2. Sociétés animales et sociétés humaines
L'éthologie – c'est-à-dire la discipline étudiant le comportement et les mœurs des animaux dans leur environnement naturel– refuse de privilégier l'homme et a tendance à mettre sur le même plan les sociétés animales et les sociétés humaines, tout en accordant à ces dernières une plus grande complexité. L'ethnologie – la discipline qui étudie les mœurs, coutumes, modes de vie et institutions, propres aux sociétés humaines primitives – insiste quant à elle sur la différence radicale qu'il existe entre sociétés animales et sociétés humaines. L'ethnologue Claude Lévi-Strauss signale que seules les familles humaines interdisent les rapports de procréation entre membres d'une même famille : la prohibition de l'inceste caractérise ainsi la société humaine. Elle symbolise, toujours chez Lévi-Strauss, la culture qui est ce à quoi les animaux n'ont précisément pas accès : les animaux n'ont pas de culture, ils demeurent des êtres de nature.
La philosophie, qui refuse de réduire l'homme à l'animal, met en évidence la puissance et la souveraineté de l'espèce humaine, capable de se détacher, grâce à sa culture, du simple règne naturel. Dans les sociétés humaines, le lien social ne repose pas tant sur la nécessité biologique que sur la volonté de s'associer en fonction de buts communs conscients.
Les communautés humaines ne se bornent pas à satisfaire des besoins vitaux, se rapportant aux instincts, mais permettent également la satisfaction des intérêts matériels et des intérêts spirituels qui caractérisent un être doté de raison. L'homme développe au sein de la société l'ensemble de ses aptitudes, il y perfectionne, comme le dit Diderot, « ses facultés et ses talents » et s'y procure « un vrai et solide bonheur » (L'Encyclopédie, article « Société »). La société fournit à l'homme un cadre éco