On me dépersonnalise et je ne suis plus qu'un numéro perdu au milieu d'une liste de cinq milliards d'autres numéros. J'ai un code barre et je me sens comme la pièce en trop d'un puzzle, celle qu'on ne sait pas où foutre, celle qui n'a pas sa place dans le tableau.
On m'utilise comme un outil, un outil inutile, c'est le comble. On me fait creuser des trous toutes la journée et on le rebouche ensuite, devant moi qui ne suis plus qu'une carcasse standardisée et apathique, livrée sans remords au mépris d'une destinée cruelle. Seule une balle dans la tête me permettrait d'échapper à la mort.