Le piton de la Fournaise calmé provisoirement
La « vigilance volcanique » est toujours en vigueur depuis l’éruption de début décembre. Elle a été ponctuée par un passage en alerte 1 début février, qui n’a cependant pas débouché sur une éruption. Depuis ces dernières semaines, l’observatoire volcanologique enregistre un niveau de sismicité de plus en plus faible, qui paraît pouvoir justifier une prochaine levée de la phase de vigilance du plan volcan. Les scientifiques estiment que le Piton de la Fournaise est en phase de rémission aujourd’hui, après un épisode de réalimentation de sa chambre magmatique ces derniers mois. Le volcan a d’ailleurs cessé de gonfler, précise Andrea Di Muro, directeur de l’observatoire. Mais si la probabilité d’une éruption à court terme n’est plus d’actualité, le magma est désormais là, ajoute-t-il, stocké au niveau de la mer, pas loin… Si le volcan se réactivait, la situation pourrait donc évoluer rapidement.
OVPF : BULLETIN 03 MARS 2011
BILAN de la période 21 février - 02 mars: sismicité faible à l’aplomb du Piton de la Fournaise ; absence de dilatation du cône sommital du Piton de la Fournaise. Activité modérée d’éboulement dans le cratère sommital de Dolomieu.
SISMOLOGIE : Dans la période citée, l’OVPF a enregistré un faible niveau de sismicité volcano-tectonique (sismicité associée à la fracturation des roches en profondeur) à l’aplomb du Piton de la Fournaise
En moyenne, moins de 3 événements par jour de magnitude modérée (M< 1.7) ont enregistrés. Ces seismes ont été localisés à l’aplomb du cône sommital de Dolomieu, à des profondeurs proches du niveau de la mer (entre 140 m et 340 m au dessus du niveau de la mer). Cette faible sismicité est associée à une nombre modérée d’éboulements de petit volume dans le cratère sommital de Dolomieu (< 8/jour en moyenne).
GEODESIE : Dans la période cité, le réseau GPS n’a pas détecté un mouvement de dilatation ou de contraction de l’édifice volcanique.
GEOCHIMIE : Le taux des émissions de gaz volcanique (SO2) reste dans la norme.
La très faible sismicité ainsi que l’absence de déformations significatives de l’édifice volcanique et l’absence d’émissions gazeuses suggèrent que la phase d’alimentation du système magmatique profond, situé en proximité du niveau de la mer, a subi un arrêt. Néanmoins, il est important rappeler que le stockage de quantité significatives de magma à faible profondeur peut être la source d’éruptions potentiellement caractérisées par des précurseurs de courte durée.