Tu connais le Code noir
le ministre Colbert avait obtenu de Louis XIV une ordonnance ( en 1685) instaurant un régime précisant les devoirs des maîtres et des esclaves. Ce code, appelé le Code noir, restera en vigueur dans toutes les Antilles et en Guyane jusqu´en 1848 mais il fut rarement respecté. Bien que ce code ne traitât pas des questions de langue, il dépouillait l’esclave de toute son identité. En effet, après le baptême catholique obligatoire, l´Africain devenait un Nègre et changeait de nom, abandonnant ses habitudes vestimentaires et sa langue, puis était marqué au fer rouge et affecté au travail servile.
Dans l’incapacité ou l’impossibilité d’apprendre la langue du maître, les esclaves s’approprièrent néanmoins les mots de celui-ci en recourant à la grammaire ( africaine) qu’ils connaissaient. Du contact entre les maîtres dominants et les ethnies africaines dominées vont naître de nouvelles langues: les créoles. C’est donc à l’époque de l’esclavage que se formèrent les différents créoles. Le terme de créole possède deux étymologies, l´une portugaise ( <crioulo), l´autre, espagnole ( <criollo), qui viennent du même mot latin criare, signifiant " nourrir" ou plus précisément " serviteur nourri dans la maison", et servant à désigner l´enfant blanc né et élevé dans les colonies européennes. Puis, ce mot sera utilisé pour désigner également la population noire et, par voie de conséquence, la langue de cette population. En Guyane, comme dans les anciennes colonies françaises ( Martinique, Guadeloupe, Saint-Domingue, La Réunion, etc.), la base lexicale du créole s’est élaborée à partir du français.