Allongé sur le côté, il fait semblant de dormir.
Doucement, elle entre dans la chambre sans un bruit
Puis s’assied et se déshabille sur le rebord du lit
Il ouvre un œil, la guettant, sans bouger, ni frémir…
Quand elle ôte tout ce qu’elle porte par-dessus
Il épie dans la pénombre la rondeur d’un sein
Qui apparaîtra furtivement et la chute de ses reins :
Sous l’étoffe se dessine la gracieuse courbe d’un dos nu
Cet instant pour rien au monde il ne veut l’échanger
Même s’il sait qu’il y a longtemps à présent qu’il n’a pu
Caresser ce corps magnifique si souvent exploré
Chaque soir, il reste de cette scène le spectateur ému
Et demain matin, il pourra à la faveur de la lumière
Du divin astre, regarder à l’envi la beauté de son visage
Si serein et si doux… mais il n’aura jamais le courage
De lui crier tout son amour, son désir et hélas, sa misère