"Bref, vous avez compris, je ne vois la vie que comme une série ininterrompue de lancés de dés. Le problème est que cette vision est d'un pessimisme absolu, car elle annihile immédiatement toute idée de "mérite", ou de capacités personnelles à s'extraire de sa condition."
Non, ca veut simplement dire que le "mérite" découle lui-aussi du milieu social, et non-pas d'une intelligence innée qu'un individu posséderait et qu'un autre, non-méritant, ne posséderait pas.
De même la possibilité de "s'extraire de sa condition" ne dépend jamais de la simple volonté d'un individu mais de son parcours et de son milieu. Même le fait d'avoir la "volonté" de s'extraire d'un quelconque milieu dépend déjà du milieu social en question, du parcours qui a mené l'individu là où il en est, etc...
Ca n'a rien de pessimiste. Au contraire : c'est une invitation à l'étude.
L'étude des milieux sociaux et de leur impact sur nous. On peut le faire à l'échelle des individus ou des groupes. C'est une champ de recherche en friche qu'il faut encore largement explorer ! C'est plutôt optimiste donc
"Voilà pourquoi même si dans le fond, le délinquant a subi le parcours qui l'a amené à la rapine, il faut le punir, l'emprisonner."
C'est extrêmement étrange de reconnaitre que quelqu'un a subi quelque chose qui l'a conduit à tel ou tel acte, et de préconiser quand même la punition, qui n'est alors strictement d'aucune utilité.
L'emprisonnement n'est pas là seulement pour isoler un individu foncièrement dangereux du reste de la société. Si c'était le cas il n'aurait pas besoin d'être cruel.
Il est là pour venger la société et faire comme si elle n'était pas responsable et qu'elle n'engendrait pas elle-même les criminels qu'elle prétend "combattre" en les réprimant.
Si on veut efficacement combattre le crime, c'est à la racine qu'il faut prendre le problème.
Pas mettre la poussière sous le tapis et les "déviants" en prison.