Attends, je fais ma vermicelle:
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2 Soeurs (Janghwa, Hongryeon) (2003) est adapté d’un conte populaire coréen intitulé “Janghwa et Hongryun” (le titre original du film est Janghwa, Hongryun) dont la traduction française littérale est “Rose et Fleur Lotus”.
Il s’agit bien sûr du nom de deux fleurs mais également de celui des deux sœurs, pro-tagonistes de ce récit classique des temps anciens créé par un conteur anonyme. Transmis oralement de siècle en siècle, il fut résumé par Zong In-Sob (1905-1983) dans le recueil “Folk Tales of Korea ”.
L’auteur n’insista pas trop sur le côté surna-turel de l’histoire. Pourtant, à la base, il s’agit bel et bien d’une histoire de fantôme. Une femme cruelle tourmente ses deux belles-filles, Rose et Lotus. Elle écorche un rat et le met dans le lit de Rose en l’accusant d’avoir fait une fausse couche. Honteuse, cette dernière met fin à ses jours en se noyant dans un lac. Sa sœur Lotus apprend sa mort en rêve, et se rend aussitôt sur les lieux du drame avant de se suicider à son tour, folle de douleur. Dès lors, les deux sœurs reviennent sous la forme de fantômes pour terroriser leur village. Le juge local fait alors appel à un héros guerrier du nom de Chong Tong-u, pour l’aider à combattre ces forces surnaturelles. Ce dernier réussit à parler aux sœurs fantômes qui lui racontent alors la vérité. La belle-mère est exécutée et le père se remarie à une femme vertueuse qui met au monde deux filles, qui sont la réincarnation de Rose et Lotus. Dans ce genre de récit appelé “kogan” (cas public), la justice triomphe toujours.
Mais entre les mains de Kim Jee-woon, qui a situé l’action dans un contexte contem-porain, la narration et le dénouement de l’histoire seront un peu plus complexes…
De l'âge d'or à la Nouvelle Vague
La popularité de Janghwa et Hongryun est telle que durant le XXème siècle, l’histoire est adaptée sur scène, à la télévision, et cinq fois au cinéma avant la version de Kim Jee-woon. La première adaptation cinématographique (1924) fut donc produite alors que la Corée était encore sous l’occupation japonaise. Après la libération du pays en 1945 et la guerre de Corée (1950-1953), les productions coréennes commencent à se multiplier jusqu’à la fin des années 50. Futur roi du film d’action (il tournera notamment à Hong Kong pour la Shaw Brothers, le cé-lèbre La Main de Fer en 1972), le réalisateur Chung Chang-wha, pourtant peu attaché au genre, adapte deux fois à l’écran la célèbre histoire des deux sœurs, trois ans après ses débuts derrière la caméra avec The Story of Jang-hwa and Hong-ryun (1956) puis durant l’âge d’or du cinéma coréen avec The Great Story of Jang-hwa and Hong-ryun (1962).
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voila pour la legende