tous!
Et puisque levetot me réclame " son" poême...
Tu arbores parfois cette grâce bénigne
Tu arbores parfois cette grâce bénigne
Du matinal jardin tranquille et sinueux
Qui déroule, là-bas, parmi les lointains bleus,
Ses doux chemins courbés en cols de cygne.
Et, d´autres fois, tu m´es le frisson clair
Du vent rapide et exaltant
Qui passe, avec ses doigts d´éclair,
Dans les crins d´eau de l´étang blanc.
Au bon toucher de tes deux mains
Je sens comme des feuilles
Me doucement frôler ;
Que midi brûle le jardin,
Les ombres, aussitôt, recueillent
Les paroles chères dont ton être a tremblé.
Chaque moment me semble, grâce à toi,
Passer ainsi, divinement en moi ;
Aussi, quand l´heure vient de la nuit blême,
Où tu te cèles en toi-même
En refermant les yeux,
Sens-tu mon doux regard dévotieux,
Plus humble et long qu´une prière,
Remercier le tien sous tes closes paupières
-Emile Verhaeren-
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