et doucement . .. C´est dimanche . .. il est que 11h20 ! !
On a le temps ! !
En parlant de dimanche:
Je me souviens, ça commençait comme ça
D’abord un peu perdu, par les cloches réveillé
Où suis-je ? Quelle heure est-il ? Est-ce qu’on travaille ou pas ?
Alors du bout des draps, se laisser retomber
L’odeur du pain grillé se glissant sous la porte
Un soleil arrogant semblant forcer les vitres
Aujourd’hui est une journée morte
La moitié déjà consommée, y va falloir faire vite
Dehors, les magasins fermés, ruelles de western
Donnent au quartier des allures de ville fantôme
Une botte de foin qui roule balayée par le vent
Y manquerait plus que l’harmonica lancinant
d’Ennio Morricone
Dis-moi dimanche
Les deux mains dans les manches
Pourquoi je garde au fond du ventre une boule ?
Dis-moi vieille branche
Gardien de mes nuits blanches
Pourquoi ma gorge se noue quand j’éteins l’ampoule ?
Je me souviens, ça continuait ainsi
Qu’est-ce que j’ai bien pu faire de cette deuxième chaussette
En route pour le dominical déjeuner d’un siècle en famille
Endimanché des pieds jusqu’à la tête
Pendant la promenade digestive à shooter dans les feuilles
Où l’on déambule tête baissée dans l’ombre du lundi
« Faites coucou à mamie, restée sur le seuil
On va pas traîner, j’aime pas conduire de nuit »
Je me souviens, ça finissait comme ça
Le chat en napperon sur le radiateur
Vautré sur la moquette devant le petit écran
Goûter aux dernières secondes du week-end qui se meurt
Je garde en mémoire le rituel du film du soir
De mon père qui riait à gorge déployée
Du grand blond, de sa chaussure noire
« Allez, mon grand, il est tard, va vite te coucher ! »