Une petite dépêche sur cette affaire...
Nantes n’en revient pas
C’est une victoire capitale en vue de la Ligue des Champions qu’a arrachée l’AJ Auxerre, samedi, aux dépens du FC Nantes-Atlantique (2-1). Un succès qui a toutefois engendré une polémique au moins aussi virulente que celle qui avait suivi la rencontre au sommet entre Lyon et Paris, la semaine passée. Rappel des faits : on joue la 77e minute lorsque Frédéric Da Rocha, touché dans un choc avec Philippe Mexès, est contraint de se faire soigner sur le bord de touche, l’arcade sourcilière en compote. Le règlement, c’est le règlement. Le hic, c’est que les Canaris se retrouvent à neuf contre onze, le défenseur Mauro Cetto, expulsé, ayant prématurément quitté ses camarades à la 31e minute. Les partenaires de Mickaël Landreau s’attendent quand même à se voir rendre le ballon, comme sur n’importe quel terrain de France. Mais sous la pression de Guy Roux, qui aurait crié un «Jouez, jouez», Jaurès oublie le fair play et centre pour Gonzales, qui inscrit le but de la victoire.
Sur le coup, l’arbitre M. Duhamel est pris d’assaut par une horde jaune, aussi frustrée qu’indignée. La seule réponse du référé sera un «C’est lamentable de leur part, mais je n’y peux rien», selon l’enturbanné Da Rocha. Ce dernier a donc fait part de sa colère le lendemain et souhaite que les choses soient claires : c’est bien l’entraîneur bourguignon – et non son joueur («il a eu peur de Roux») – qui se cache derrière tout cela. «C’est beau, la sportivité à la Guy Roux, affirme le milieu nantais dans les colonnes du Parisien. S’il affirme ne pas avoir que j’étais en sang, c’est que son gros ventre l’en a empêché. Je n’ai jamais vu ça de ma carrière. C’est une honte ! ». Son capitaine Landreau est tout aussi choqué : «Il faut arrêter de donner des leçons de morale. Si c’est pour agir ainsi, c’est scandaleux ! » Entre les deux clubs les plus performants sur le plan de la formation, ce n’était déjà pas le grand amour, mais là…
«Roux n’est pas Wenger…»
L’entraîneur Angel Marcos n’y va pas par quatre chemins : «Ce n’est pas une intervention du cœur qui peut le changer, c’est le cerveau qu’il faut lui changer». Face à de telles attaques, Roux a choisi de rester muet, sa seule réponse intervenant après la rencontre : «Nous sommes absolument de bonne foi, personne ne savait que le ballon avait été sorti pour une blessure». Des explications qui sont loin de convaincre les Nantais, qui ne sont malheureusement pas les premiers à être les dindons de la farce : Monaco avait également été crucifié (but de Mexès après que ce dernier eût blessé Nonda dans le camp auxerrois) dans des conditions similaires, à la différence que c’était Alain Fiard, adjoint de Roux, qui officiait sur le banc icaunais.
Resterait à faire rejouer le match, une initiative qu’avait prise Arsène Wenger après le même type d’incident lors d’un match de Cup contre Sheffield Wednesday, il y a deux ans. Mais personne n’est dupe sur les bords de l’Erdre : «Roux n’est pas Wenger. On ne compare pas un cheval de course à un âne», assène Marcos.
A suivre...