Pataphysique :
Terme satirique inventé par Alfred Jarry pour désigner "la science des solutions imaginaires, qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité".
Jarry la définit comme suit :
<< La pataphysique, dont l´étymologie doit s´écrire epi (meta ta fusika) et l´orthographe réelle pataphysique, précédé d´un apostrophe, afin d´éviter un facile calembour, est la science de ce qui se surajoute à la métaphysique, soit en elle-même, soit hors d´elle-même, s´étendant aussi loin au-delà de celle-ci que celle-ci au-delà de la physique. Exemple: l´épiphénomène étant souvent l´accident, la pataphysique sera surtout la science du particulier, quoiqu´on dise qu´il n´y a de science que du général. Elle étudiera les lois qui régissent les exceptions... >>
Jarry donne l´exemple de la montre qu´on dit ronde alors qu´on lui voit de profil une figure rectangulaire étroite, et qui, vue de trois-quarts, apparaît elliptique: la «réalité», quand nous la percevons, n´est que la représentation linéaire d´un de ses aspects auquel notre imagination seule prête une totalité. Dans le cas de la montre ronde, l´imagination est assez pauvre.
Ceux qui pratiquent cette solution imaginaire élémentaire contestent même qu´elle en est une. Ils sont convaincus d´appréhender la réalité, et pourtant ils font de la pataphysique sans le savoir. La solution imaginaire est devenue pour eux le sens commun; elle relève du consentement universel.
Aussi, pour le pataphysicien, le sens commun, les conventions, la croyance à l´objectivité sont-ils éminemment pataphysiques.
Deux notions fondent la pataphysique : celle des équivalences, et le clinamen ou légère déclinaison des atomes dans leur chute.
Science du Particulier, Science de l´Exception :
Nous trouvons la pataphysique dans les Sciences Exactes ou Inexactes, dans les Beaux-Arts et les Laids, dans les Activités ou Inactivités Littéraires de toutes sortes.
La pataphysique est la substance même de ce monde.