Intervention de Chirac: la droite réservée, la gauche satisfaite
PARIS ( AFP) -
L´intervention télévisée de Jacques Chirac sur la Turquie a été fraîchement accueillie par une partie de la droite française, tandis que la gauche se félicitait de la position du chef de l´Etat qui va à l´encontre de celle exprimée par son propre parti, l´UMP. 
Lors de son intervention mercredi soir sur TF1, le chef de l´Etat s´est prononcé pour une adhésion sous conditions de la Turquie à l´Union européenne, dans 10, 15 ou 20 ans, et il a exclu l´option d´un partenariat privilégié qui était réclamée par de nombreux responsables politiques français.
Juste avant ces déclarations, le nouveau président de l´UMP Nicolas Sarkozy, en visite en Israël, avait souligné que la position de Jacques Chirac créait une " difficulté incontestable", face aux fortes réticences de l´opinion publique et de l´UMP.
Lors d´un Conseil national en mai dernier, l´UMP avait voté à 71,8% une motion refusant l´adhésion de la Turquie. " Aucun élément nouveau ne me conduit à demander à l´UMP de changer" cette position, a déclaré M. Sarkozy, réaffirmant que " la solution pour la Turquie, c´est le partenariat privilégié".
Reflétant un certain embarras de l´UMP, un communiqué d´Alain Lamassoure, secrétaire national de ce parti aux questions européennes, a souligné que le sommet européen doit prendre en compte " les réserves croissantes" des opinions publiques de nombreux états membres. " Le cycle de négociations qui va s´ouvrir ne doit pas se clore sur une solution qui ne serait pas acceptée et voulue par le peuple français", a-t-il dit. Le référendum sur la Turquie promis par Jacques Chirac en apportera selon lui " la garantie".
Exprimant sa " tristesse" et sa " colère",
le président de l´UDF François Bayrou a regretté que l´option du partenariat privilégié ait été " rayée d´un trait de plume" par Jacques Chirac, dénonçant un système de décision " monarchique".
Il a évoqué de " grandes menaces sur le résultat" du référendum prévu en 2005 pour ratifier la Constitution européenne dont il est partisan.
Au Parti Socialiste, Pierre Moscovici, ancien ministre des Affaires européennes, a estimé que " Jacques Chirac a raison contre Sarkozy, contre Bayrou", et a récusé l´idée de partenariat privilégié, qu´il a qualifiée d´"hypocrite". Le Premier Secrétaire du PS, François Hollande, avait pourtant déclaré, jeudi dernier sur France 2, qu´il n´était pas pour une adhésion automatique et que " toutes les options" devaient être ouvertes, y compris le " partenariat privilégié".
M. Moscovici a qualifié d´"échappatoire" la promesse d´un référendum sur la Turquie dans dix ou quinze ans.
Le porte-parole du PS, Julien Dray, a estimé que la position de M. Chirac " apparaît comme un rappel à l´ordre à sa propre majorité divisée sur cette question". Il a estimé que le président " a repris à son compte la position déjà exprimée par le parti socialiste en octobre 2004".
Les Verts se sont également " félicités" que Jacques Chirac " se démarque clairement de l´UMP", et estimé que " le oui de la France" est " un grand pas vers la paix".
Pour sa part, le président du Front National Jean-Marie Le Pen a estimé que Jacques Chirac se pose en " partisan extrémiste" de l´adhésion de la Turquie à l´UE et parlé de " fanatisme euro-mondialiste".
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