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Ces perles qu'on trouve dans...

Vil-e-Coyote
Vil-e-Coyote
Niveau 10
24 juillet 2005 à 22:19:02

" Soudain, Taupe jeta son pinceau par terre.
< <Et puis zut! Ca suffit! J´ai assez travaillé!>> Il se précipita hors de sa maison sans même prendre le temps d´enfiler son manteau et se dirigea vers le tunnel en pente qui, pour les animaux habitant sous terre, correspond à l´allée de gravier que l´on trouve devants les maisons des animaux vivant à l´air libre. Tout en gravissant le raidillon, Taupe raclait, grattait, creusait ; puis il creusait, grattait et raclait encore.
< <Plus haut. Toujours plus haut>>, se répétait-il quand,... Pop! Son museau surgit enfin à la lumière du soleil. < <Comme c´est formidable, se disait Taupe en se roulant dans l´herbe chaude de la prairie, c´est quand même mieux que de peindre!>>
Rempli de joie de vivre et délivré du nettoyage, il sauta sur ses pattes et poursuivit sa route jusqu´à l´autre extrémité du pré. Tout à son excitation, Taupe avancait au hasard le long des haies et des taillis, découvrant partout autour de lui des oiseaux occupés à construire leur nids au milieu de la nature en éveil.
Alors qu´il déambulait de la sorte, il se retrouva soudain devant une rivière à son niveau le plus élevé. Taupe n´avait jamais vu de rivière. Lueurs et scintillements, murmures et bourdonnements: tout n´était pour lui que frissons et émotions. Taupe était ensorcelé. Il courait le long du rivage comme sous le charme d´un envoûtement. Enfin fatigué, il s´assit."

" <<Qu´est-ce qu´il y a à l´intérieur ? demanda Taupe frétillant de curiosité.
- Il y a du poulet froid>>, répondit rat d´un ton bref, Puis il continua:
<<Languefroidejambonfroidboeuffroidcornichonmariné
saladepetitpaincressonsandwichsrillettesgingembreb
ièrelimonadesoda.>>"

" Tout le long de l´eau,
A travers les roseaux,
Les canards barbotent,
Queues en l´air tête en bas!

Bec dedans pattes dehors,
Ladies et Lords,
Les canards gigotent,
Queue en l´air tête en bas!

Dans cette position,
En surveillant le fond,
Les canards complotent,
Queue en l´air tête en bas!"

" Par cette nuit de grand froid
Ouvrez-nous votre porte et vos bras
Le vent peut-être entrera
Et la neige le suivra
Mais ne nous laissez pas là
Conduisez-nous devant votre feu
Demain vous aurez le coeur joyeux

Dans la neige et le gel nous attendons
Sur nos doigts nous soufflons
Et des pieds nous battons
Nous venons de loin et vous saluons
Acceuillez-nous devant votre feu
Demain vous aurez le coeur joyeux"

" Un éphémère zigzaguait au-dessus de la rivière. Il y eu un remous dans l´eau suivit d´un " gloup" et d´une trainée de bulles. Loutre avait disparu. L´éphémère aussi."

" C´est alors qu´un sifflement se fit entendre. Très faible et très aigu au début, il semblait venir de l´arrière et poussait Taupe à avancer. Puis, toujours faiblement, il résonna loin devant et incita Taupe à rebrousser chemin. Quand Taupe s´arrêta, le sifflement jaillit à gauche et à droite puisremonta le Bois sur tout la longueur. Le petit animal était seul au milieu de la nuit, sans défense et loin de tout. C´est alors qu´un bruissement frétilla. Si léger que Taupe crut que c´était des feuilles qui tombaient. Puis de plus en plus fort et régulier jusqu´à devenir un bruit de pas. Taupe tendit une oreille inquiète et regarda de chaque côté. Le bruit de pas semblait s´approcher quand un lapin surgit en courant. < <Pars d´ici, espèce d´idiot! Va-t-en!>> marmonna l´animal en contournant une souche d´arbre avant de se glisser dans un creux et de disparaître.
Le bruissement enfla. On aurait dit que la pluie s´abattait sur le tapis de feuilles mortes autour de Taupe, que le Bois tout entier s´était lancé à la poursuite de quelque chose ou - qui sait ? - de quelqu´un. Pris de panique, Taupe se mit à courir à son tour. Il se cogna, trébucha, tomba, se faufila et évita les obstacles. Finalement il se réfugia dans le creux sombre d´un vieux hêtre.
Il était trop fatigué pourcontinuer sa route et secoucha dans un lit de feuilles sèches, espérant enfin être à l´abris pour un moment. Tremlant et encore haletant, il écoutait les sifflements et les bruissements du dehors. Il connaissait maintenant cette redoutable chose que les autres petits habitants des champs avaient eux aussi rencontrée avant lui et qu´ils considéraient comme l´épreuve la plus terrible de leur vie: la peur du bois."

( Kenneth Grahame/Le vent dans les saules)

Si je m´écoutais, j´aurais retaper tout le livre ici... :rouge:

Glauque3000
Glauque3000
Niveau 10
25 juillet 2005 à 15:14:04

" Chère angoisse "

" ...L´Univers roulait ses sphères, roulait, roulait, la vie naissait et mourait, naissait et mourait, et nul ne s´en doutait, nul capable de s´en douter n´existait, et la matière diffuse se condensait, les volcans surgissaient, les torrents bondissaient, les herbes fleurissaient, se fanaient, fleurissaient de nouveau, les bêtes naissaient, grandissaient et mouraient, et ça ne gênait personne, n´angoissait personne.
. ...Il a fallu que survienne cette saloperie : la conscience. Et maintenant il y a quelqu´un pour contempler l´Univers, il y a quelqu´un qui sait qu´il est là, qu´il vit, qu´il vit très provisoirement, et qu´il va mourir : moi. La conscience est là, je ne peux pas faire qu´elle n´y soit pas, je ne peux pas faire comme si elle n´y était pas, je ne peux pas redevenir singe, ou chien, ou limace, ou cailloux... La conscience est là, c´est-à-dire l´angoisse, en pleine gueule.
. ...Heureux les croyants, ils ont réponse à ça. Ils ont réponse à tout. Ils ont leur morphine.
. ...Heureux les croyants, mais je préfère mon angoisse et ses yeux grands ouverts. "

emmaline
emmaline
Niveau 10
25 juillet 2005 à 17:31:58

est-ce que quelqu´un connait le nom de l´auteur du poème qui dit :

" mignone . ..allons cueillir la rose..."

je n´arrive pas à me souvenir.

d´avance merci.

Mouahaha
Mouahaha
Niveau 10
25 juillet 2005 à 17:33:25

ronsard ?

emmaline
emmaline
Niveau 10
25 juillet 2005 à 17:36:27

:merci: mouah, c´est ça.

je te dis mille :merci: et un gros :bisous:.

Mouahaha
Mouahaha
Niveau 10
25 juillet 2005 à 17:37:48

de rien mais...oublie pas mon tit cheque :-d

Very-Ape
Very-Ape
Niveau 4
26 juillet 2005 à 16:37:26

Un poete libanais que l´on connait moyennement en occident-----GIbran Khalil:
Gibran Khallil:"
" Tu as eté un deferlement de soleil dans notre crepuscule/
et ta jeunesse nous a combler de reves a rever."
" Nous t´avons tant aimé./
Mais nous ne savions le dire et nous avons omis de le declarer/
tant de voiles sur le coeur nous avons tellement du porter."
c´est bo!!

Glauque3000
Glauque3000
Niveau 10
31 juillet 2005 à 02:59:45

je pense que la BD est comprise dans la littérature, donc je met un court passage de Rat´s ( de Ptiluc, en collaboration avec des collaborateurs)

" Mais qu´est donc une prise de conscience individuelle, face à la marée des grandes mouvances collectives?
C´est quoi d´autre qu´un point ridicule, un individu quand il est vu de loin? "

elfy_grabbes
elfy_grabbes
Niveau 10
31 juillet 2005 à 13:02:43

" J´ai beaucoup raconté des blagues d´handicapés à des handicapés, des blagues d´aveugles à des aveugles, et franchement, de toutes les infirmités connues dans le monde, y a que la connerie qui fait pas rire celui qui l´a."

" Le problème avec nos élections, c´est que le résultat compte pour les hommes politiques, pas pour nous."

" Comiques syndiqués, grève de plaisanterie."

" Moi, ma mère, les nausées, elle les a eues après ma naissance."

et une dernière pour la route:

" En parlant des cons, je parle de moi. Mais dans la salle, chacun pense à son voisin."

Tout ceci tiré de " Ca roule, ma poule" - Coluche.

LeonKennedy
LeonKennedy
Niveau 5
31 juillet 2005 à 14:48:26

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l´esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l´horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l´Espérance, comme une chauve-souris,
S´en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D´une vaste prison imite les barreaux,
Et qu´un peuple muet d´infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l´Espoir,
Vaincu, pleure, et l´Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.

Les fleurs du mal.
Charles Baudelaire ( 1821 - 1867)

Ca, c´est la beauté à l´état pure !

LeonKennedy
LeonKennedy
Niveau 5
31 juillet 2005 à 14:50:57

" est-ce que quelqu´un connait le nom de l´auteur du poème qui dit :

" mignone . . .allons cueillir la rose..."

je n´arrive pas à me souvenir.

d´avance merci."

Oui, c´est Pierre de Ronsard ( 1524 - 1585)

A Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d´espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu´une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté

Vil-e-Coyote
Vil-e-Coyote
Niveau 10
19 août 2005 à 14:10:48

" Hé, les frérots! La longue ribambelle bouclée des nouveau-nés pondus par papa Vortex, viendez-y, dispersez votre magie sur la plaine, fascinez-nous! Des cychrones, des psychrones, des chrotales à la louche, en vrac, par paquets de cinq, par flopées de douze, gris métallisé, rouge garance ou bleu courge, pour toutes les courses et les dégoûts, ne fuyez pas nous autres, pas encore! Pas avant d´avoir tenté votre chance! Du possible, sinon j´esbroufe! Que Sov, mon pote, et Aérochichi, l´élégante à girouette, analysent et mesurent - reste qu´il va falloir se les coltiner au corp à cuir, plonger dedans, passer la tête et voir ou et qui, et en quoi ça se transforme, puisque le chrone, oui-da, précipite les devenirs ou accélère l´errance, tirez une carte... De science, point qui rassure sur leur nature, l´intuition seule, le toucher-la-couleur, parfois l´odeur, guidez-vous sur mon don, troubadour suis et plutôt jeune lanceur, de quoi donc ? De sorts et de sorties, j´ouvre la voix et je crie :
- Un chrone arrive! Plein port! Détachez le troupeau! Les brebis sur les pentes! Bêêêêêê!"

( Alain Damasio/La horde du contrevent)

" Mais ou se trouvait cet endroit ?
Certainement pas dans le Trieste de l´empire austro-hongrois de 1890.
Celà ne ressemblait à aucun paradis ni enfer dont il avait pu avoir connaissance au cours de ses voyagesou dans les livres. Pourtant, il croyait bien être au courant de toutes les théories de l´après-vie.
Il avait franchi le seuil de la mort. Maintenant, il était vivant. Durant toute son existence, il s´était moqué de tout ce qui concernait l´au-delà ; mais pour une fois, il devait reconaître qu´il s´était trompé. Pourtant personne n´était encore venu lui dire : " Je te l´avais bien dit, chien infidèle ! "
Apparemment, parmi cette multitude de corps, lui seul était conscient.
Tout en pousuivant son mouvement de rotation à un rythme qu´il évaluait à un tour complet toutes les dix secondes, il apperçut quelque chose qui le surpris. Cinq rangée plus loin, il y avait un corp qui paraissait humain à première vue mais n´appartenait certainement pas à l´espèce homo sapiens. Il avait quatre doigts, dont un pouce à chaque main, et quatre orteils à chaque pied. Son nez et ses lèvres, comme du cuir noir, évoquaient le museau d´un chien. Son scrotum avait un grand nombre de petites bosses, et ses oreilles d´étranges circonvolutions.
Sa terreur s´estompa. Les battements de son coeur ralentirent, sans pour autant retrouver leur rythme normal. Son cerveau s´éclaircit davantage. Il prit une décision. Il fallait à tout prix qu´il se sorte de cette situation ou il était aussi exposé qu´un cochon en train de tourner sur une broche. Il fallait qu´il trouve quelqu´un qui lui dise ce qu´il faisait ici, comment il y était venu et pour quelle raison.
Décider, c´était agir."

( Philip José Farmer/Le monde du fleuve)

Very-Ape
Very-Ape
Niveau 4
19 août 2005 à 21:38:46

Woody Allen:
"je n´ai pas peur de la mort je ne veux juste pas etre la quand ca arrivera.."

Euripide;
Les hommes diversement,
par la richesse ou la puissance,
les uns les autres se dépassent.
Ils ont mille espérances
pour mille biens à venir ;
les unes font que les mortels
parviennent au bonheur,
les autres sont parties
avant que d’aboutir.
les Bacchantes,(entre 408 et 405 av J.c.)

Oscar Wilde: "reveler l´art et cacher l´artiste, tel est le but de l´art"
Oscar Wilde: "l´art reflete le spectateur et non la vie"
Oscar wilde: "le role de la creation artistique est de parachever l´oeuvre inachevée de la nature"

Bertrand Russell: (en anglais c´est impensable en français)
"war does not determine who is right, only who is left"

toxnico
toxnico
Niveau 6
20 août 2005 à 01:14:25

une fois n´est pas coutume je met ma participation :peur: :"celui qui détient la paix de l´âme n´est importun ni a lui-meme ni aux autres" Epicure.

elfy_grabbes
elfy_grabbes
Niveau 10
06 septembre 2005 à 23:52:19

Allez go ... puisqu´on en parle ...

Un truc qui m´a fait :ouch: !!

"Pendant les quelques secondes qui vont vous etres nécessaires pour lire ces 4 lignes:
- 40 humains et 700 millions de fourmis sont en train de naître sur Terre.
- 30 humains et 500 millions de fourmis sont en train de mourir sur Terre.

HUMAIN: Mammifère dont la taille varie entre: 1 et 2 mètres. Poids: entre 30 et 100 kilos. Gestation des femelles: 9mois. Mode de nutrition: omnivore. Population estimée: plus de 5 milliards d´individus.

FOURMI: Insecte dont la taille varie entre: 0.01 et 3 centimètres. Poids: entre 1 et 150 milligrammes. Ponte: à volonté selon le stock de spermatozoides. Mode de nutrition: omnivore. Population probable: plus d´un milliard de milliards d´individus."

Edmond wells (Encylopédie du savoir relatif et absolu) ..

Tiré du livre "Les fourmis" de Bernard Werber.

fa7
fa7
Niveau 10
07 septembre 2005 à 02:06:37

...Elle me disait qu´elle voulait être non pas une femme, mais une flamme.
Elle me parlait d´une flamme, mais pas comme toutes les flammes, une flamme à la fois petite et fragile et qui, bien qu´exposée à tous les vents, ne s´éteindrait jamais, n´arrêterait pas de danser, pour apporter de la chaleur, de la lumière et de la joie à tous ceux qui l´approcheraient.
(...)
Une personne, c´est un peu comme un paysage. Si vous l´aimez vraiment, vous n´avez pas besoin qu´elle soit tout le temps au beau fixe pour l´aimer.
(...)
Nos rêves, il faut nous y consacrer ici et maintenant. Et y goûter avec des yeux qui brillent, comme brillent les yeux d´enfants lorsqu´ils découvrent un cadeau longtemps désiré.
(...)
Rappelle toi bien : tu n´as pas le temps de perdre ton temps. La vie est trop courte pour la vivre à moitié. Il faut vivre pleinement les heures de ton existence. Toutes ne seront pas intenses, bien sûr, car la vie est faite de contrastes. Mais il faut que tu n´en renies aucune.
(...)
Même quand tu crois oser, tu n´oses jamais assez. Dis toi bien que quand on se donne, ce n´est jamais "trop", c´est toujours "pas assez". On n´aime jamais trop. On peut se tromper, on peut aimer mal, mais on n´aime jamais assez. Jamais, tu entends!
N´oublies pas de savourer le goût de la vie, son royal nectar butiné sur des fleurs à la splendeur intacte, ce miel à la tiédeur exquise, aux virtualités secrètes et magiques.

Tiré de "Jade ou les sacrés mystères de la vie"
de F.Garagnon

Sympa, ce petit bouquin! :oui:

Monkey-D-Dubi
Monkey-D-Dubi
Niveau 10
07 septembre 2005 à 14:20:23

:ouch:
:coeur:

  • part à la fnac*
Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 07 septembre 2005 à 14:27:15

Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s´ouvraient tous les coeurs, où tous les vins coulaient.

Un soir, j´ai assis la Beauté sur mes genoux.

Et je l´ai trouvée amère.

Et je l´ai injuriée.

Je me suis armé contre la justice.

Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c´est à vous que mon trésor a été confié!

Je parvins à faire s´évanouir dans mon esprit toute l´espérance humaine. Sur toute joie pour l´étrangler j´ai fait le bond sourd de la bête féroce.

J´ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J´ai appelé les fléaux, pour m´étouffer avec le sable, avec le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l´air du crime. Et j´ai joué de bons tours à la folie.

Et le printemps m´a apporté l´affreux rire de l´idiot.

Or, tout dernièrement, m´étant trouvé sur le point de faire le dernier couac! j´ai songé à rechercher le clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.

La charité est cette clef.

Cette inspiration prouve que j´ai rêvé!

"Tu resteras hyène, etc.... ," se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots.

"Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux."

Ah! j´en ai trop pris :

Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l´écrivain l´absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache des quelques hideux feuillets de mon carnet de damné.

:coeur:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 07 septembre 2005 à 14:29:53

Arthur Rimbaud

Une saison en enfer...

:-)

Elise123
Elise123
Niveau 10
07 septembre 2005 à 14:30:15

O douleurs, d’insolentes, cruelles trahisons,
O soupirs tremblants, et tourmentant frissons,
Cessez donc cette folie, qui détruit ma raison,
Laissez mon esprit seul, dans ses murs de prison.

O passion entraînante, murmures incorruptibles,
O blessants sentiments, et souvenirs terribles,
Cessez de me hanter, jours et nuits, sans arrêt,
Laissez mon âme vide, libre de tous attraits.

O violentes blessures, peines et mensonges,
O longue souffrance, qui doucement me ronge,
Cessez ce règne de peur, de cœurs endoloris,
Laissez moi donc encore, plongée dans mon ennuie.

O ange de la mort, silhouette d’atrocités,
O vous l’ombre sans nom, autre que les pêchés,
Cessez de m’attirer, de vos griffes funèbre,
Laissez moi m’endormir, seule, dans les ténèbres.

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