendre le pouvoir, et que du jour au lendemain tout sera super. Nous, nous voyons les contradictions qui permettent de rétablir le capitalisme, et nous pensons qu'il faut une ligne politique, des cadres, une implication des masses populaires et la création de nouveaux pouvoirs, d'une vie nouvelle, de manière inninterrompue, pour changer tout ça.
Par exemple, dans un macdonald's, un simple restaurant de restauration rapide, regarde le nombre de contradictions :
- le restaurant doit individuellement produire un profit pour payer ses salariés, alors que la société socialiste veut détruire le profit. Il faut donc lutter pour unifier les restaurants, tous, réorganiser le travail pour rendre la direction collective, la production collective à l'échelle sociale.
- dans le restaurant il y à des travailleurs manuels, en cuisine et en accueil : préparation des plateaux, service, etc... Et des travailleurs intellectuels, peut nombreux, en direction : directeur, comptable, etc. Ces derniers manipulent le profit, forment "de fait" une potentielle bourgeoisie possédant beaucoup plus de pouvoir que les cuisinier et serveurs. Cest une contradiction portant en elle même le rétablissement du capitalisme.
- le but d'un macdo n'est pas de servir le peuple : la bouffe est écologiquement désastreuse, c'est une catastrophe pour la santé, et le but est de rendre accro par les sucres. On y mange des être vivants massacrés à grande échelle. Pourtant, les travailleurs en ont besoin pour vivre : il y à donc une contradiction entre le but du socialisme et l'existence de structures sociales qui ont vocation à être détruites, ou alors totalement restructurées.
Pour ça il faut une lutte :
- un Parti pour expliquer tout ces points, pour guider vers le changement de tout ces points. Pour expliquer politiquement, pour créer les organisations nécessaires.
- un Front de Masse organisant réellement et démocratiquement ces changements : par la persuasion, par la création d'une vie nouvelle. Par exemple : création d'une organisation des cuisiniers et employés contrôlant la direction, organisant le quotidien, réduisant les inégalités petit à petit, organisant de nouvelles activités culturelles, luttant contre les problèmes divers, etc. Création d'une école interne aux entreprises, pour apprendre des métiers plus techniques, pour apprendre des bases pour les non diplômés, réduisant la différence entre travailleurs manuels et intellectuels, enrte direction et base... Création d'une organisation collective employé - clients, pour faire de chaque macdo un lieu de vie, de convivialité, de cuisine collective, adapté aux besoins et désirs du peuple : remplacement de la malbouffe par une bonne bouffe, organisation avec des usines/ateliers pour modifier le matériel de cuisine, avec des agriculteurs pour produire de la bouffe de qualité, etc.
- Création d'une force populaire de lutte : pour défendre le lieu contre les milices patronales, contre les tentatives d'organiser des groupes armées au service des capitalistes, des bourgeois, etc.
Je vais pas vous le cacher, c'est peut être dû à un singulier manque de culture politique, mais je n'ai pas TOUT compris à ce que vous venez de dire, on sent bien que vous discutez pas mal entre vous et que vous avez votre propre jargon, mais c'est hyper obscure. ![]()
J'ai donc (encore) quelques questions :
- Comment les classes doivent-elle disparaître ? Pourquoi doivent-elle disparaître ?
- Pourquoi vouloir atteindre ce "Stade supérieur de l'humanité" si il ne résous pas des problématiques tels que la guerre et autre ? Déjà que l'on troque un mal connu pour un bien hypothétique, quels seraient les effets concrets du communismes ? (A part l'abolition des classes)
- Je ne comprend pas en quoi l'Etat est un appareil d'oppression de Classe. Et si tel est le cas, dans un monde/pays communiste, il n'y a donc pas d'Etat ?
- Quelle est la différence entre la libertés formelle et la liberté réelle ?
- Quelle est la différence entre socialisme et communisme ? Qu'est-ce que la dictature du prolétariat ? C'est bien ou c'est mal ?
- Qu'est-ce qu'un "Etat ouvrier déformé" ? Qu'est-ce que la capitalisme d'Etat ? (Bon, là j'ai une vague idée mais j'aime autant être sûr de ce que j'ai compris)
- Menchévisme, bolchévisme, c'est quoi ?
- S'il y a une "révolution permanente", c'est qu'il y a une "révolution non permanente" ? Quelle différence ?
- Donc le stalinisme sérieux, ça n'existe pas ?
- "Capitalisme étendu au niveau mondial et ayant divisé le monde" : Il n'y avait pas de division avant le capitalisme ? Qu'entend-tu par division ? D'ailleurs, le capitalisme c'est quoi ?
- C'est quoi une révolution socialiste ? C'est différent d'une révolution communiste ou c'est un synonyme ? Révolutions nationalistes progressistes, ça veux dire quoi ? Et d'ailleurs, progressisme, ça veux dire quoi ?
- Un gros, le parti, c'est l'Avant-Garde, c'est ça ? Le centralisme démocratique c'est quoi ? l'opportunisme, le réformisme, l'économicisme, l'universalisme, c'est quoi ? Pourquoi le parti lutte contre ?
- C'est quoi le reflux révisionniste mondial ? Ca veux dire quoi "opprimé" ? C'est quoi le social impérialisme ?
- Pourquoi le Parti, l'Armée et la bureaucratie voudraient restaurer le capitalisme ?
- Prééminence du Parti, ça veux dire quoi ?
- Question troll/Question qui fache : Peut-on décemment se qualifier de Maoïste quand on connait le bilan de Mao ? ![]()
Ensuite :
- La minorité large et influence, c'est qui ? Le pouvoir capitaliste, c'est qui/quoi ? Pourquoi le détruire ? Est-ce ABSOLUMENT nécessaire ?
- Une révolution culturelle, c'est quoi ? Exemple d'organisation et de pouvoir populaire ?
- Pourquoi détruire le profit ? Une direction collective, c'est quoi ? En quoi serait-ce mieux ? C'est quoi l'échelle sociale ?
- Du coup, on en fait quoi des "potentiel bourgeois" ?
- Pourquoi vouloir "réduire les inégalités" ? Le problème, c'est pas la pauvreté ?
- Bon, d'accord pour tout ces changements, c'est très bien, mais qui s'en occupe ? L'Etat ? Et le communisme est-il réellement la seule façon d'arriver à un résultat "satisfaisant" (Pour reprendre l'exemple, en quoi le communisme serait le seul moyen de rendre la bouffe du mac do de meilleur qualité, de faire en sorte que les employé soient mieux payé, et rendre l'endroit conviviale et tout ?)
- Des groupes armée au service de la bourgeoisie ? Des milices patronales ? Tu parle de société militaire privé, non ?
Bref, désolé pour toute ces questions, et merci d'avoir pris le temps de répondre !
Je vais pas vous le cacher, c'est peut être dû à un singulier manque de culture politique, mais je n'ai pas TOUT compris à ce que vous venez de dire, on sent bien que vous discutez pas mal entre vous et que vous avez votre propre jargon, mais c'est hyper obscure.
Je ne savais pas à quel point tu étais calé sur le sujet, j'avais commencé à expliquer tous les concepts mais ça dépassait la limitation de caractères de JVC alors j'ai réécrit en plus léger mais forcément moins clair si on ne connait pas les termes. Allons-y donc!
- Comment les classes doivent-elle disparaître ? Pourquoi doivent-elle disparaître ?
Les classes doivent disparaître naturellement. Il ne s'agit pas de décréter que la division en classe n'a plus lieu, elle doit se nier elle-même, devenir obsolète. Par exemple, tout le monde est d'accord que la division entre hommes libres et esclaves est inenvisageable aujourd'hui et ne doit pas être réimplémentée. C'est la même chose qui s'envisage avec le communisme.
- Pourquoi vouloir atteindre ce "Stade supérieur de l'humanité" si il ne résous pas des problématiques tels que la guerre et autre ? Déjà que l'on troque un mal connu pour un bien hypothétique, quels seraient les effets concrets du communismes ? (A part l'abolition des classes)
Le communisme résoudra les problématiques comme la guerre généralisée. Quand je dis que le communisme ne marque pas la fin des contradictions, cela veut juste dire que des problèmes nouveaux se poseront, mais la résolution des contradictions anciennes est essentielle. J'y reviendrai dans le reste des réponses.
- Je ne comprend pas en quoi l'Etat est un appareil d'oppression de Classe. Et si tel est le cas, dans un monde/pays communiste, il n'y a donc pas d'Etat ?
L'Etat, pour les marxistes, est un produit de la société à un stade donné. Autrement dit, sans capitalisme, pas d'Etat-Nation, sans féodalisme arrivé au stade de monarchie absolue, pas de "L'Etat, c'est moi" etc. Cela signifie que si la société, dans ce qu'elle a de plus primaire (la production, son organisation, sa distribution) est dominée par un groupe privé (ici la bourgeoisie capitaliste) alors l'Etat qui en est le produit est dominé par cette classe également. En pratique, ça se traduit par le monopole de la violence d'Etat au service de la répression de classe (police, armée, prisons, désarmement de la population...). L'Etat ne concilie pas les classes puisque le prolétariat n'y a pas droit au chapitre, il les divise, en donnant le pouvoir militaire à l'une et pas à/aux autres.
Dans un monde communiste, il n'y a donc pas d'Etat. L'Etat est une créature historique, qui a un début, et qui aura donc une fin. Il dépérira à mesure que son existence sera devenue dépassée et que l'organisation prolétarienne s'autonomisera.
- Quelle est la différence entre la libertés formelle et la liberté réelle ?
La liberté formelle, c'est la liberté conquise au cours de l'Histoire et inscrite dans les textes. Le "droit" de faire quelque chose, ou d'être quelque chose. Dans les Droits de l'Homme par exemple, l'égalité entre tous (à la naissance) est supposée garantie. Or, la liberté réelle, c'est à dire la "capacité" à faire quelque chose, montre qu'aujourd'hui cet état de fait n'est pas atteint.
Conquérir la liberté réelle, c'est pousser la liberté formelle jusque dans ses retranchements, jusqu'au moment où la liberté formelle devient liberté réelle (le communisme).
- Quelle est la différence entre socialisme et communisme ? Qu'est-ce que la dictature du prolétariat ? C'est bien ou c'est mal ?
Le socialisme est la phase inférieure du communisme, la phase où il existe encore un État, des classes, des luttes... Je crois qu'il est donc évident que le communisme est la phase supérieure. La dictature du prolétariat est la forme de l’État qui s'applique sous le socialisme. Partant du principe que la démocratie actuelle est celle d'un État bourgeois, c'est à dire une dictature de la bourgeoisie sur le prolétariat, alors l'objectif du communiste actuel est d'assurer l’État prolétarien, c'est-à-dire la dictature du prolétariat sur la bourgeoisie. C'est donc une démocratie pour les prolétaires et une dictature pour les bourgeois, de la même manière que le capitalisme assure la démocratie pour les bourgeois et la dictature pour les prolétaires.
- Qu'est-ce qu'un "Etat ouvrier déformé" ? Qu'est-ce que la capitalisme d'Etat ? (Bon, là j'ai une vague idée mais j'aime autant être sûr de ce que j'ai compris)
L'Etat ouvrier déformé correspond à une théorie de Trotski sur l'URSS. Pour lui, l'URSS est un Etat ouvrier car la bourgeoisie y est expropriée, mais cet Etat est déformé car une supposée "bureaucratie stalinienne" l'aurait mis en place. C'est pour moi une explication incorrecte, car elle ne voit pas que sous le socialisme la bureaucratie recrée une bourgeoisie, et qu'elle assimile une dynamique du socialisme (la restauration capitaliste) à une rancune personnelle entre Trotski et Staline.
Le capitalisme d'Etat c'est la copie conforme du mode de production capitaliste où les moyens de production sont concentrés entre les mains d'une bourgeoisie qui se sert de l'Etat pour diriger l'économie. Les exemples sont variés et nombreux, la France a pu être dans ce cas-là sous Napoléon III par exemple, de même que l'Allemagne bismarkienne. Aujourd'hui, la Chine me paraît être un exemple pertinent, mais ça mériterait un développement.
- Donc le stalinisme sérieux, ça n'existe pas ?
C'est du marxisme-léninisme (comme je te l'ai défini ci-dessus).
Je finis ma réponse bientôt.
Weejlak il faut comprendre que cette théorie n'est jamais apportée "en bloc", "d'un seul coup" normalement, mais petit à petit, par la discussion prolongée, par l'action conjointe prolongée etc... du coup, c'est normal qu'il y ait des choses incompréhensibles au premier abord, c'est normal. C'est à partir de là que les discussions seront possibles. Je laisse à Axetibe le soin de finir ![]()
Je me rends compte que j'ai oublié des questions ![]()
- Menchévisme, bolchévisme, c'est quoi ?
Les menchéviks (littéralement "les minoritaires" en russe) et les bolchéviks ("les majoritaires") sont deux groupes qui existaient en Russie avant la révolution. La séparation entre les deux groupes s'est faite sur un désaccord sur l'organisation du parti. Les menchéviks voulaient un parti légal et ouvert au factionisme (autrement dit, quiconque pouvait rentrer et commencer sa faction, même en désaccord avec le reste du parti) et refusaient l'alliance avec la paysannerie. De l'autre côté, les bolchéviques voulaient organiser le prolétariat et la paysannerie de manière armée (donc forcément illégale) avec un parti révolutionnaire discipliné. En février 1917, les menchéviques ont accepté de participer au gouvernement provisoire libéral et de continuer la guerre impérialiste. Ils étaient également nombreux à être devenus réformistes (mais leur nombre global s'était effondré). De l'autre côté, les bolchéviques et les menchéviques les ayant rejoint comme Trotski (ainsi que les bases menchéviques) ont organisé la révolution selon les principes des bolchéviques, et elle a réussi.
- S'il y a une "révolution permanente", c'est qu'il y a une "révolution non permanente" ? Quelle différence ?
La révolution permanente a deux sens. Dans le premier, celui utilisé par Marx et Engels, c'est l'idée qu'une société socialiste (et par extension le monde) ne doit pas connaître qu'une révolution mais un ensemble d'entre elles avant de devenir une société communiste.
Pour Trotski, la révolution permanente s'oppose au "socialisme dans un seul pays" des bolchéviques. Trotski pensait que la société russe n'était pas assez avancée économiquement pour passer au socialisme et qu'il lui faudrait l'appui de toutes les autres puissances européennes (qui tomberaient au socialisme) pour l'accomplir. Il pensait qu'au moment de la prise du pouvoir, le temps était compté et qu'il fallait impérativement que d'autres pays suivent, sans quoi la révolution était condamnée.
Le "socialisme dans un seul pays" a pourtant montré qu'il ne se coupait pas de l'internationalisme (l'Internationale Communiste n'a jamais été aussi puissante que lorsque les bolchéviques menaient la danse) et qu'il était capable de développer le pays de manière socialiste (avec la collectivisation et l'industrialisation très rapides de l'URSS).
- "Capitalisme étendu au niveau mondial et ayant divisé le monde" : Il n'y avait pas de division avant le capitalisme ? Qu'entend-tu par division ? D'ailleurs, le capitalisme c'est quoi ?
Bien sûr que si, mais nous parlons ici précisément de division capitaliste du monde. C'est-à-dire d'une division du monde en zones économiques sous la coupe d'une ou plusieurs puissances impérialistes. Hier la domination était directe (colonisation), aujourd'hui elle est détournée mais tout aussi réelle (états clients, Françafrique, Chinafrique, ALENA...)
Quant à la définition du capitalisme, il y a la version courte et la version longue. La version courte, c'est que c'est un mode de production dans lequel les forces productives (c'est-à-dire le capital et le travail) sont en contradiction. La propriété des moyens de production est privée, la production par les travailleurs est sociale.
La version longue, c'est que la bourgeoisie (la classe dirigeante du capitalisme) divise depuis quelques siècles le monde en deux pôles de classes (bourgeois-prolétaires, avec évidemment des degrés divers selon les sociétés, les époques, les pays, ce n'est pas un monde blanc ou noir) et dresse sur cette division économique, matérielle, ses appareils de domination: Etat, culture, art, religion, philosophie, monnaie, dogmes...
Par conséquent, ce n'est pas qu'une domination économique qu'il faut faire cesser, mais toutes les émanations bourgeoises (et coloniales/féodales dans le cas de pays semi-coloniaux semi-féodaux comme en Asie ou en Afrique) de cette domination.
- C'est quoi une révolution socialiste ? C'est différent d'une révolution communiste ou c'est un synonyme ? Révolutions nationalistes progressistes, ça veux dire quoi ? Et d'ailleurs, progressisme, ça veux dire quoi ?
C'est synonyme. Les révolutions nationales progressistes sont un type de révolution récurrent depuis le XVIIIème siècle et qui consiste en la lutte de libération d'une nation opprimée par un Empire étranger. Ce fut le cas de nombreux pays lors des révolutions de 1848 par exemple (Hongrie, Roumanie, Balkans) ou de la Grèce (1821-1829) qui est un cas d'école. Aujourd'hui, ces révolutions ont lieu par exemple au Kurdistan. Elles sont progressistes car elles ne visent pas à la conquête de territoires par impérialisme mais plutôt par droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Il ne faut pas comprendre le terme progressiste comme il est utilisé dans son sens courant pour désigner les sociaux-démocrates du PS par exemple. Les révolutions nationales progressistes ont souvent historiquement été dirigées par des fractions de la bourgeoisie, comme la petite bourgeoisie et la bourgeoisie nationale (les étudiants de Budapest en 1848, les profs et les notaires dans l'Assemblée allemande à la même date...). Or, si on laisse à cette classe la direction de ces révolutions, elles n'aboutissent le plus souvent qu'à la création d'un Etat capitaliste qui vise à se développer et à se faire sa place dans la division impérialiste (l'Allemagne en est l'exemple le plus frappant au vu de son rôle dans la Première et la Deuxième Guerre Mondiale.). Il faut donc que les révolutions nationales soit sous le contrôle du prolétariat allié de circonstance à la bourgeoisie, comme ce fut le cas en Chine contre les impérialismes britanniques, américains, français et surtout japonais. Si je prends cet exemple, c'est pour montrer la différence entre une gestion bourgeoise de la libération nationale et la gestion prolétarienne. Le Guomindang (parti nationaliste), après la guerre contre les japonais, est devenu un pantin américain contre le Parti Communiste. Son objectif n'était plus d'assurer l'union de la Chine (qui comprenait une majorité de zones rouges), mais d'écraser le pouvoir socialiste en formation. C'est une réaction bourgeoise à la menace prolétarienne.
- Un gros, le parti, c'est l'Avant-Garde, c'est ça ? Le centralisme démocratique c'est quoi ? l'opportunisme, le réformisme, l'économicisme, l'universalisme, c'est quoi ? Pourquoi le parti lutte contre ?
L'avant-garde, c'est le groupe d'éléments déterminés et prêts à se professionnaliser dans la révolution. Ce n'est pas une oligarchie qui prétend au pouvoir, mais plutôt la direction organisée et disciplinée du mouvement prolétaire pour assurer sa conscientisation, ses objectifs et finalement, sa victoire. Mais l'avant-garde ne tire pas ces éléments de son chapeau, elle doit aller les chercher chez le prolétariat (dont elle fait partie soit dit en passant, on l'oublie trop souvent), l'impliquer dans les décisions et les tactiques mises en place, être comme un poisson dans l'eau à ses côtés.
Le centralisme démocratique, c'est le mode d'organisation du parti. L'organisation ne peut se faire de manière parfaitement horizontale, mais elle ne doit pas être autocratique. Il faut donc trouver un moyen d'assurer la démocratie interne sans qu'elle empêche une efficacité externe. Autrement dit, le centralisme démocratique c'est le droit pour chaque membre d'avoir voix au chapitre et de pouvoir discuter d'une décision ou d'une proposition en cours tant qu'ils acceptent de l'appliquer correctement si elle est adoptée (même s'ils ne sont pas d'accord).
L'opportunisme est une caractéristique large qui consiste chez les communistes à voir dans la révolution une perspective individuelle. Le carriérisme, les conspirations, le mensonge, la scission, les affaires, la corruption voilà des exemples d'opportunismes.
Le réformisme est l'idée qu'on peut réformer le capital(isme), l'emmener dans notre sens et le faire agir au service du prolétariat. Or, les mécanismes même du capitalisme contredise une telle chose, c'est pourquoi toutes les tentatives réformistes n'ont jamais abouti et ont conduit à des partis comme le PS, le Labour ou le SPD en Allemagne.
L'économisme/économicisme c'est l'idée selon laquelle le communisme adviendrait tout seul, par nécessité naturelle des choses. On a vu qu'il y avait une contradiction dans le rapport capitaliste de base (propriété privée - production sociale), et certains, même à l'époque de Marx & Engels, vont en tirer la conclusion que la contradiction va se résoudre toute seul et qu'il suffit de s'intéresser à l'économie pour faire la révolution. Marx, Engels, Lénine et Mao vont toujours attaquer cette ligne qui va souvent ressortir pour pourrir la théorie socialiste.
L'universalisme, c'est le concept bourgeois des Lumières européennes qui apportent la civilisation au Tiers-Monde. De même, certains "marxistes" ont tenu des positions qui défendaient le colonialisme sous le socialisme avec ce prétexte. A l'inverse, certains essayent de faire du marxisme une idéologie "d'européens" qui amalgamerait tous les peuples ensemble dans un globi boulga depuis la nuit des temps. C'est absolument ridicule. Le marxisme est l'idéologie du prolétariat de tous les peuples, mais son application ne s'est faite, ne se fait et ne se fera pas de la même manière partout, il ne conduira pas à une uniformisation des sociétés sous le prisme mondialiste/globalise contre patriote qu'on nous vend souvent en ce moment (sur le 18-25 il y a un paumé qui poste régulièrement un pavé pour dénoncer le complot judéo-bolchévique par exemple, c'est ridicule).
- C'est quoi le reflux révisionniste mondial ? Ca veux dire quoi "opprimé" ? C'est quoi le social impérialisme ?
Le reflux révisionniste mondial c'est la période historique, marquée par la Guerre Froide, où les partis communistes du monde entier ont troqué leurs revendications révolutionnaires de dictature du prolétariat et de socialisme à l'impulsion du Parti Communiste de l'Union Soviétique qui était devenu gangréné par un révisionnisme rampant (Khrouchtchev), c'est-à-dire par une classe de bureaucrates qui souhaitaient la restauration capitaliste sous leur contrôle. Ce révisionnisme a pour origine un dogmatisme latent (Marx a écrit ceci, Lénine a écrit cela) de la même manière dont certains justifient aujourd'hui tout et n'importe quoi avec la main invisible, le marché, les réformes, la flexibilité etc
Mais surtout, sa cause première est la bureaucratisation du Parti, c'est-à-dire l'installation de certains membres à des postes confortables (bien moins cependant que leurs homologues à l'Ouest par rapport à l'ouvrier de base) qui les conduit à reproduire des comportements et des modes de gestion capitalistes jusqu'au sommet de l'appareil d’État.
Les seuls partis qui ne sont pas tombés dans le révisionnisme sont le Parti Communiste Chinois (qui l'a dénoncé le premier) et le Parti du Travail Albanais.
Un pays "opprimé" c'est un pays dont le potentiel productif et l'indépendance politique (la liberté pour le dire vite) sont entravés par une occupation militaire (troupes US, russes, françaises, anglaises etc) et/ou économique (usines délocalisées là-bas, sweatshops, économies de rente en Afrique, Asie et Amérique du Sud, monopolisation financière de certains pays par d'autres [L'Allemagne sur la République Tchèque par exemple]) etc.
L'impérialisme divise le monde entre puissances impérialistes plus ou moins fortes (exemple: l'impérialisme américain est plus fort que l'impérialisme russe ou français, ceux-ci sont pourtant indéniables) et nations opprimées.
Le social-impérialisme, c'est quand un pays soi-disant socialiste utilise des méthodes impérialistes. Quand l'URSS décide de faire dans les années 50/60 de l'Ukraine son grenier en négligeant l'industrialisation du pays par exemple. Ou quand elle se sert de la lutte de libération de Cuba pour placer des pions dans la Guerre Froide. De même quand elle envahit l'Afghanistan en 1979.
- Pourquoi le Parti, l'Armée et la bureaucratie voudraient restaurer le capitalisme ?
Comme je l'ai dit plus haut, la force de l'habitude fait que lorsqu'on est à une position de pouvoir confortable, on devient conservateur voire réactionnaire et on souhaite avant tout défendre ses propres intérêts. En tant que communistes, nous ne pensons pas que ces positions puissent disparaître en claquant des doigts: il y aura des généraux tant qu'il y aura des ennemis à combattre etc.
Par contre, nous sommes témoins que ceux qui tiennent ces positions, même sous le socialisme, ont tendance à négliger les initiatives du prolétariat ("moi je me suis battu pour la révolution, pourquoi viennent-ils m'apprendre mon métier etc") et à les réprimer carrément. Dans l'Armée cela mène à des drames humains, dans le Parti cela conduit les membres à se comporter en princes rouges (expression officiellement adoptée en Chine) ou en Nomenklatura (URSS) et à se couper des masses pour rétablir un mode de production capitaliste. C'est cela aussi, le reflux révisionniste.
- Prééminence du Parti, ça veux dire quoi ?
C'est l'idée selon laquelle le Parti est l'alpha et l’oméga de la politique socialiste alors qu'il n'est qu'un outil, efficace certes, mais très incomplet et souvent oligarchique (quand bien même le centralisme démocratique tente d'y garantir la plus grande démocratie).