L'Otan annonce une enquête sur les informations selon lesquelles les soldats français tués en Afghanistan auraient été touchés par des «tirs amis», en l'occurence de l'aviation alliée.
AFP
LIBERATION.FR : mercredi 20 août 2008
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L’Otan va «examiner» des informations de presse selon lesquelles certains des dix soldats français tués lundi en Afghanistan auraient été touchés par des frappes aériennes de l’Alliance, a indiqué ce mercredi un de ses hauts responsables.
«Nous sommes au courant des informations dans les médias et nous devons les examiner», a déclaré ce responsable, assurant n’avoir pour l’instant «rien de substantiel pour confirmer ou démentir cette information».
Il a toutefois précisé que, dans un premier temps, les investigations pour établir le déroulement des faits seraient probablement faites par les autorités françaises.
Le quotidien français Le Monde a affirmé, en citant des témoignages de soldats blessés lors de l’attaque, que certains des soldats français tombés dans l’embuscade des talibans avaient été «touchés» par les frappes aériennes de l’Otan censées leur permettre de sortir de ce guet-apens, dits «tirs amis».
Selon le journal daté de jeudi, des soldats blessés lors de l’embuscade, interrogés à Kaboul, ont mis en cause «la lenteur de la réaction du commandement et de sérieux problèmes de coordination», qui expliquerait le nombre de victimes. Selon eux, l’unité de reconnaissance tombée dans l’embuscade est restée sous le feu ennemi «pendant près de quatre heures sans renfort».
«Nous n’avions plus de munitions pour nous défendre avec d’autres armes que nos Famas», a raconté un blessé. D’autre part, selon Le Monde, les frappes aériennes de l’Otan déclenchées pour secourir les unités attaquées ont «raté leur cible et touché des soldats français, de même que des tirs venant des soldats afghans positionnés en aval».
«Chaque fois qu’il y a un incident de ce type, nous analysons ce qui s’est passé, un moment viendra où il faudra tirer les leçons professionnellement de cette opération» a précisé Erick Irastorza, le chef des armées.
«Chaque chose en son temps, le Monde diffuse des informations qu’il estime devoir diffuser, ça le regarde… Il y a un temps pour la compassion, la solidarité, notamment avec les familles, nous tirerons les enseignements de cet évènement», a-t-il déclaré, à l’aéroport d’Orly où il était venu accueillir avec le secrétaire d’Etat à la Défense Jean-Marie Bockel, 11 des 21 soldats français blessés lors de combats lundi contre les talibans.
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