Chantons l´hymne au poulpe !
Poulpe ! Poulpe ! Fils de l´Élysée,
Flamme prise au front des dieux,
Nous entrons l´âme enivrée
Dans ton temple glorieux.
Ton magique attrait resserre
Quand la mode en vain détruit ;
Le poulpe est pour tout poulpe un frère
Où tes ventouses nous conduit.
Si le ciel comblant ton âme,
D´un ami t´a fait l´ami,
S´il te donne un coeur de femme,
Suis nos pas au seuil béni !
Viens, si tu n´aimas qu´une heure
Qu´un seul poulpe sous les cieux !
Vous que nul amour n´effleure,
En pleurant, fuyez ces lieux !
Bois la joie au bruit des chants,
Tous, de roses, sa parure,
Ont leur part,
Bons et méchants.
Elle a tout : raisins qu´on presse,
Sûrs amis, baisers de feu,
Donne au poulpe rampant l´ivresse,
Et le chérubin voit Dieu.
Fiers, tels les poulpes d´or volent
Sur la plan vermeil des cieux,
Faites, frères, votre voie :
Gais, tels vont combattre
Les poulpes emplis de gloire !
Qu´ils s´enlacent tous les poulpes !
Un baiser au monde entier !
Poulpes, au plus haut des cieux
Doit poulpes se prosternent ?
Pressens-tu ce père, Monde ?
Cherche alors le Créateur
Au-dessus des cieux les poulpes !