Il y a quelque chose que je ne comprends pas au sujet de la gauche.
Généralement, les gens de gauche se disent progressistes. Ils ont une prétention à être du côté du progrès, d'un changement bénéfique donc, et à classer leurs adversaires politiques du côté des "conservateurs" et donc de gens hostiles au changement. Mais eux-mêmes semblent avoir un comportement un peu schizophrénique à ce sujet.
D'un côté, la gauche a provoqué (ou récupéré à son profit, comme dans le cas de la marche des Beurs) des changements sociétaux importants. L'"antiracisme", le discours victimaire des "minorités", le PACS, puis tout récemment le mariage gay, en sont des exemples. D'ailleurs, le vote en accéléré de la loi sur le mariage gay et la répression des manifestations d'opposants semblaient même tenir d'une certaine frénésie dans ce changement sociétal imposé à un rythme forcé. De ce point de vue, les gens de gauche peuvent se considérer comme "progressistes" tant que :
ils considèrent ces changements comme des progrès
ils y ont joué un rôle important.
Mais, d'un autre côté, c'est aussi à gauche qu'on trouve le plus d'hostilité à l'évolution et à l'innovation technologique. Les mouvements anti-OGM, anti-nucléaire, l'écologisme qui blâme systématiquement le progrès technologique, sont à gauche. Ceux qui demandent systématiquement que le "principe de précaution" soit appliqué en prévention, pour empêcher certaines recherches ou certains nouveaux produits d'arriver sur le marché, sont souvent à gauche.
Donc, ma question est celle-ci :
pourquoi d'un côté une frénésie de changement, et de l'autre une frilosité et une peur à l'égard du changement ?
En quoi les changements sociétaux seraient forcément bons et positifs tandis que les changements technologiques devraient attiser la méfiance et la peur ?
Ça me semble assez contradictoire.
Ou alors cela revient à croire a priori que remodeler la société à volonté est toujours bon, tant que c'est l'Etat qui le fait, mais que l'innovation issue des entreprises et des chercheurs est mauvaise... ce qui renverrait plutôt à une hostilité de principe à l'égard du "bottom-up" et du marché (sans lequel on vivrait toujours dans des cavernes pour le coup).
Personnellement, je ne vois aucune raison de considérer que l'immigration ne pourrait pas être un risque alors que le nucléaire pourrait en être un.
En tout cas, n'est pas progressiste qui veut.