PS : et mon petit cadeau. 
FAUT-IL SAVOIR CE QU’IL Y A SOUS LA ROBE ?
Monsieur le président, messieurs les membres du jury, faut-il savoir ce qu’il y a sous la robe ? J’entends déjà l’opinion publique bercée et bordée par les paroles de mon contradicteur, qui chuchote, s’esclaffe, se sent outré par une telle question. Non ! Quelle infamie de vouloir s’offrir une telle intimité !! Mais comme l’a si bien dit Maître Paul LOMBARD dans l’affaire « Ranucchi » : « N’écoutez pas l’opinion publique qui frappe à la porte de cette salle. Elle est une prostituée qui tire le juge par la manche, il faut l’à chasser de nos prétoire car lorsqu’elle entre par la porte, la justice sort par l’autre ». C’est du haut de mon modeste statut de futur avocat légèrement enrobé, vêtue de cet enrobage qu’est la présente robe que j’ai l’honneur de vous démontrer en quoi cette révélation est d’importance. Moi-même durant ma plus tendre enfance je n’aurai jamais imaginé devoir un jour en porter une. Et pourtant tel est le cas aujourd’hui et tel sera le cas pendant l’exercice de ma profession. A ce propos, qu’y a-t-il derrière cette coutume du port de la robe pour les avocats ?
Au moyen-âge, lorsque les avocats formaient une confrérie, ils portaient les soutanes religieuses des clercs. La laïcisation de la profession n’a pas remis en cause cette obligation qui a survécu, et l’avocat tel un mirobolant justicier à la traversée des temps, l’arbore encore fièrement lorsqu’il s’apprête à réaliser son plus bel exercice : la plaidoirie.
Ah ! La robe, djellaba d’un justicier. Et puisque quand la vérité n’ose pas aller toute nue, la robe qui l’habille le mieux, est l’humour… j’oserai une telle comparaison : à l’inverse du voile islamique dont le port est règlementé, en plus d’être autorisée la robe d’avocat est imposée, et ce, même dans les lieux publics à l’instar du Palais de Justice.
[La Gazette Des Petites Robes Noires (Ecole des Avocats de la Région Rhône-Alpes)]