Oh oui, courrons ensemble, nus, dans la rosée du matin et uniquement accoutrés d'une feuille de vigne complété par deux demi noix de coco pour les filles.
Cette ère où nous nous prélassions à l'ombre d'un arbre pour rechercher la fraîcheur. Il suffisait juste de lever le bras pour cueillir le fruit délicieux qui parsemait son ramage.
Pour compléter le repas, les mains tendues dans le ruisseau en ressortait en forme de vasque dans laquelle baignait une eau pure et limpide, d'une fraîcheur extatique.
Les animaux ne se souciaient guère de nous car ils vivaient en harmonie avec notre espèce et celle des autres.
Les caprices de Dame Nature éveillaient une crainte et une gêne passagère mais que très peu discourtoise.
Nous n'avions rien à craindre et nous nous contentions du peu que nous disposions, si bien suffisant selon moi.
Au lieu de ca, un pauvre connard a décidé que les animaux l'agaçaient. Il en zigouille un, goûte.
P'taiiinnnnn, TROP BON!!
Mais cela provoqua le début de son escalade vers la décadence.
Non content de ce qu'il disposait et de nature égoïste, l'Homme décida que sa part de victime lui revenait de droit et que cela revenait à un droit de préemption dument justifiable.
Afin de s'assurer de son monopole, et par quelque expérience empirique, il façonna des outils et armes qui lui permettraient d'assouvir son sombre dessein.
Son butin gonflait au fil des générations, pourtant infiniment petit s'en mêla:
putréfaction,
maladie,
hygiène déplorable à cause de son mode de vie...
Tout ceci dégradait à vue d'œil la survie de son espèce, et pourtant il en voulait toujours plus.
Le hasard, ou la plus grosse bourde céleste, fut de porter le feu à la connaissance de l'homme.
Celui ci avait de multiples vertues:
aseptisant,
calorifère,
exhausteur de goût,
il plie les matériaux à sa volonté,
la lumière,
une arme.
Tous les avantages du feu en firent l'allié de poids pour l'être humain mais également l'instrument de sa perte.
Constante recherche du bien être, de la technologie, la facilité et de l'oisiveté.
Cela fut ainsi le point de non retour.
Et part une auto dépendance, un égoïsme démesuré et une volonté de survivre en groupe; le principe de troc apparut.
Ce troc se mua en commerce avec l'apparition de la monnaie (narcissisme mégalomane?) et ainsi des premières échoppes.
Le reste, vous connaissez.