Considérant de là que je ne fusse qu´une substance dont toute l´essence ou la nature est de penser, il m´est venu que la feinte de l´être n´est autre que l´être de la feinte, car pour feindre, feinte il doit être ; et par conséquent la feinte de l´être est. Donc si la feinte de mon être propre est, alors je suis tout en n´étant pas. Pour autant, la feinte étant, elle ne peut être vraie, posant de là les principes de la non-existence du faux. Or l´existence du faux est, puisque par pensée qui ne laisserait pas d´être tout ce qu´elle est exigeât qu´il fût faux, alors donc cela est vrai aussi, s´il est avéré qu´il fût inexact. Ma pensée quant à elle est-elle avérée être vraie, puisqu´il m´arriva du faux que la pensée fit une vérité notable, au contraire je pensai que cela fut faux, car pour douter de la vérité des autres choses, il résultait certainement que j´étais, encore que tout le reste de ce que j´avais imaginé eût été vrai, je n´avais aucune raison de croire que j´eusse été, songeant que cela était de fait faux, je n´avais tout au contraire pas pensé que j´eusse puis être. Je pense, donc je suis.
Pourquoi as-tu bâillé ?