Rouges sont les nuits à l’avenir effacé,
Et brimés les mains du destin annoncé.
C’est le cœur qui pleure les écrits dépassés,
Du passé, en fin de larmes, renoncé.
Oranges étaient les fleurs de notre candeur,
Et plaisantes les douceurs de notre ardeur.
Déjà se dessinait l’ombre de nos malheurs,
A la lueur de la pureté de nos cœurs.
Jaunes furent les éclats de notre succès,
Et réunis les miettes de notre espoir.
Pourtant parut la vanité de nos déboires,
Quand survivait l’excellence de nos excès.
Verts seront les fruits des printemps assassinés,
Et pillés les étoiles des âmes bien nées.
Alors pleureront en cascades nos aînés,
Et en chute d’eau votre jeunesse fanée.
Bleues ont été les jours, au présent, animés,
Et chaleureuses les caresses des amants.
Car deux ont été main dans la main à s’aimer,
Sous les regards frémissants des anciens romans.
Indigos avaient été les vieux encriers,
Et gravés dans les eaux les écumes rêvées.
Tant avait divagué les esprits déliés,
Par l’amour envolés, et la mort enlevés.
Violette eut alors coulé notre jeunesse,
Parfumant délicatement nos faiblesses.
Enfin nous eûmes laissé dans notre sillage,
Des chevaux indomptables, les divins ravages.
Tel l’arc-en-ciel né de l’averse, l’illusion
Du plus grand des astres aura touché nos destins,
D’une image étincelante. Toujours plus loin,
Et plus belles, les sept futures déceptions.
Mais de notre histoire, par ces couleurs, hantée,
Que tous disent qu’au moins ils auront tout