L'Etat se justifie par son monopole de la violence. La première nécessité d'un Etat c'est ça: la sécurité. On se regroupe ensemble pour être plus fort, et on se soumet à une autorité commune.
Les Français aiment l'Etat, c'est un fait. Tocqueville disait déjà que les français étaient pris dans une contradiction, être libre et être dirigés, et que, ne sachant choisir, ils voulaient les deux.
Quant tu regardes notre histoire et notre façon de l'enseigner, on a une certaine tendance à être gentil avec les régimes assez autoritaires, disons musclés et centralistes. Y a qu'à regarder Louis XIv et Napoléon. On ne te dira jamais que ses guerres ont causé 3 millions de morts, on ne te parlera jamais du général Malais qui a entrepris un coup d'Etat contre lui pour rétablir...la république.
En France, on aime l'Etat pas pour l'Etat lui-même, mais parce qu'on aime les chefs. Un chef fort pour un Etat fort, garantissant la liberté et l'égalité.... C'est surtout, à mon avis, une certaine frustration toute française. Les régimes forts nous rappellent des heures de gloire qui, examinées avec attention, ne sont que chimères.
L'Etat n'est qu'une grande illusion où nous tentons de vivre aux dépens des autres. Pour l'instant, les Français ne s'en rendent pas compte.
Mais j'ai toujours en tête Tocqueville et notre contradiction toute française.
C'est aussi du fait de notre vision politique de la nation... en bon républicain que nous sommes, la Patrie, la nation, et l'Etat, ne font qu'un. On les confonds. Donc, un affaiblissement de l'Etat équivaut dans nos esprits à un affaiblissement de la nation.
Et puis il y a De Gaulle, j'aime ce grand homme favorable à un Etat fort... mais voilà. Son ombre plane encore sur nous, et sa vision politique aussi.
si les Français aiment l'Etat, c'est à cause d'un vieux conflit politique où, pour l'instant les partisans d'un Etat fort l'ont emporté. Mais il faut savoir qu'une bonne partie de la IIIème république a été dominée par des libéraux. Dechannel, Waldeck Rousseau, tout un courant républicain modéré...
Enfin, c'est un problème assez spécial.