Juste pour être complet, je lui ai répondu ceci... c´est de bien piètre qualité par rapport à son texte mais j´ai fait de mon mieux !
« Snoophie,
Ma Princesse,
Tu vois, ton message m´est finalement parvenu par delà les voiles euchroniques qui séparent ton univers du Monde Merveilleux.
Comme quoi, on a toujours tort de ne pas vouloir y croire... Note que malheureusement, dans la plupart des cas où j´ai été "sollicité", je suis arrivé trop tard (je n´ai pourtant jamais beaucoup aimé les femmes style "sac à os"). Bref...
La quête de l´homme parfait, combien de fois ai-je entendu cela au cours de ma (longue) existence... Amour absolu, amour idéal, amour parfait… amour impossible, trois fois hélas.
Je ne te raconterai pas ma vie, elle s´étale de long en large dans les romans pour enfants sages, les contes à lire à l´ombre de la lune, les petites histoires qui se terminent toutes de la même façon, suivant la formule désormais consacrée :
"Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d´enfants."
Mensonges ! Oui, j´ose à présent le crier haut et fort.
Ces contes de fées ne sont rien d´autres que de la mystification, une énorme mascarade dont je suis la première victime et dont toutes les autres lésées sont les petites filles qui deviennent plus tard femmes et qui, au fil du temps qui passe, sont toujours plus désappointées de voir que l´Homme ressemble plus au primate du temps des cavernes qu´à un Prince Charmant.
Car si mes soi disants charmantes compagnes me donnèrent finalement très peu d´enfants, pour ce qui est du bonheur et de sa réalisation au jour le jour, on est loin, très loin du compte.
Au point où j´en suis venu à me demander si un jour, à l´instar d´une de mes ex, dont tu as parlé dans ta touchante missive, je finirai par trouver chaussure à mon pied ! En effet, comme tu le soulignes toi-même, jamais je n´ai été heureux avec aucune d´elles jusqu´à présent !
Ah oui, elles sont toujours merveilleuses, parfaites, d´une beauté à couper le souffle quand vous débarquez au pied de leur donjon, l´épée à la main, une rose entre les dents, sur votre fidèle destrier.
A peine un cheveu défait dans leur mise en pli impeccable - pour donner l´illusion peut-être qu´elles sont en danger -, une robe dont le corsage laisse deviner des formes enivrantes, des yeux de biche, une bouche en coeur... elles se jettent à votre cou (ou alors elles dorment mais ça c´est une autre histoire, parfois je me demande si on n´aurait pas dû me baptiser "réveil-matin" plutôt que "prince-charmant").
Mais une fois le mot "fin" apparu sur l´écran, ces princesses "merveilleuses" se transforment toutes sans exception (et sans l´aide d´une quelconque marraine ou fée de son état) en rombières infectes ! Et des "tu as oublié de relever la planche des waters", et des "tais-toi, y a la starac’ qui commence" et des "tu fais trop de bruit en mangeant" et j´en passe et des meilleures...
C´est là que ta petite lettre m´a interpellé. Je me suis dit : "enfin, une femme qui me demande de péter à table et en plus devant tout un parterre de beau-monde." Et c´est là que j´ai compris ce qu´au fond, je recherche chez toute femme et que je n´ai, malheureusement, pas encore trouvé à ce jour...
Prince charmant, je suis et donc par définition, je n´ai aucun défaut. Je suis donc plus qu´un idéal, je suis la perfection incarnée.
Pourtant, aucune femme rencontrée jusqu´à présent ne s´est montrée parfaite à mes propres yeux. Et je vais te faire un aveu, je m´en fous : la perfection, c´est la chose la plus emmerdante qui soit ! Par contre, aucune, je dis bien aucune, ne disposait de la seule qualité que j´espérais le plus lui voir attribuer : l´indulgence.
Car chacune de ces femmes, princesses ou souillons, chacune recherchait en moi cette ultime perfection et me reprochait le moindre écart. Or, que ne donnerais-je pas ? tous mes royaumes, tous les trésors de la terre et tout l´amour du monde pour une femme qui accepterait enfin que j´ai DES DEFAUTS ! Mieux encore, que ces petits travers la fassent rire aux éclats et qu´elle ne m´en aime qu’encore plus fort...
Crois-tu que je devrais continuer de rêver, tendre princesse Snoophie ? Penses-tu qu´un jour, je puisse tomber sur cette perle rare ?
En toutes hypothèses, je demeure
Ton bien dévoué,
Prince Charmant »