Bonne nouvelle les amichs
Le chef de l´Etat s´est prononcé vendredi à Strasbourg pour une révision constitutionnelle prévoyant de consulter les Français par référendum sur toute nouvelle adhésion à l´Union européenne, et notamment celle de la Turquie.
Dans dix ou quinze ans, les Français auront " leur mot à dire" sur l´adhésion ou non de la Turquie à l´Union européenne. Au cours d´un point de presse conjoint avec Gerhard Schroeder, Jacques Chirac a en effet indiqué qu´il avait " demandé au gouvernement d´examiner les conditions d´insertion dans la révision constitutionnelle" préalable à la ratification de la Constitution europénne, " une disposition" garantissant qu´à partir d´une certaine date, les Français auraient " leur mot à dire" par référendum sur les nouvelles adhésions à l´UE.
Jacques Chirac a précisé que " dans son esprit", ce référendum ne concernerait pas la Roumanie, la Bulgarie et la Croatie, dont les négociations d´adhésion " sont pratiquement achevées". " C´est un autre problème", a-t-il dit. Le président de la République a également insisté sur le fait que la ratification du traité constitutionnel pour l´Europe élargie n´avait " rien à voir avec la Turquie", appelant à dissocier les deux débats.
L´éventuelle adhésion de la Turquie est " un problème à beaucoup plus long terme", a ajouté Jacques Chirac. Elle " suppose que la Turquie remplisse l´ensemble des conditions qui sont celles de l´UE", a-t-il dit, et " ça demandera 10 ou 15 ans". " Nous avons intérêt à avoir la Turquie avec nous", a fait valoir le président français, en invoquant " la perspective de l´enracinement de la démocratie et de la paix sur l´ensemble du continent européen au sens large du terme, de façon à éviter les erreurs et les violences du passé".
La Turquie a fait " un effort considérable ces derniers temps pour aligner sa législation, ses méthodes, ses usages" sur ceux de l´UE, a-t-il dit. Mais, a-t-il ajouté, " il est évident que les usages doivent encore progresser pour respecter les critères de la démocratie et de l´économie de marché" définis par l´UE à Copenhague. " La France et l´Allemagne partagent la même analyse", a affirmé pour sa part le chancelier allemand. Une entrée à terme de la Turquie dans l´UE serait " un plus pour la sécurité" en Europe, a-t-il ajouté.