mardi 6 avril 2004, 19h32
Démantèlement près de Châteauroux d´un réseau armé de jeunes néo-nazis
CHATEAUROUX ( AP) - Le procureur de la République de Châteauroux ( Indre), Pierre Valleix, a annoncé mardi la mise en examen de 14 jeunes impliqués dans une affaire de détentions d´armes de guerre. Un important arsenal a été saisi.
Le chef du mouvement, Paul Emmanuel Thore, le leader du groupe, est un homme de 31 ans connu pour ses sympathies d´extrême droite. Ce propriétaire d´un bar-pizzeria à Saint-Maur, près de Châteauroux, était à la tête d´une association baptisée " Epervier".
Ce groupuscule, qui s´était donné pour objectif de faire de la propagande pour les idées révisionnistes, notamment auprès des jeunes dans les lycées et collèges en distribuant des tracts, avait eu maille à partir à plusieurs reprises avec les autorités pour avoir été à l´origine de conflits dans l´enceinte même d´établissements scolaires.
Paul Emmanuel Thore avait même été condamné en 1996 après avoir cassé un stand du centre d´action de recherches et d´affaires sociales de Poitiers. Ce qui ne l´empêchera pas en 2001 de déposer les statuts d´une nouvelle association " Bleu Blanc Rock" et d´en devenir le président. Le correspondant du BBR à Paris n´était autre que Maxime Brunerie, membre d´Unité Radical, dissous en 2002, qui avait tiré sur le président Jacques Chirac, sur les Champs-Elysées, le 14 juillet 2002.
Paul Emmanuel Thore était connu pour organiser dans son bar-pizzeria des concerts de rock, avec chants nazis au programme. C´est pour cette raison que la police judiciaire menait depuis plusieurs années une enquête discrète qui vient d´aboutir par la perquisition d´une ferme isolée de Mézières-en-Brenne, appartenant à un notable de la région. La police y a retrouvé une cinquantaine d´armes à feu, fusils de chasse, armes de guerre datant de la seconde guerre mondiale, mais aussi des grenades, des couteaux et de la littérature néo-nazie et révisionniste.
Le réseau qui comptait une vingtaine de membres, a été en partie démantelé, alors que l´enquête se poursuit, a précisé le directeur départemental de la police nationale de l´Indre, Jean-Paul Bisiaux. Elle tentera aussi de déterminer les projets de ce groupe armé. AP
pan/ir
Jeunes perdus et manipulés ou groupe organisé pret à des actions concretes ?
@+