« Il convient de subir aisément la destiné qui m’est faite, sachant que la puissance de la nécessité est invincible »
Prometheus enchaîné, Eschyle, scène 02, vers 88 à 127.
Prologue
Europa, 2457. En ces temps de troubles politiques et culturels, alors que le monde dit civilisé voit sa puissance sans cesse remise en question par des pays émergeant, des vagues d’attentats plus meurtrières les unes que les autres frappent la mégalopole d’Europa Centra, qui s’étend de la pointe de la nouvelle Britania à l’ouest à l’ancienne Berlin à l’est, et de Londres au nord jusqu’à Rome au sud. Trente-sept années après la guerre qui opposa Europa aux Etats confédérés d’Amérique, laissant ces derniers meurtris, les 118 millions d’habitants d’Europa Centra vivent dans une terreur sans nom. Des actes meurtriers d’une barbarie sans précédent semblent commis au hasard, sans coupables, sans motifs, et sans revendications.
Pour parer au drame, le gouvernement d’Europa Centra fait appel simultanément à deux milices privées, les Titans et les Dieux.
Les responsables des attentats, un groupuscule d’activistes d’ancienne Amérique refusant à Europa la victoire de la guerre, furent rapidement démasqués par les Titans, malheureusement trop tard pour prévenir l’attentat qui fut fatal à tous les membres du gouvernement.
Europa Centra était désormais sans tête ; les Titans, par l’intermédiaire de leur commandant Ouranos, voulurent prendre la tête de la mégalopole-pays. Ce à quoi s’opposèrent farouchement les Dieux. Les deux groupes entrèrent alors en conflit armé qui vit la mort d’Ouranos et de trois de ses douze généraux. Le capitaine Cronos, désormais plus haut gradé des Titans, fut trahi par son propre fils Zeus, qui rejoignit les Dieux et permit la chute de la milice adverse. La plupart des Titans qui survécurent au génocide enclenché par les Dieux se cachèrent alors dans la ville portuaire de Thessalia, dans le plus grand secret. Ceux qui furent moins chanceux furent emprisonnés dans la prison du Tartare.
A la mort du maître des Dieux, terrassé quelques mois plus tard par un cancer, Zeus devint Dieu Suprême. Il fit bâtir une gigantesque tour au centre d’Europa Centra, à laquelle il donna le nom d’Olympia.
Depuis lors, Zeus et les Dieux, aussi appelés Eternels, dirigent Europa. Les citoyens d’Europa Centra, après les troubles de 57, s’estiment satisfaits de la vie qu’ils mènent, et voient les restrictions de liberté comme un moyen d’endiguer la criminalité. La résistance passive des quelques Titans toujours en activité, avidement traqués par le gouvernement, n’a que peu d’effets sur le peuple.
