ABIDJAN ( AFP), le 10-11-2004
Soulagés ou tristes, souvent les deux, des centaines de Français de Côte d´Ivoire, réfugiés au camp du 43ème Bataillon d´infanterie de marine ( BIMa) d´Abidjan s´enregistrent sur les premiers vols qui quitteront mercredi la capitale ivoirienne en direction de Paris.
Dans la queue patientent calmement une majorité d´enfants et de femmes. Nombre d´entre elles laissent ici leur mari, qui reste par obligation professionnelle ou dans le vague espoir de sauver une entreprise ou quelques biens.
Morgane, 18 ans, a elle toujours vécu en Côte d´Ivoire où elle est née. Au milieu de ses camarades du lycée Jean Mermoz, incendié et saccagé, elle rit beaucoup, mais avoue sa profonde tristesse au moment de quitter le pays, pour toujours pense-t-elle. La boulangerie familiale, déjà pillée en février 2003, a de nouveau été prise pour cible et la famille part presque sans rien.
Plus loin, pendant que son compagnon remplit les formalités, Stéphanie, 34 ans en Côte d´Ivoire, veille sur Mathieu, son bébé de cinq mois.
Comme tous les Français réfugiés au Bima, elle a eu très peur. " Le pire, c´est les cris des jeunes qui arrivent, puis le bruit des choses qu´on casse", raconte-t-elle. Sa maison du quartier Biétry a été épargnée grâce à un ami ivoirien aux relations bien placées, mais la maison de son voisin a été entièrement pillée.
Venue " par amour" dans le pays il y a 18 mois, elle espère néanmoins revenir. " C´est un beau pays, un pays où il fait bon vivre en temps normal. Et la majorité des Ivoiriens n´ont rien à voir avec les abrutis qui courrent sur le ( boulevard) VGE" ( Valéry Giscard d´Estaing), souligne Stéphanie en référence aux jeunes auteurs des exactions contre les Francais.