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D1 / L’ANALYSE DE MARSEILLE-PSG : 1-0
Marseille « sauve » sa saison
12 avril 2002 - Eric CAMACHO
Dans un choc une nouvelle fois manqué, Marseille a ravit ses supporters en battant l’éternel rival parisien (1-0), grâce à un but de Daniel Van Buyten. Une victoire méritée qui pourrait bien priver le PSG de Ligue des Champions. A voir aussi, le film du match.
Le Paris Saint-Germain ne gagnera pas encore cette saison au stade Vélodrome. Depuis le 21 mai 1988 et une victoire sans grande importance, le club de la Capitale ne parvient plus à battre l’OM sur ses terres. Pour le plus grand bonheur du fidèle public marseillais qui a pu une nouvelle fois hurler sa joie de voir le grand rival tomber sous les coups de boutoir de joueurs poussés par plus de 55 000 spectateurs. Comme à l’accoutumée, le match ne s’envola jamais dans de hautes sphères de technicité ou de beau jeu. Comme bien souvent, il se joua sur un coup de pied arrêté. Comme toujours, le gain de la rencontre est revenu à l’équipe la plus motivée.
Un match entre Marseille et le PSG se gagne rarement au talent individuel. Mieux armé dans ce domaine, les Parisiens ont dû plier devant une équipe supérieure dans l’envie et la volonté, au moins pendant quatre-vingt dix minutes. Les Marseillais n’avaient rien à espérer de ce traditionnel choc de la Première Division. Sinon le respect de leur public, venu en nombre et en voix pousser ses favoris. L’explosion de joie intervient à la 65eme minute de jeu. Sur un corner frappé par André Luiz, Van Buyten place une tête contrée une première fois par Heinze avant de fusiller Letizi aux six mètres. Un but à l’image du match des Phocéens : plein d’abnégation, solide à défaut d’être spectaculaire.
Paris manque sa surprise
Il n’en fallait pas beaucoup plus pour dominer un Paris Saint-Germain besogneux mais aux intentions offensives trop limitées pour espérer autre chose qu’une erreur adverse ou un exploit individuel pour faire basculer la rencontre. La rentrée de Ronaldinho, à la 57eme minute de jeu, n’y changera rien. « On voulait créer la surprise. Ronnie est encore trop tendre pour tenir pendant tout un match à un tel niveau. Il aurait pu réussir quelque chose mais Marseille a marqué avant », constate après coup Jean-Louis Gasset. Le Brésilien, trop isolé, est étouffé par la densité du milieu de terrain marseillais.
Dans une ambiance électrique et même pyrotechnique – un feu d’artifice est tiré pour célébrer le but marseillais – Marseille tient son succès. Celui qui le réconcilie avec ses supporters. Une victoire d’autant plus douce qu’elle place le Paris Saint-Germain dans une situation délicate en vue de l’accession à la Ligue des Champions. Les hommes de Luis Fernandez restent troisièmes mais avec deux matchs en plus que les Auxerrois, à un point derrière eux. Des soucis dont sont loin les Phocéens, qui s’assurent une fin de saison en pente douce. « Le bilan, on le fera seulement au soir de la dernière journée. On repartira alors au travail dans de meilleures conditions pour la saison prochaine », remarque Albert Emon. En attendant, les prochains jours s’annoncent enfin paisibles sur les bords de la Canebière.