Le dernier adieu - Sully Prudhomme
Quand l´être cher vient d´expirer,
On sent obscurément la perte,
On ne peut pas encor pleurer :
La mort présente déconcerte ;
Et ni le lugubre drap noir,
Ni le dies irae farouche,
Ne donnent forme au désespoir :
La stupeur clôt l´âme et la bouche.
Incrédule à son propre deuil,
On regarde au fond de la tombe,
Sans rien comprendre à ce cercueil
Sonnant sous la terre qui tombe.
C´est aux premiers regards portés,
En famille, autour de la table,
Sur les sièges plus écartés,
Que se fait l´adieu véritable.
C´est gai non?
Carpe Diem!
Comme dirait l´autre!
