Non mais j'evoquais ton message plus haut disant que le PCF n'avait plus de stratégie révolutionnaire. ![]()
Ah désolé. Bah oui, quand on est communiste on espère un changement révolutionnaire de la société. Mais bon, Pierre Laurent a dit que le communisme c'était plus une idée viable, que c'était plus un objectif pour le PCF.
Ah merde effectivement
Est-ce qu'un réformiste peut être révolutionnaire ?
Alors peut on considérer que Marchais est communiste ou que Jaurès est marxiste ?
À mon sens oui mais....
Jaurès est pas marxiste, il disait lui même que y avait des choses intéressantes chez Marx mais sans aller plus loin. Marchais est pas communiste au sens exact du mot : la ligne du PCF sous Marchais c'est le programme commun et l'eurocommunisme càd la rupture avec le capitalisme par la réforme et les nationalisations. Et encore il s'agit plus, un peu comme au Chili, de la nationalisation des secteurs clés (même si c'est vu comme très large) et du statu quo pour le reste.
Jaurès voulait quand même la république sociale qui n'a rien de capitaliste, et admettait la lutte des classes.
Quant à Marchais il voulait la rupture avec le capitalisme, disons au moins socialiste alors.
Certes mais à partir de quel degré quelqu'un est marxiste
? Je dis qu'il est pas marxiste c'est pas pour l'exclure c'est juste lui même considérait que c'était pas l'alpha et l'oméga de sa pensée. Et plus objectivement la philosophie de Jaurès tient beaucoup plus du républicanisme et du socialisme français que du marxisme.
Jaurès est un républicain socialiste. Comme l'a dit Tris0m, il voyait du bon chez Marx mais ne se disait pas marxiste. Il était même opposé finalement à Guesde avant la création de la SFIO, voir pendant. Ensuite, Marchais est communiste dans le sens révisionniste du terme, eurocommunisme et abandon de perspective révolutionnaire pour n'être plus que de la sociale-démocratie radicalisé. Là dessus, je vous conseille de lire ceci : http://www.communisme-bolchevisme.net/parti_communiste_francais_thorez_marchais_hue.htm
Très bonne analyse du révisionnisme du PCF et de ses lignes finalement, qui l'ont conduit à être ce qu'il est actuellement.
Le 10 décembre 2015 à 16:33:00 Herr_Lampadaire a écrit :
Ah merde effectivementEst-ce qu'un réformiste peut être révolutionnaire ?
Tu poses une bonne question. J'aurai tendance à dire non, parce que le réformisme s'oppose de fait à la révolution. Qu'il y est eu des leaders réformistes radicaux est autre chose (Je pense notamment à Allende ou encore Chavez) mais un réformiste ne croit pas à un changement brutal avec le capitalisme, mais à une possibilité de l'aménager. Le mythe réformiste est en gros de dire qu'il faut 51% des voix pour commencer à pouvoir faire une politique contre le système. Or, c'est bien plus compliqué que ça et ça ne se résume pas à une question de bataille d'appareil, mais à la manière dont les masses transforment le monde et la réalité. Le reste sinon, c'est du vent pour moi.
Pour les curieux : https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/11/vl19181110.htm
https://www.marxists.org//francais/luxembur/works/1898/
Deux textes traitant du sujet.
C'était dès le début les "dérives" du pcf.
Sinon oui l'opposition à Guesde était évidemment très forte.
Par contre Jaurès se disait réformiste-révolutionnaire...
Le 10 décembre 2015 à 16:33:00 Herr_Lampadaire a écrit :
Ah merde effectivementEst-ce qu'un réformiste peut être révolutionnaire ?
On est soit l'un soit l'autre ![]()
En l'occurrence le PCF est réformiste donc =/= communisme
C'est la synthèse (déjà à l"poque
) jaurésienne. Mais de facto il est pour l'activité parlementaire et municipale, c'est d'ailleurs lui qui fait avaler la pilule parlementaire à tout un tas de socialistes (guesdistes et blanquistes en premier lieu) qui regardait ça d'un mauvais oeil. En échange il abandonne le ministérialisme.
Je te conseille le bouquin de Bergounioux et Grunberg (les socialistes et le pouvoir : l'ambition et le remord, je crois) sur l'histoire du socialisme français TRW, c'est du lourd.
Y'avais par contre des lignes socialistes municipales importantes ![]()
Ben étant donné que c'est le premier niveau d'action qu'ils ont réussi à conquérir, le socialisme français a été avant tout municipal (Allemane en sont temps en parlait déjà) ce qui leur causait pas mal de soucis et à fait évoluer le droit administratif français à marche forcé parce qu'à l'époque le maire à peu de pouvoir et que le préfet peut tout bloquer (ce qui arrive assez régulièrement).
Oui, c'était la ligne de Paul Brousse et des "Broussistes" : Vu qu'il y a déjà des services publics, on peut les utiliser pour les transformations révolutionnaires. On peut également s'appuyer sur le mouvement municipal, afin de renforcer la lutte. Ce sont plus des républicanistes à la fin, que des socialistes. J'ai un bouquin de lui d'ailleurs, qu'il faudrait que je relise.
C'était dès le début les "dérives" du pcf.
C'est un fait, mais ce n'est qu'après la seconde guerre mondiale que ça devient vraiment du n'importe quoi. Avant c'était juste des lignes combattus à l'intérieur, avec une sévère auto-critique sur la ligne durant le Front Populaire. Après, Thorez a accepté la "destalinisation" et tout ce qui allait avec. Puis le PCF a fini de s'enfoncer un peu plus, encore un peu plus, toujours un peu plus... Marchais n'est que le dernier rejeton du révisionnisme du PCF. Certes le plus "drôle", mais aussi celui qui a enterré le Parti définitivement.
Oui, plus Brousse qu'Allemane. J'ai fait erreur.
Question les cocos : vous êtes avant tout anti-libéraux ou anti-nationalistes ?
T'excuse pas, vu le nombre de "sectes" et micro-organisations dans le socialisme français à la fin du XIXème Siècle, on fini par s'y perdre totalement. Surtout que les Broussistes et les Allemanistes sont ensemble jusqu'en 1890 il me semble et ils finissent par splitter.
Y en a que 5 en vrai : broussistes, allemanistes, guesdistes, jaurésiens, blanquistes.
Ceci dit c'est jamais qu'une réunion en quelques sortes, ils ont quasiment tous commencé à la FTSF et splité entre 1880 et 1890.