Une augmentation de la productivité conduit à une baisse de la valeur de chaque marchandise produite parc qu'il y faut moins de temps de travail socialement nécessaire. Cela indique que la valeur totale produite en une période de temps donnée (une heure par exemple) reste constante. Le rapport inversement proportionnel entre la productivité moyenne et la grandeur de la valeur d'une marchandise simple dépend du fait que la grandeur de valeur totale produite est seulement fonction de la masse de temps de travail humain abstrait dépensée. Des changements dans la productivité moyenne ne modifient pas la valeur totale créée dans un même laps de temps. Ainsi, lorsque la productivité moyenne double, deux fois plus de marchandises sont produites en une période de temps donnée, chacune d'elles ayant la moitié de sa valeur précédente parce que a valeur totale reste la même dans cette période de temps. La seule détermination de la valeur totale, c'est la masse de temps de travail abstrait dépensée, mesurée en unités temporelles constantes. La valeur totale est donc indépendante des changements opérés dans la productivité : « C'est pourquoi dans les mêmes laps de temps, le même travail donne toujours la même grandeur de valeur, quelles que soient les variations de force productive. Mais dans le même laps de temps, il fournit des quanta différents de valeurs d'usage, plus quand la force productive s'élève, moins quand elle baisse » (...)
Cependant, il apparait déjà clairement que la catégorie marxienne de valeur ne renvoie pas simplement à la richesse matérielle qui, sous le capitalisme, est médiatisée par le marché. Quantitativement et qualitativement, valeur et richesse sont deux formes de richesse très différentes, deux formes que l'on peut même opposer : « Une plus grande quantité de valeur d'usage représente en soi une plus grande richesse matérielle : deux habits en représentent plus qu'un seul. Avec deux habits, on peut habiller deux personnes, contre une seule avec un seul habit, etc. Pourtant, on peut avoir une baisse de la grandeur de valeur de la richesse matérielle, alors même que la masse de celle-ci augmente ».
Cette analyse de la catégorie de valeur montre que, sous le capitalisme; la forme dominante de la richesse sociale est non matérielle, bien qu'elle doive s'exprime dans la marchandise qui en est le support matérialisé. La valeur dépend directement non pas de la dimension de la valeur d'usage - de la masse matérielle ou de la qualité des biens -, mais de la dépense de temps de travail. Marx montre ainsi que la phrase par laquelle débute le Capital : « La richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production apparaît comme une "gigantesque collection de marchandises" » - n'est valable qu'en apparence. Sous le capitalisme, c'est la mesure temporelle abstraite, et non la quantité matérielle concrète, qui est la mesure de la richesse sociale. Cette différence est la première détermination de la possibilité, sous le capitalisme, que la pauvreté (en terme de valeur) puisse exister au sein même de l'abondance (en termes de richesse matérielle) non seulement pour les pauvres, mais aussi pour la société en tant que tout. Sous le capitalisme, la richesse matérielle n'est finalement qu'une richesse apparente.
Moishe Postone, Temps, travail et domination sociale
Pas mal. J'aime beaucoup Moishe Postone, autant pour son travail sur la critique de la marchandise que pour son travail antifasciste.
Temps, Travail et Domination Sociale est à lire absolument. Que ce soit par les marxistes pour qu'ils comprennent les erreurs de leur ligne ou pour les nons-marxiste pour remettre en perspective Marx.
Je recopierai certainement d'autres passages intéressants.
ISSOU, tout le monde il a tort sauf nous.
J'en profite pour vous dire que j'suis entrain de faire quelques recherches sur l'URSS et l'Asie Centrale et les politiques menés dans cette région durant toute l'époque soviétique. Dès que j'aurai un truc concluant et bien ficelé, j'vous le partagerai. ![]()
ISSOU, tout le monde il a tort sauf nous.
Tu l'interprètes comme tu veux
http://lesmaterialistes.com/quelle-mesure-etre-humain-animal-part
Beau texte sur l'animalité et l'humanité. ![]()
@tyler y a un.bouquin qui est sorti y a un an ou deux sur la question
Oui, j'ai fais quelques recherches mais là c'est plus une compilation personnelle et militante, accessible quoi
Je me demande si je ne devrais pas être pro-Mélenchon vu que je pense que le communisme est une cause perdue de nos jours, et j'ai aimé sa sortie sur Trump
Avec la stratégie de vouloir les réformistes au pouvoir pour que les gens s'intéressent au communisme après leur échec...
La société capitaliste n’a rien d’une société stationnaire, elle recouvre au contraire une forme de dynamique contradictoire très particulière[28]. Le capital, au niveau de ses « officiers et sous-officiers » individuels (Marx), doit rationaliser et « technologiser » la production pour atteindre un double objectif. Augmenter la part de la survaleur qui lui revient par rapport à ce qui reviendra aux travailleurs sous la forme du salaire ; abaisser la valeur des marchandises produites grâce à la technologie de production et gagner ainsi de nouvelles parts de marché à la concurrence. Cependant, la technologie de production, s’il est vrai qu’elle crée une masse toujours plus grande de biens, transmet simplement la valeur qui lui a été incorporée sans créer davantage de valeur. Seule la dépense du travail humain comme activité socialement médiatisante (la face abstraite du travail, le « travail abstrait ») incorpore de la valeur aux marchandises. Au niveau social global, quand moins de travail abstrait est utilisé parce qu’il est remplacé par les machines, c’est la masse globale de la valeur qui diminue, quand bien même des officiers et des sous-officiers individuels du capital se tailleraient – grâce à la technologie de production – des parts plus grandes d’un gâteau de valeur globalement en voie de diminution. En rendant le travail superflu, le capitalisme scie la branche sur laquelle il est assis. Et ses contradictions ne cessent d’être toujours plus poussées en avant à mesure que les niveaux de productivité sociale augmentent. Car pour atteindre ces derniers, les multiples investissements annexes et secondaires qui les rendent possibles (les « faux frais » dit Marx) et le développement du travail improductif, pèsent de plus en plus lourd et saignent la poursuite de la valorisation qui tend peu à peu à s’écraser sous le poids de sa propre mégastructure sociale. En bout de course, les contradictions de base de la marchandise, débouchent sur une « suffocation progressive de la production de valeur »[29]. Dans cette crise de la valeur au niveau social global, c’est la reproduction de la société par ses propres fétiches sociaux qui se trouve en difficulté[30].
Et quand, au niveau de la masse sociale globale de valeur, la valorisation se tarit, les finances de l’Etat se tarissent aussi. Il n’y a là nul complot de l’idéologie néo-libérale. Nous avons vu que l’Etat n’existait que sous la forme d’une saignée sur la valorisation, et non de manière extérieure et autonome aux rapports sociaux fondamentaux du capitalisme. Cette crise de la valeur, qui est la crise du travail abstrait, est au fondement de la crise multidimensionnelle que l’on voit en surface au niveau empirique, sous la forme de la crise de l’Etat-providence, des crises financières, des crises des dettes souveraines, de la crise écologique, de la crise anthropologique quotidienne où les individus sociaux sont toujours plus pressés comme des citrons pour en faire sortir de la valeur, etc. Le fétiche de la valorisation, qui subsume la société qu’il constitue, n’arrive plus à se reconstituer par nos milliards d’activités de travail. Ses sphères immanentes s’effondrent alors sous le poids de l’affaissement de la masse globale de la valeur, le moulin de disciplines ne cesse de s’accélérer, des masses d’individus deviennent toujours plus superflues pour le fétiche, la « nature » est plus encore ravagée et détruite pour être plongée dans la valorisation. L’Etat perd peu à peu dans la crise généralisée de la croissance, ses fonctions de reproduction de la société (justice, école, redistribution, protection sociale, etc.) – ce que nous avons appelé le politique comme « présupposé » - et se réduit à son noyau dur, sa fonction répressive. Dans cette situation historique concrète de fin de la politique, l’aménagement politique des rapports sociaux capitalistes se ridiculise tous les jours un peu plus. Dans la crise de la valeur, l’Etat ne peut devenir que le gestionnaire du désastre capitaliste, car tel est l’horizon de son possible et son rôle. Au-delà de l’illusion politique, il n’y a pas de sauveur suprême, mais seulement nous, la Terre et la chair brûlées par le Capital. Il nous faut démanteler la forme de vie sociale capitaliste ou être broyés par la dynamique autodestructrice de notre propre fétichisme social.
http://www.palim-psao.fr/article-pour-une-theorie-de-l-etat-et-du-politique-dans-la-societe-capitaliste-marchande-par-clement-ho-112069874.html
Le prochain qui parle d'État Providence, il fini à Kolyma.
A ce propos, pour les lecteurs hispanophones voilà un article intéressant sur une insulte typique des gens de gauche au Chili qui s'apparente selon l'anthropologue interrogé sur un "racisme" de classe http://www.latercera.com/noticia/detras-las-criticas-las-redes-sociales-los-fachos-pobres/
Y avait un article assez intéressant, je me rappelle plus où je l'ai vu, sur l'élite blanche américaine (surtout de gauche mais l'élite en général) d'utilisé son mépris de classe vis à vis des "rednecks" pour les disqualifier et pour camoufler son propre racisme. Le gars prenait l'exemple de la déségragation des écoles dont le symbole est resté des blancs qui gueulaient contre l'arrivée des noirs dans les lycées etc. et souvent des blancs pauvres/classes moyennes alors que les véritables artisans (au niveau fédéral comme des états) de la ségrégation et de la lutte (juridique) contre la déségragation c'était la bourgeoisie blanche du sud voir l'aristocratie foncière si on prend des cas plus anciens
Dans le même genre j'ai vu sur Facebook voir quelqu'un dire à un Arabe musulman pro-Trump qu'il devait avoir "un sacré problème d'identité".
Le 15 novembre 2016 à 18:03:53 SuperAsgard2 a écrit :
Dans le même genre j'ai vu sur Facebook voir quelqu'un dire à un Arabe musulman pro-Trump qu'il devait avoir "un sacré problème d'identité".
C'est grave ça.
Le prochain qui parle d'État Providence, il fini à Kolyma
Je suis déjà sur la liste 
Avec un tel pseudo, t'iras au Pôle Nord.
Le 15 novembre 2016 à 23:27:10 Wang_Hongwen a écrit :
Avec un tel pseudo, t'iras au Pôle Nord.
Pendant que nous serons en vacances
https://www.youtube.com/watch?v=-tQrEI4NJvc
EN ALBANIE !
L'orient est rouge, le soleil se lève, et le président Hoxha est à sa fenêtre !
Le 15 novembre 2016 à 23:27:10 Wang_Hongwen a écrit :
Avec un tel pseudo, t'iras au Pôle Nord.
Ou a paracuellos au choix, il peut y faire beau et chaud si c'est en été ![]()