On connaît, je l´ai déjà mis, mais rien à foutre, ça mange pas de pain et si ça peut être lu, c´est déjà pas mal.
Voyez M. Lambda. M. Lambda est un honnête travailleur. Oh ! non bien sûr il n´est pas très riche...Mais il a de quoi vivre...il gagne sa croûte comme on dit. N´étant pas riche il ne vit pas très confortablement, il a même le minimum du confort. Mais il a de quoi vivre grâce à son travail. Cela lui suffit puisque de toutes façons comme on lui a toujours dit, et il en est lui même persuadé, il ne peut pas, il n´a pas les moyens de mieux vivre. Donc il s´en contente, il est « heureux ». Heureux comme il le peut, car il sait que d´autres sont plus heureux que lui, mais ceux là sont plus forts, plus talentueux ou plus intelligents que lui...mais c´est comme ça que va le monde et Mr Lambda, il va pas changer ça lui...non il peut pas...même si il serait bien à la place d´un de ces patrons surpayés...il a pas les moyens pour ça. Il le sait on le lui dit tous les jours. Oh non pas explicitement hein...non on lui dit pas « t´es qu´une merde reste à l´usine », non. Mais on se charge de le lui faire comprendre par des moyens détournés. Et ça marche car Mr Lambda se contente de son petit bonheur à lui.
Seulement, si M. Lambda prenait la peine de réfléchir par lui même, de se dire « Attends une minute mon vieux...ce qu´on te dit, c´est pas forcément la vérité. Est ce que c´est eux, en haut, qui détiennent la vérité ? », et bien si il prenait la peine de se dire tout ça, Mr Lambda pourrait regarder le monde tel qu´il est réellement. Simplement Mr Lambda, il est trop fainéant pour ça. Mais si par chance un jour, il tombe sur cette réalité, pas celle qu´on lui impose, non, celle qui s´impose d´elle même à lui, si il tombait sur cette réalité, il jetterait un coup d´œil, au moins par curiosité hein, un tout petit coup d´œil. Et là ce qu´il y verrait ce serait un monde, un monde oui, mais pas un monde comme il le conçoit d´habitude, un monde où tout reste à faire. Et là il jetterait aussi un coup d´œil en arrière. Il verrait là le monde qu´on lui a donné à voir. Ce monde où on a le bonheur assuré, un bonheur plus ou moins important selon sa classe sociale et son argent, certes, mais un minimum de bonheur assuré, sauf pour ceux qui n´ont pas été assez bons pour se hisser même au grade le plus bas de cette société assurant un revenu. Et M. Lambda dans cette histoire, il préfère avoir le bonheur tout de suite, même s´il doit se contenter de peu. Il préfère mettre son cerveau en veille, aller travailler tous les matins à 6h et rentrer à 19h pour toucher son salaire, aller faire les courses au supermarché du coin et manger à sa faim mais sans plus. Voilà ce qui lui convient.
Parce que s´il essayait de se bouger le cul, M. Lambda, il pourrait construire ce monde où tout le monde pourrait vivre aussi heureux les uns que les autres sans avoir besoin d´être le meilleur pour être le plus heureux des hommes puisque tout le monde serait le plus heureux des hommes. Mais se bouger le cul et construire ce monde, ça voudrait dire regarder l´autre côté, celui où tout reste à faire. Ca voudrait dire en baver pendant un moment, ne pas forcément vivre dans le bonheur, même s´il est précaire. Et en plus, en y pensant, c´est pas sûr et certain que ça réussisse ce changement...ou peut être que M. Lambda ne sera plus là pour le vivre quand il réussira. Dans ce cas là, il aura sacrifié son bonheur pour quelque chose qui ne lui aura pas profité, à lui...Pas qu´il soit individualiste M. Lambda...Oh non ! Ca il s´en défend même ! Mais quand même ça l´embêterait ça, de se sacrifier sans pouvoir tirer profit de ses sacrifices, simplement aider les autres...
Donc M. Lambda choisit de rester dans son monde en gardant bien au chaud son misérable bonheur, ce bonheur auquel il tient tant qu´il ne voudrait pas risquer de le perdre pour l´améliorer. Et ce M. Lambda a des enfants...et d´ailleurs je vais vous conter l´histoire de son fils, qu´on appellera aussi pour plus de facilité M. Lambda.
Vous pouvez maintenant relire ce texte pour connaître l´histoire du fils de cet homme qui aurait pu, s´il l´avait décidé, changer le monde avec l´aide d´autres personnes telles que Mme Untel ou M. Truc, mais qui a choisi, tout comme ces personnes, de vivre dans la merde qu´on leur a donné, ce qui est au final tellement moins fatigant et moins risqué.