Par un beau matin d'été, à la sortie une boîte, abandonnée sur un trottoir, ou, plus exactement échappée d'un sac poubelle négligemment troué,micheline pleurait à chaudes larmes quand elle vit qu'aucun passant ne lui prêtait la moindre attention.
Elle qui, tout au long de sa courte vie remplit sa fonction avec passion, contenant dans son ventre d'immondes petits pois baignant dans un liquide visqueux dont la composition exacte ne peut être révélée, cette pauvre petite qui souffrit atrocement lorsque d'affreuses mains poilues s'approchèrent pour lui ouvrir la panse à l'aide d'un instrument métallique dont elle avait entendu parler mais qu'elle n'imaginait pas si terrible, elle qui après avor été vidée de fond en comble fut jetée nonchalemment dans une poubelle malodorante devait se rendre à l'évidence : les humains la méprise.
Elle savait à quoi s'attendre, le transport, le stockage avant l'ouverture douloureuse. Elle avait conscience que la marchandise qu'elle contenait serait extirpée de son corps, et que le début de la fin de son odyssée passerait par des endroits où régnerait la puanteur. Tout d'abord un sac poubelle puis un monstre géant avaleur de détritus.
Elle avait pris le temps de sympathiser avec ça et là, une vieille peau, un ancien agent de presse pour du dentifrice, un vieux tout ridé et ressentait une grande fierté d'accomplir son devoir.
Jusqu'à l'accident...une déchirure ce qui la fit basculer sur le trottoir tandis qu'elle voyait s'éloigner dans un vacarme assourdissant le monstre géant mangeur d'ordures. Un, deux, trois rebonds sur le sol l'assomèrent. Quand elle reprit ses esprits, elle s'aperçut qu'elle était complètement seule. La chaleur écrasante de cette matinée ne fit qu'amplifier son malheur. Elle pleura...
Voici l'histoire d'un don d'organe non désiré.
Charmant non ?
Méthode communiste pour la transformation d'info.Mouarf