L´amour du maillot
"Les arbitres ont reçu des consignes", entend-on traditionnellement en début de saison. Phrase légèrement énigmatique qui sous-entend que l´application des lois du jeu connaît des variations d´une année à l´autre. Bref, le thème de la saison, ce sont les accrochages de maillot dans la surface de réparation, véritable plaie du football moderne, qui implique que l´on teste d´abord la résistance de la fibre portée par son adversaire avant de chercher à lui disputer le ballon. Parfois, l´arme se retourne pourtant sur ceux qui l´utilisent, défenseurs flemmards qui préfèrent agripper leur vis-à-vis plutôt que se préoccuper de la trajectoire des corners ou des centres. Mal en a pris à Mario Yepes qui, se sentant peut-être battu d´avance face au mètre quatre-vingt quatorze de Traoré s´est littéralement accroché à ses basques. Choix idiot puisque le ballon, pas spécialement haut, était parfaitement jouable pour le Colombien. Celui-ci a ensuite été frappé d´amnésie, décrivant ainsi l´action: "Je suis au duel de la tête avec Traoré, je ne sais pas trop s´il me passe devant. Il va haut, j´essaie" (L´Équipe).
C´est une autre histoire de hauteur qui a animé les controverses d´après Marseille-Ajaccio, à propos du penalty sifflé contre l´OM. "Nous perdons deux points sur une grossière erreur d´arbitrage", a ainsi assuré Jean Fernandez. Pourtant, qui de l´arbitre ou de Ferreira a fait l´erreur la plus grossière, sachant que le latéral marseillais attrape bien Lucas avec le bras, alors que, justement, le centre était trop haut pour l´attaquant brésilien? Ne serait-il pas plus simple de chercher seulement à jouer le ballon au lieu de se rendre coupable de fautes parfaitement inutiles?