Seule, la dame abandonnée, assise sur son lit, pleure devant son écran
Rien ne pourra la consoler de la perte de celui qu’elle a tant aimé
Hormis Benjamin, ourson de son enfance depuis longtemps oubliée
Qu’elle tiendra comme toutes les nuits contre elle serré tendrement
La lucarne éteinte, elle couvre d’un léger foulard la petite lampe bleue
Et s’étend sur la douce literie, se glissant en dessous des draps glacés
Elle étreint très fort contre elle la peluche qui jamais ne l’a quittée
Et d’un doigt timide, elle se met à explorer le plus secret des lieux
Epanouissement de l’intimité, chemin faisant, elle se prend à rêver
Que l’ours qu’elle agrippe dans ses bras pousse, grandit et grossit
Le tendre doudou en bel étalon se métamorphose au cours de la nuit
Et pesant de son poids sur la jolie dame, il commence à la caresser
Follement éprise, et sans la moindre pudeur, elle le guide vers elle
Celui qui remplace son cher Benjamin fait preuve d’une telle adresse
Que, perdant tout complexe, elle promène ses doigts sur les fesses
De l’ourson, avant d’exploser de mille feux pour cet amour virtuel