- Magister ? Est-ce que ... C’est vous ?
Il parlait, pas de la façon la plus conventionelle qui soit, mais Keller parlait. Sa voix résonna le temps d’un souffle entre les surfaces creuses de mon esprit. J’étais debout, penché sur lui. Il me rendit un sourire pressque éteint, le sang avait disparu des reliquats vivant de son visage.
Tout le reste avait subit le sort programmé. Le métal, le carbone mat comme le vide intersidéral, la silice bleuté découverte ça et là sous les plaques recouvrant son corps, dessinant un semblant d’antropomorphisme.
Keller semblait différent. Mais il était véritablement différent, dans son essence vital. Dans son âme. Je pouvais presque palper ce changement m’effleurer les doigts et les oreilles, au creux de mes orbites pourtant habitué à ce genre de transposition. Littéralement, j’halluçinais dans la logique. Et cela devait cesser.
- Oui, je suis là, commandus.
Il équarquilla son seul oeil vivant. L’autre, « l’amélioré », n’avait pas encore pris place dans son emplacement final. L’appendice hémisphérique patientait sur un plateau en inox stérlisé. Je m’en saisi, mes mains ayant pour l’occasion fait place à deux pinces tripodes longues et acérées, ressemblant davantage à des instruments de torture plutôt qu’à des outils chirurgicaux.