C´EST UN PARI comme Luis Fernandez les aime. Romain Rocchi, 20 ans, joueur de National (17 matchs), inconnu il y a encore un mois, joue désormais dans la cour des grands. Aux côtés d´Aloisio, Andre Luiz et les autres, il foulera ce soir la pelouse du stade José-Alvalade de Lisbonne, où le PSG poursuit ses matchs de préparation, cette fois contre le Sporting Portugal. Le manager parisien n´a supervisé Rocchi qu´une seule fois avant de lui offrir un contrat de quatre ans. Peu avant, Cannes lui avait fait signer son premier contrat pro, afin de simplifier ce transfert de 228 000 €. « J´ai un bon pressentiment avec lui, explique Luis. Je lui trouve des allures de Jérôme Leroy, il a l´envie et l´agressivité pour réussir. » Rocchi n´est pas le moins étonné par sa fulgurante ascension. « Tout est allé très vite et je n´ai pas eu le temps de me poser beaucoup de questions, raconte-t-il. Je ne savais pas que Luis Fernandez était venu me voir jouer. Personne ne m´en a jamais parlé, j´ai appris l´intérêt du PSG deux jours avant de signer. Je pense que mes proches ne voulaient pas que je sois déçu si cela ne s´était pas fait. » Du centre de formation de Cannes, il garde les principes essentiels de bonne conduite : humilité, travail et rigueur. « Je n´oublie pas d´où je viens et je ne m´avance pas trop... L´un de mes formateurs m´a toujours dit que, dans la vie comme dans le football, il n´y a pas de hasard, on n´a que ce qu´on mérite. Pour le moment, je n´ai rien montré, rien prouvé, alors il n´y a pas de quoi avoir la grosse tête. » Sur le terrain, Rocchi ne manque pas de qualités et ses premières apparitions sous le maillot parisien sont prometteuses. Milieu de terrain polyvalent, ce droitier doté d´une bonne vision du jeu avoue ne pas avoir de poste de prédilection. « Je n´arrive pas à me définir, je suis à l´aise à tous les postes, à droite ou à gauche. J´ai tout de même une légère préférence pour le jeu dans l´axe. » Un mois après son arrivée, le natif de Cavaillon ne semble plus vraiment intimidé par les stars qui l´entourent. « Ce sont des gens comme nous, qui parlent comme nous, souligne-t-il. Mon intégration se passe naturellement, et je reste émerveillé par ce qui m´arrive. Je suis impressionné par le professionnalisme du club, de la vessie (NDLR : poche de glace appliquée sur les blessures) au président, rien n´est laissé au hasard. »