19.01.2005
Les pays européens écartent l´option militaire contre l´Iran
Alors qu´ils étaient divisés sur le dossier irakien, les pays européens ont écarté ensemble mercredi toute option militaire contre l´Iran, évoquée par le président américain George W. Bush, insistant sur la nécessité d´un règlement diplomatique à la question du nucléaire iranien.
Il n´y a pas " d´alternative" aux pourparlers menés avec Téhéran pour empêcher une " militarisation nucléaire" de ce pays, a affirmé le porte-parole du gouvernement allemand Belan Anda.
" Ces pourparlers se mènent en étroite coordination aves les Etats-Unis", a-t-il ajouté.
La France, l´Allemagne et le Royaume-Uni négocient depuis la mi-décembre avec l´Iran pour obtenir un accord à long terme dans lequel Téhéran renoncerait définitivement à toute ambition nucléaire militaire.
Dans l´attente d´un tel accord, les Européens ont obtenu de l´Iran une suspension des activités d´enrichissement d´uranium qui peuvent avoir une finalité militaire.
" Ceux qui pensaient que nous ne serions pas capables de négocier quelque chose de substantiel avaient tort. Ceux qui pensaient qu´on ne pourrait pas établir un certain niveau de confiance avec les Iraniens tout en ayant un solide consensus avec les Etats-Unis et les pays non alignés avaient tort", a affirmé le secrétaire au Foreign office Jack Straw.
" Cela a demandé un travail phénoménal mais, jusqu´ici, ça marche, note-t-il encore. Et c´est une meilleure stratégie que l´alternative", par allusion à l´option militaire.
Dans un entretien lundi à la télévision américaine NBC, M. Bush avait affirmé: " J´espère que nous pourrons résoudre ce problème d´une manière diplomatique, mais je n´écarterai jamais aucune option".
L´hebdomadaire New Yorker assure de son côté que des commandos américains sont infiltrés depuis l´été 2004 en Iran pour reconnaître des cibles nucléaires et chimiques potentielles. Il fait dire à un ancien haut responsable des renseignements américains que " bientôt, nous assisterons à la campagne d´Iran".
Le Pentagone a démenti catégoriquement.
La secrétaire d´Etat désignée, Condoleezza Rice, a cité l´Iran parmi les " postes avancés de la tyrannie", deux ans après que ce pays eut été cité par le président américain comme un membre de " l´axe du mal", avec l´Irak -qui a, depuis, été envahi- et la Corée du nord.
Tout en prônant une " action internationale concertée", Mme Rice a maintenu la menace de saisir le Conseil de sécurité de l´Onu du dossier nucléaire iranien. " Dans un premier temps", a-t-elle dit.
L´Iran, qui n´a pas de relations diplomatiques avec les Etats-Unis, a réagi en évoquant précisément le dialogue avec l´UE. Pour le porte-parole des Affaires étrangères Hamid-Reza Assefi, ces déclarations ont " pour objectif de saper les discussions constructives entre l´Iran et l´Union européenne sur le nucléaire en affirmant qu´elles ne marchent pas".
" La menace de nos ennemis étrangers ne nous fait pas peur, ils savent bien que l´Iran, pays historique d´islam, avec son antique civilisation, n´est pas un lieu bien choisi pour les aventures", a déclaré l´ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani.
La France a elle aussi insisté sur la poursuite du dialogue. " Nous sommes actuellement en négociation avec l´Iran sur la question de son programme nucléaire. Cette négociation se fait avec nos partenaires allemands et britanniques, en parfaite concertation avec les Etats-Unis et avec nos autres partenaires européens", a rappelé Cécile Pozzo di Borgo, porte-parole adjointe du quai d´Orsay.
La Russie, qui coopère avec Téhéran dans le domaine nucléaire en construisant la centrale de Bouchher ( sud de l´Iran) rejette l´éventualité de la guerre.
" Je n´estime pas possible de parler, même de manière hypothétique, de la situation qui pourrait apparaître si quelqu´un décidait de recourir à d´autres moyens" que la diplomatie dans cette crise, a affirmé le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
Cette fois-ci tout le monde est unanimement contre une intervention en Iran. Ca m´étonne que Washington fasse quoi que ce soit 