Un religieux viendra vous affirmer qu´il est heureux car il croit en son Dieu, et celui-ci lui a promis le paradis en récompense de sa dévotion, ce qui fait qu´en se basant sur cela, le bonheur devient accessible mais seulement au prix d´un sacrifice: se défaire de toute forme de concupiscence.
Nous pouvons également penser qu´un homme qui a une excellente situation, une femme, des enfants, une bonne situation sociale et professionnelle sera heureux du fait qu´il a tout pour.
Dans cette perspective, le bonheur est accessible à l´homme.
Néanmoins, ceci n´est qu´une analyse superflu, je dirais même superficielle car, comme le dit si bien l´adage suivant, la vérité est ailleurs . ..
Le bonheur n´est pas seulement un plaisir singulier, mais un état durable, d´une part, du plaisir effectif, d´autre part aussi, des circonstances et moyens qui permettent, à volonté, de provoquer du plaisir. Ce dernier est ainsi le plaisir de la représentation. Mais bonheur et plaisir font également place au concept de chance, car c´est par accident que les circonstances extérieures sont accordées aux déterminations intérieures des tendances. Le propre de la béatitude est, au contraire, de ne faire aucune place à la chance ; c´est dire qu´en elle, entre présence extérieure et présence intérieure, l´accord n´est pas fortuit.
Chez l´homme, l´accord entre réalité extérieure et sa réalité intérieure est limité et fortuit. En cela l´homme est dépendant.
L´homme le plus heureux est, manifestement, celui qui ignore tout de la réalité qui l´entoure, dans ce sens mieux vaut être un imbécile heureux qu´un Socrate malheureux, puisque si l´homme apprenait tout le pessimisme qui se dégage de ce monde, son âme s´en trouverait irrémédiablement troublée et, même si en apparence il a tout pour atteindre le bonheur, il restera la part de soi, sceptique en elle-même, qui lui rappellera qu´il n´est qu´un mortel imparfait, destiné à mourir et manipulé par les hautes sphères qui gouvernent ce monde, à son insu.
Donc, mieux vaut être un Socrate malheureux qu´un imbécile heureux dans ce cas là, et ne pas mourir con, un sage ne craint rien de ce bas monde, pas même la mort car il est toujours prêt à partir.
Nous tombons donc, comme c´est souvent le cas avec ce genre de sujets(assez bancals, il est vrai) face à une antinomie, et de poids car elle consiste à nous poser la question suivante : Nous sômmes plus heureux quand nous prenons conscience du malheur qui nous entoure, ou, inversement, quand nous l´ignorons?
Que répondre face un tel problème . .. le bonheur n´est que fugace, il n´est pas eternel, l´homme est imparafait et commet des erreurs jusqu´à plus soif, de ces erreurs découlent un puissant ressentiment nommé le regret, une entrave au bonheur.
Mais alors, si l´homme vit sans aucun regret, est-il heureux? Pas tout à fait, car il vit dans le doute, il regrette de ne pas avoir de regret et de ne pas s´être ouvert à un autre monde, certes plkus dangereux, mais autrement plus enrichissant et plus interessant, qui certes fera son malheur matérielle, mais son bonheur spirituel.
Tout ceci revient à l´antagonisme âme/Esprit, passé/avenir.
La mort, la peur, l´amour, la joie, autant de sentiments qui font qu´on accède au bonheur ou pas, alors à la question de savoir si l´homme peut atteindre le bonheur, je dirais Oui, mais seulement pour quelques instants.
Seulement lorsqu´un sentiment de joie prendra le dessus sur un sentiment de tristesse, seulement lorsque la satisfaction l´emportera sur la frustration et le regret, pas étonnant que les fins d´esprit, ceux qui possèdent le regard d´airain, finissent seuls dans les méandres de la solitude.