Ça m´énerve : l´abus de remplacements en match de préparation
En fixant à six le nombre de remplacements autorisés en match amical, la FIFA s´est contentée de limiter les dérives d´une coutume tenace, dont il faudrait probablement pendre l´instigateur pour attentat à l´esprit du jeu. Six remplacements, c´est encore le double de ce qui est permis habituellement, plus de la moitié d´une équipe...
La pratique a cela de stupide qu´elle transforme systématiquement, dès la reprise ou à l´heure de jeu, des parties de football déjà fréquemment soporifiques pour cause d´engagement minimal en ballets ininterrompus de joueurs pénétrant et quittant la pelouse. Et encore : évoquer un ballet suppose une chorégraphie que nos amis à crampons sont loin de maîtriser, eux qui traînassent inévitablement pour récolter quelques applaudissements, ou pour bien faire comprendre à leur coach tout le bien qu´ils pensent de sa décision de les envoyer prématurément sous la douche. Pour tout dire, on a plutôt l´impression d´assister à la criée du samedi matin sur le port de Dunkerque, surtout depuis que les arbitres assistants ont pris pour habitude de manier leur panneaux lumineux avec autant de dextérité que s´ils portaient des gants de boxe.
Le match de samedi n´a pas dérogé à la règle, avec une dernière demi-heure à peine digne d´une cour d´école, tant les Bleus sont apparus désorganisés tactiquement. Si la pilule peut passer pour un match amical lambda, elle s´avère un peu plus amère pour ce type de rencontres un peu trop hâtivement qualifiées de "matches de préparation". Car de quelle préparation parle-t-on quand les joueurs qui sont censés être performants dans trois semaines ne bénéficient que d´une grosse mi-temps pour effectuer leurs réglages? Domenech, qui se plaignait à juste titre il y a quelques mois du faible nombre de rendez-vous réservés aux Bleus pour mettre sur pied son équipe, a commencé par limiter les enseignements du premier d´entre eux. Où est la logique?