Non, c'est du niveau gaucho ado là. On se fout de notre propre gueule beaucoup mieux que vous ne le faites.
Le 26 janvier 2016 à 14:45:39 Appiodici_bis a écrit :
Le 26 janvier 2016 à 12:26:32 DrMaboul59 a écrit :
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Ok votre humour Canal+ d'aujourd'hui.
Le 26 janvier 2016 à 16:25:31 DrMaboul59 a écrit :
Non, c'est du niveau gaucho ado là. On se fout de notre propre gueule beaucoup mieux que vous ne le faites.
En fait, je me suis gouré, je voulais mettre ton image à la place.
A propos de la psychologisation des souffrances au travail.
http://www.lemonde.fr/entreprises/article/2016/01/24/soufrance-au-travail-oubliez-le-psychologue_4852707_1656994.html
« Le problème n’est pas médical, il est lié au travail »
O RLY
?
« Bien sûr qu’il y a des gens qui vont mal et que le travail joue un rôle majeur dans ce malaise. Sauf qu’on utilise le psychologue pour faire du contrôle social, pour adapter les humains à des contextes hostiles ! »
Une façon de lutter contre l’hypocrisie d’une société qui gomme les conflits sociaux pour ne pas avoir à les aborder : « On ne dit plus un salarié, on dit un collaborateur, comme si dans l’entreprise tout le monde était égal. On ne dit plus licenciement, mais plan de sauvegarde de l’emploi
![]()
L’auteur de Le travail peut-il devenir supportable ? évoque le cas Volkswagen, « une organisation du travail qui fonctionne comme la Corée du Nord : on ne peut pas parler sous peine d’être éliminé, et on finit par abîmer l’entreprise, ainsi que la planète. Et là, on accorde aux salariés le droit de faire des aveux : c’est le comble de la perversion politique ! On les contraint à ravaler leur expérience, et quand on arrive au drame on leur demande de confesser des tricheries qu’ils ont été amenés à faire justement parce que la parole était censurée. »
Merci Tris0m et Tyler au fait. ![]()
Le 26 janvier 2016 à 17:28:38 Herr_Lampadaire a écrit :
Merci Tris0m et Tyler au fait.
Ils ont fait quoi ? ^^
"Une façon de lutter contre l’hypocrisie d’une société qui gomme les conflits sociaux pour ne pas avoir à les aborder : « On ne dit plus un salarié, on dit un collaborateur, comme si dans l’entreprise tout le monde était égal. On ne dit plus licenciement, mais plan de sauvegarde de l’emploi"
La novlangue ![]()
Merci Orwell ![]()
Le 26 janvier 2016 à 16:04:02 Jyme a écrit :
Comment peux-tu rétorquer le fait que tu n'es pas idéaliste quand tu bases la finalité de ton raisonnement idéologique sur un ressenti ? Je te cite même, tu "ressens plus de certitude dans la lutte, dans la manière de pouvoir faire avancer l'idéal concrètement". Si ça c'est pas idéaliste, je ne sais pas ce que c'est. Soyons clair, avoir un idéal c'est bien, ça donne un but à atteindre, mais quand l'objectif de cet idéal devient si pesant qu'il conduit à prendre de mauvaises décisions, c'est idéaliste. Pour te reprendre encore une fois, tu avances que tu souhaites l'abolition du système actuel. C'est très bien mais quel est le cadre qui fixe tes limites ? A te lire, la Loi n'est pas suffisante, tu veux contrôler la vie de tous les jours, sur le plan économique, politique et social. En somme tu veux tout contrôler, c'est du totalitarisme.
Je crois que je vais arrêter de répondre aux anathèmes de "Tu es idéaliste", j'ai beau à chaque fois prouver le contraire mais ça semble revenir à chaque fois, comme si ça devait ponctuer la discussion. Au lieu de ressentir, parlons plutôt de satisfaction de mener la lutte, de faire avancer l'idéal. Again and again, rien de bien idéaliste là dedans, on parle bien de lutte concrète et réelle. Soyons franc et je rejoins ce que dit Zizek quand il parle de la Terreur : Si il faut passer par ce degré zéro du jacobinisme pour commencer, très bien. Sinon c'est du "On veut la révolution sans faire la révolution" et ça ne veut strictement plus rien dire. L'objectif a atteindre nécessite une lutte permanente, une lutte qui est collective et qui ne repose pas que sur quelques épaules. Rien de bien idéaliste dans la construction du socialisme encore une fois, vu que l'on part toujours des données réelles pour avancer encore et encore... C'est la base en fait, sinon il n'y aurait pas grand chose à réaliser.
Quel cadre ? Celui de la dictature du prolétariat. Quand je parlais de la loi, j'expliquais très clairement dans le cadre de l'égalité, qu'il ne s'agissait pas uniquement de la reconnaître en droit, mais aussi dans les faits. Ce qui implique un autre organisation sociale, politique et économique. Pour le reste, me dire "tu veux ceci, tu veux cela", n'a aucun sens car on ne parle pas de ma petite personne là. Je ne veux contrôler rien du tout, j'suis un militant anonyme pour la révolution comme des centaines de millions de personnes. C'est pour cela que je ne répondrai pas à l'utilisation du mot "totalitarisme" comme un terrorisme intellectuel évident, qui tente de décrédibiliser toute action collective en la taxant de "totalitaire". Allons plus loin dans le raisonnement : La totalité au pouvoir, je suis totalement pour. Comment ne pas l'être d'ailleurs ?! Est-ce que cela fait de moi un "totalitariste" ? Je te laisse juge.
Rien d'étonnant à ce que tu envisages l'appareil d'État comme un instrument de domination de classe. Mais par nature, un instrument est neutre, c'est ceux qui l'utilisent qui sont partis prenant. Foncièrement, l'appareil d'État est essentiel pour encadrer la vie en société : il résout les conflits particuliers comme intermédiaire représentatif de l'intérêt général par la Loi, il protège le territoire des agressions extérieurs par la Défense. Tu as très bien compris que tu pouvais t'en servir pour oppresser le Patronat, mais tu as aussi très bien compris que tu pouvais oppresser le reste de la population pour l'obliger à rentrer dans tes schémas. D'ailleurs, crois-tu sincèrement que l'État va disparaitre juste parce que c'est sa finalité idéologique dans un contexte communiste ? C'est encore une fois idéaliste de ta part. Les seuls cas en gros qui peuvent provoquer l'effondrement de l'État sont son noyautage par des groupements sous-jacents comme lorsqu'on parle d'un référendum d'indépendance pour l'Écosse qui aurait mis fin au Royaume-Uni, ou sa disparition dans l'empire d'une autre puissance comme lorsque l'Espagne a absorbé le Califat de Cordoue. Toutes les dictatures ne sont jamais tombées parce qu'elles le voulaient.
Les exemples historiques sont intéressants, mais ne rentrent pas dans la discussion actuelle que nous portons sur l'État, ses fonctions, son rôle et sur sa manière de pouvoir le faire dépérir. L'Etat, instrument d'une domination de classe précise, ne pourra pas disparaître et dépérir simplement parce qu'il y aura le socialisme, mais parce que les contradictions de la société socialiste qui rendront nécessaire la présence d'un Etat de type nouveau, auront été dépassé et rendrons donc caduque l'Etat, comme instrument de domination et comme entité qui se trouve en dehors de la société civile... Encore une fois, rien de bien idéaliste là dedans, je fais une analyse purement matérialiste. Donc oui, l'Etat dépérira et sa structure sera superflu à un stade de développement donné, quand l'organisation de la société permettra de se passer de cet instrument, de cet façon de "gouverner". C'est même la volonté des communistes, de faire en sorte que l'État ne puisse plus être et qu'il laisse place à l'administration de choses, donc à une société sans classe ! Que l'État puisse encore avoir des prérogatives le temps du socialisme, c'est une chose. Mais il n'aura plus besoin d'être et son extinction arrivera tôt ou tard, suivant le développement du socialisme et le fait de résoudre les contradictions inhérentes que nous posera la transition du capitalisme au communisme.
De plus, la dictature du prolétariat doit servir avant tout à réprimer les contre-révolutionnaires, les ennemis de classes et les anciennes classes possédantes. L'application qui a été réalisé au siècle passé, a démontré qu'un bloc monolithique, le tout dirigé par le Parti, ne pouvait pas fournir un cadre assez propice pour que se développe massivement la dictature du prolétariat. Qu'est-ce qu'elle est fondamentalement ? La dictature de la majorité des exploités, sur l'ancienne minorité des exploités, des contre-révolutionnaires, etc etc. Comment résoudre les contradictions au sein du peuple. J'y viens, j'ai débordé sur le point suivant.
Par principe, une dictature est dirigé par un dictateur, quand bien même il y ait un maquillage politique pour justifier sa présence. Dans les faits, il tient le pouvoir et le tient fermement pour appliquer une politique agressive qui ne pourrait l'être autrement. Hors, quand un dictateur a de telles prérogatives rien ne garantit qu'il ne les détourne pas contre ses opposants internes : Staline, Mao, Kim Jong Il du côté communiste en sont des illustrations. Mais l'Histoire n'est pas avare de ce genre de cas de figure : Hitler, Mussolini, Pétain du côté fascistes. Pareillement pour Pinochet, Chiang Kai-chek, Franco du côté capitalistes. Alors oui, je ne peux que tomber d'accord avec toi lorsque tu avances que l'URSS a pêché dans son objectif parce qu'il y a eu une forme de domination d'une nouvelle classe dirigeante, seulement j'insiste bien : c'est parce qu'il y a eu dictature qu'il y a eu abus de pouvoir ! Une dictature, prolétarienne ou pas, restera une dictature dans le long terme tant que ceux qui en abusent ne seront pas renversés par la force. A partir de là, se pose un problème fondamental : comptes-tu appeler à une révolution permanente comme le voulait Mao ? Où la dictature est remplacée par une autre dictature et ainsi de suite ? Je ne pense pas que tu séduiras grand monde avec un tel discours.
Nous avons oublié que la terme de "dictature" a été totalement galvaudé avec le temps, qu'il a pris un usage récurent pour qualifier tout type de régime autoritaire/policier, alors que etymologiquement, qu'est-ce que la dictature ? C'est un pouvoir fort, concentré entre les mains de quelques uns (ou alors d'une classe sociale) durant une période limitée dans le temps. Actuellement, on parle de dictature pour tout régime "anti-démocratique", ce qui est assez réducteur mais passons.
Les opposants internes à la dictature du prolétariat, sont nombreux. Là, on peut s'attarder un peu à ce que je disais plus haut sur la manière de résoudre les contradictions. On peut y aller comme Staline, c'est à dire que l'on considère que l'unité du Parti et de l'Etat est menacé, donc il faut très vite réprimer de fond en comble, faire des purges et casser absolument les courants oppositionnels qui se sont montrés. (Je schématise volontairement, il y aurait des pages à écrire là dessus) Ou alors, on peut imaginer une résolution des contradictions comme elles furent proposés par Mao : Il y a les contradictions au sein du peuple, entre nous et nos ennemis. Avec le peuple, privilégions la démocratie, la persuasion et la libre parole. Avec les non-communistes, donnons leur la possibilité de s'exprimer, portons la contradictions, montrons qu'ils peuvent avoir tort. Avec les ennemis, c'est la coercition qui s'impose. Surtout également, on ne frappe pas uniquement que des têtes, car on ne frappe pas leur ligne politique : Un exemple précis est celui de Boukharine, qui bien qu'éliminé lors des Purges, à vu sa ligne politique droitière être reprise par Khrouchtchev ! Affronter une ligne, c'est la battre dans la pratique et dans l'idéologie, c'est à dire dans l'arène politique. Ce que les maoïstes ont compris et mit en œuvre durant la GRCP.
Ensuite, ce n'est pas parce qu'il y a "dictature" qu'il y a abus de pouvoir... Comme si en démocratie, nous étions immuniser contre de tels choses, pourtant encadrer par la "Loi" dont tu parlais plus haut. C'est parce qu'il y a des lignes qui s'affrontent et qu'il y a des conceptions du monde qui sont différentes, que la dictature du prolétariat et la lutte de ligne permet de désigner et d'affirmer celle qui est la plus juste, la plus cohérente ! L'échec du siècle passé est de ne s'être pas prémuni suffisamment contre le dangers des lignes d'un Khrouchtchev, puis de celle d'un Deng Xiaoping. La bourgeoisie se forme dans le Parti et ailleurs, parce que les bases matérielles sont encore là pour le permettre, parce que le droit bourgeois est encore présent, parce qu'il reste des contradictions et des tares hérités du capitalisme ! Voilà pourquoi il faut continuer à mener la lutte et mener des luttes de masse et pas uniquement des procès qui règlent l'affaire au sommet, mais absolument pas à la base de société, les bases matérielles de cette dernière, sur laquelle fleurissent les idées/idéologies/conceptions du monde. Pour conclure, la dictature du prolétariat est le pouvoir de la majorité, sur la minorité exploitante. Pour la majorité, démocratie, liberté. Pour la minorité contre-révolutionnaire, ce sera la force car la bourgeoisie désarmé est bien plus dangereuse quand elle est dépossédée et prête à tout pour reprendre ce qu'elle détenait ! (Avant que ça ne gueule, j'ai bien précisé plus haut les méthodes à appliquer, qu'on vienne pas gueuler au totalitarisme encore une fois pour rien) Donc oui, je suis maoïste (Surprise ?) et partisan des révolutions culturelles qui seront nombreuses durant la dictature du prolétariat, pour lutter contre les conceptions erronées et permettre l'extension de la dictature du prolétariat et l'émancipation collective. Non pas "remplacer une dictature par une autre", qui est un charabia idéaliste sur le concept de dictature, mais qui vise à renforcer les luttes et renforcer l'emprise du peuple sur les leviers de commande de la société. Nous en avons besoin, nous avons besoin des masses pour faire la révolution.
Le 26 janvier 2016 à 17:56:33 Appiodici_bis a écrit :
Le 26 janvier 2016 à 17:28:38 Herr_Lampadaire a écrit :
Merci Tris0m et Tyler au fait.Ils ont fait quoi ? ^^
Répondu à deux questions hier et avant-hier. ![]()
Le truc, c'est qu'on ne change pas une culture politique comme ça. Une acculturation réussie c'est un long processus qui prend facile un siècle ou deux. C'est d'ailleurs pour ça que l'exportation du modèle de la démocratie libérale en Asie et en Afrique est souvent un échec : il n'y a pas de processus d'acculturation, on met les peuples locaux devant le fait accompli alors même que les pratiques de l'ancienne culture politique demeurent ( fondation tribale, liens claniques, clientélisme...etc ).
Bref, ce n'est pas aussi simple.
La période de transition du socialisme, c'est pas simplement cinq minutes et ensuite on va prendre l'apéro. Pourquoi est-ce qu'on se casserait le cul sinon, à mener des révolutions culturelles et impliquer des centaines de milliers/millions de personnes, dans des mouvements de masses, de critiques et de transformations ?
Les masses font l'histoire, les masses font la révolution. S'agit pas de dire "Voilà, on y est maintenant démerdez-vous".
Le 26 janvier 2016 à 19:01:41 H3i_Bug a écrit :
Le truc, c'est qu'on ne change pas une culture politique comme ça. Une acculturation réussie c'est un long processus qui prend facile un siècle ou deux. C'est d'ailleurs pour ça que l'exportation du modèle de la démocratie libérale en Asie et en Afrique est souvent un échec : il n'y a pas de processus d'acculturation, on met les peuples locaux devant le fait accompli alors même que les pratiques de l'ancienne culture politique demeurent ( fondation tribale, liens claniques, clientélisme...etc ).Bref, ce n'est pas aussi simple.
Evidemment, c'est difficile, il s'agir d'un processus de transformation totale de la société, ça peut même se faire sur plusieurs centaines d'années ![]()
Plusieurs centaines d'années de dictature, ça fait beaucoup
Le 26 janvier 2016 à 19:48:12 kumaar a écrit :
Plusieurs centaines d'années de dictature, ça fait beaucoup
Au moins, ça a le mérite d'être argumenté. ![]()
Le 26 janvier 2016 à 18:04:55 Tyler_Durden_68 a écrit :
Je crois que je vais arrêter de répondre aux anathèmes de "Tu es idéaliste", j'ai beau à chaque fois prouver le contraire mais ça semble revenir à chaque fois, comme si ça devait ponctuer la discussion. Au lieu de ressentir, parlons plutôt de satisfaction de mener la lutte, de faire avancer l'idéal. Again and again, rien de bien idéaliste là dedans, on parle bien de lutte concrète et réelle. Soyons franc et je rejoins ce que dit Zizek quand il parle de la Terreur : Si il faut passer par ce degré zéro du jacobinisme pour commencer, très bien. Sinon c'est du "On veut la révolution sans faire la révolution" et ça ne veut strictement plus rien dire. L'objectif a atteindre nécessite une lutte permanente, une lutte qui est collective et qui ne repose pas que sur quelques épaules. Rien de bien idéaliste dans la construction du socialisme encore une fois, vu que l'on part toujours des données réelles pour avancer encore et encore... C'est la base en fait, sinon il n'y aurait pas grand chose à réaliser.
Quel cadre ? Celui de la dictature du prolétariat. Quand je parlais de la loi, j'expliquais très clairement dans le cadre de l'égalité, qu'il ne s'agissait pas uniquement de la reconnaître en droit, mais aussi dans les faits. Ce qui implique un autre organisation sociale, politique et économique. Pour le reste, me dire "tu veux ceci, tu veux cela", n'a aucun sens car on ne parle pas de ma petite personne là. Je ne veux contrôler rien du tout, j'suis un militant anonyme pour la révolution comme des centaines de millions de personnes. C'est pour cela que je ne répondrai pas à l'utilisation du mot "totalitarisme" comme un terrorisme intellectuel évident, qui tente de décrédibiliser toute action collective en la taxant de "totalitaire". Allons plus loin dans le raisonnement : La totalité au pouvoir, je suis totalement pour. Comment ne pas l'être d'ailleurs ?! Est-ce que cela fait de moi un "totalitariste" ? Je te laisse juge.
Les exemples historiques sont intéressants, mais ne rentrent pas dans la discussion actuelle que nous portons sur l'État, ses fonctions, son rôle et sur sa manière de pouvoir le faire dépérir. L'Etat, instrument d'une domination de classe précise, ne pourra pas disparaître et dépérir simplement parce qu'il y aura le socialisme, mais parce que les contradictions de la société socialiste qui rendront nécessaire la présence d'un Etat de type nouveau, auront été dépassé et rendrons donc caduque l'Etat, comme instrument de domination et comme entité qui se trouve en dehors de la société civile... Encore une fois, rien de bien idéaliste là dedans, je fais une analyse purement matérialiste. Donc oui, l'Etat dépérira et sa structure sera superflu à un stade de développement donné, quand l'organisation de la société permettra de se passer de cet instrument, de cet façon de "gouverner". C'est même la volonté des communistes, de faire en sorte que l'État ne puisse plus être et qu'il laisse place à l'administration de choses, donc à une société sans classe ! Que l'État puisse encore avoir des prérogatives le temps du socialisme, c'est une chose. Mais il n'aura plus besoin d'être et son extinction arrivera tôt ou tard, suivant le développement du socialisme et le fait de résoudre les contradictions inhérentes que nous posera la transition du capitalisme au communisme.
De plus, la dictature du prolétariat doit servir avant tout à réprimer les contre-révolutionnaires, les ennemis de classes et les anciennes classes possédantes. L'application qui a été réalisé au siècle passé, a démontré qu'un bloc monolithique, le tout dirigé par le Parti, ne pouvait pas fournir un cadre assez propice pour que se développe massivement la dictature du prolétariat. Qu'est-ce qu'elle est fondamentalement ? La dictature de la majorité des exploités, sur l'ancienne minorité des exploités, des contre-révolutionnaires, etc etc. Comment résoudre les contradictions au sein du peuple. J'y viens, j'ai débordé sur le point suivant.
Nous avons oublié que la terme de "dictature" a été totalement galvaudé avec le temps, qu'il a pris un usage récurent pour qualifier tout type de régime autoritaire/policier, alors que etymologiquement, qu'est-ce que la dictature ? C'est un pouvoir fort, concentré entre les mains de quelques uns (ou alors d'une classe sociale) durant une période limitée dans le temps. Actuellement, on parle de dictature pour tout régime "anti-démocratique", ce qui est assez réducteur mais passons.
Les opposants internes à la dictature du prolétariat, sont nombreux. Là, on peut s'attarder un peu à ce que je disais plus haut sur la manière de résoudre les contradictions. On peut y aller comme Staline, c'est à dire que l'on considère que l'unité du Parti et de l'Etat est menacé, donc il faut très vite réprimer de fond en comble, faire des purges et casser absolument les courants oppositionnels qui se sont montrés. (Je schématise volontairement, il y aurait des pages à écrire là dessus) Ou alors, on peut imaginer une résolution des contradictions comme elles furent proposés par Mao : Il y a les contradictions au sein du peuple, entre nous et nos ennemis. Avec le peuple, privilégions la démocratie, la persuasion et la libre parole. Avec les non-communistes, donnons leur la possibilité de s'exprimer, portons la contradictions, montrons qu'ils peuvent avoir tort. Avec les ennemis, c'est la coercition qui s'impose. Surtout également, on ne frappe pas uniquement que des têtes, car on ne frappe pas leur ligne politique : Un exemple précis est celui de Boukharine, qui bien qu'éliminé lors des Purges, à vu sa ligne politique droitière être reprise par Khrouchtchev ! Affronter une ligne, c'est la battre dans la pratique et dans l'idéologie, c'est à dire dans l'arène politique. Ce que les maoïstes ont compris et mit en œuvre durant la GRCP.
Ensuite, ce n'est pas parce qu'il y a "dictature" qu'il y a abus de pouvoir... Comme si en démocratie, nous étions immuniser contre de tels choses, pourtant encadrer par la "Loi" dont tu parlais plus haut. C'est parce qu'il y a des lignes qui s'affrontent et qu'il y a des conceptions du monde qui sont différentes, que la dictature du prolétariat et la lutte de ligne permet de désigner et d'affirmer celle qui est la plus juste, la plus cohérente ! L'échec du siècle passé est de ne s'être pas prémuni suffisamment contre le dangers des lignes d'un Khrouchtchev, puis de celle d'un Deng Xiaoping. La bourgeoisie se forme dans le Parti et ailleurs, parce que les bases matérielles sont encore là pour le permettre, parce que le droit bourgeois est encore présent, parce qu'il reste des contradictions et des tares hérités du capitalisme ! Voilà pourquoi il faut continuer à mener la lutte et mener des luttes de masse et pas uniquement des procès qui règlent l'affaire au sommet, mais absolument pas à la base de société, les bases matérielles de cette dernière, sur laquelle fleurissent les idées/idéologies/conceptions du monde. Pour conclure, la dictature du prolétariat est le pouvoir de la majorité, sur la minorité exploitante. Pour la majorité, démocratie, liberté. Pour la minorité contre-révolutionnaire, ce sera la force car la bourgeoisie désarmé est bien plus dangereuse quand elle est dépossédée et prête à tout pour reprendre ce qu'elle détenait ! (Avant que ça ne gueule, j'ai bien précisé plus haut les méthodes à appliquer, qu'on vienne pas gueuler au totalitarisme encore une fois pour rien) Donc oui, je suis maoïste (Surprise ?) et partisan des révolutions culturelles qui seront nombreuses durant la dictature du prolétariat, pour lutter contre les conceptions erronées et permettre l'extension de la dictature du prolétariat et l'émancipation collective. Non pas "remplacer une dictature par une autre", qui est un charabia idéaliste sur le concept de dictature, mais qui vise à renforcer les luttes et renforcer l'emprise du peuple sur les leviers de commande de la société. Nous en avons besoin, nous avons besoin des masses pour faire la révolution.
J'entends bien la démarche que tu souhaites défendre : faire la révolution, mettre en place la dictature du prolétariat, appliquer des mesures socialistes, combattre l'opposition, assister au décrépissage de l'État dans ses contradictions, pour voir au final ton idéal communiste s'accomplir. Aucun problème là-dedans, tu maitrises parfaitement ce qu'est la dictature prolétarienne mieux que je ne le pourrais. La démarche est cohérente et pragmatique, ça ne fait aucun doute. Mais même si tu as un plan d'action concret cela n'implique pas que cela soit matérialiste. Avoir un projet et s'y tenir coûte que coûte est au contraire une marque d'obstination. Je dis ça parce que je n'ai jamais vu une seule fois dans tes propos une seule nuance soulevant les éventuelles difficultés qui pourraient amenées à revoir ta vision. Au contraire, si le peuple se montre réticent à adopter plus de socialisme, souhaite développer des formes et organisations sociaux-économiques "déviantes", tu te montres prompte à reprendre les méthodes de Mao Ze Dong, à savoir laisser s'exprimer la population pour mieux repérer les contestataires et les punir. Je me répète, une dictature ça reste une dictature. Tu insistes sur la classe prolétaire qui dirige la dictature, ce à quoi je réaffirme qu'une dictature c'est un dictateur entouré de collaborateurs. Même si c'est pour une cause noble à tes yeux, les différents exemples que j'ai amené illustre qu'à partir du moment où un homme se voit attribuer des prérogatives importantes pour opprimer une minorité, il en abuse aussi pour se maintenir en place puisque rien ne le lui en empêcherait. Je suis déçu que tu ais préféré écarter mon raisonnement pour un hors-sujet qui n'a pas lieu d'être : qu'est-ce qui garantit dans la dictature du prolétariat que cette classe dirigeante émergente comme tu la décrivais toi-même ne va pas abuser de son pouvoir pour son profit personnel ? Car c'est bien de cela dont il est question. Aucune dictature, communiste de surcroit, menée par le passé n'a su y remédier et je sais que tu en es conscient pour l'avoir déjà évoqué dans la discussion toi-même. De plus, qu'est-ce qui garantit pour toi que le dictateur communiste qui va prendre le pouvoir au nom de ses camarades va vouloir appliquer une ligne maoïste, comme tu dénonces un Khrouchtchev ou un Deng Xiaoping ? J'entends bien que tu n'es qu'un militant parmi d'autres, mais c'est à toi que je m'adresse tout de même : tu serais prêt à soutenir un camarade "déviant" ? Ou alors tu vas le renverser pour un autre camarade plus conforme et instaurer une nouvelle dictature, jusqu'à que celui-ci soit aussi déviant et ainsi de suite ? En somme, de ton raisonnement ressort une volonté implacable par sa cohérence et sa détermination ; hors ta promptitude à qualifier d'erreur les pensées contradictoires, à vouloir déployer la révolution culturelle, qui était pour Mao le moyen d'appliquer la révolution permanente ("la lutte permanente" pour te reprendre) pour purger la société chinoise des mauvaises éléments, à manipuler les esprits des masses et à éliminer radicalement toute opposition, trahit ton incapacité à faire face aux critiques du régime auquel tu aspires. Tu voudras maintenir le cap coute que coute pour que la révolution aille à son terme et que le communisme soit possible. Il y a des termes très précis pour qualifier cela, et ce n'est pas du terrorisme intellectuel ou que sais-je de ma part : ton projet est un projet de dictature totalitaire par le contrôle sans partage de la politique, de l'économie, et de l'expression culturelle pour contrôler la pensée des habitants, projet pour lequel tu démontres un entêtement sans aucune concession quel que soit les difficultés rencontrées qui fait de toi un idéaliste.
Encore une fois, je me répète, tu n'arriveras pas à séduire grand monde à ton discours en leur promettant une dictature totalitaire à l'issue incertaine. Tu parlais de démocratie, moi je vais plutôt te parler de République, d'État de droit et d'équilibre institutionnel des pouvoirs. C'est le modèle français et c'est celui que je défends pour mon pays la France comme une majorité de français, dont il ne faudrait pas oublier qu'elle n'a rien de chinoise. Le socialisme peut parfaitement s'y intégrer et purger la corruption ambiante et la main-mise du Capitalisme pour développer une société socialiste adaptée aux aspirations et aux besoins des gens et à ce qu'ils attendent à l'instant présent de leurs représentants. Ce n'est pas à un dictateur à vie, fusse-t-il camarade, de décider indéfiniment de ce que doit être la politique et la société du pays et ce que doivent penser les gens et faire. L'adhésion au socialisme, elle vient quand elle est pleinement consentie, pas lorsqu'elle est provoquée et menacée, et c'est aussi comme cela que progressivement et en silence s'effacera l'opposition.
"qu'est-ce qui garantit dans la dictature du prolétariat que cette classe dirigeante émergente comme tu la décrivais toi-même ne va pas abuser de son pouvoir pour son profit personnel "
Le but est justement que le prolétariat = la masse abuse de son pouvoir pour qu'elle s'érige au même niveau que les classes possédantes.
Le 26 janvier 2016 à 20:30:26 longtuba a écrit :
"qu'est-ce qui garantit dans la dictature du prolétariat que cette classe dirigeante émergente comme tu la décrivais toi-même ne va pas abuser de son pouvoir pour son profit personnel "Le but est justement que le prolétariat = la masse abuse de son pouvoir pour qu'elle s'érige au même niveau que les classes possédantes.
Je fais bien la distinction entre le prolétariat et la classe dirigeante qui en serait issue lors d'une telle dictature.
Il ne faut pas abuser des termes. Pour Marx la Commune était un exemple de dictature du prolétariat. Pourtant il y avait des élections avec différents lignes. Mais c'était le peuple qui contrôlait le tout.
Plus de 20.000 cancers chaques années directement liés aux conditions de travail ![]()
Et plus de 2 millions éxposées à des facteurs cancérigènes...
Le " capitalisme à visage humain ".