Quelques jours ont passé depuis que j´ai posté mon premier message, deux heures de jeu supplémentaires se sont ajoutées aux précédentes, et je me vois malheureusement contraint d´énumérer à nouveau davantage de déçeptions que de réjouissances.
Tout d´abord, deux quêtes m´ont bien plu malgré leur manque flagrant d´originalité, simplement parcequ´elles étaient bien fichues et de longue haleine. Il s´agit d´une mission d´escorte visant à faire survivre deux marchands et l´autre où l´on infiltrait le camp de deux lames. Points positifs: découverte de nouvelles ambiances ( les marais), de missions assez bien scénarisées. Les points négatifs sont en revanche bien plus nombreux.
Je continue de m´offusquer la simplicité absolue de ces quêtes qui tient du foutage de gueule et décrédibilise le jeu lui-même.Exemple:pour infiltrer le camp de deux-lames, un brigand nous conseille de nous habiller comme lui, alors qu´il est censé empêcher les intrusions et repousser les ennemis potentiels. C´est un gag? Hélas, non.
Idem dans la mission où il faut retrouver l´ " architecte": on sait d´entrée de jeu où il se situe puisque l´icône des quêtes indique sa position, et pour entrer dans la caverne qui lui sert de planque, une sorte de totem nous dit grosso modo où il faut aller glaner le mot de passe en ayant l´air de pas y toucher. Classique. Donc " efficace", serait-on tenter de penser. Encore une fois, non. Pas difficile de trouver qui détient le renseignement au temple bidule chouette: on ne voit que lui, et il suffit de lui offrir un joyau pour qu´il nous sorte de l´embarras. Dans un jeu un peu plus sérieux, il aurait été question de lui rendre service, histoire d´entremêler plusieurs quêtes. Là, non, c´est l´apologie du minimum syndical.
Autre source d´amertume: le scénario. Terriblement simple et en même temps assez incompréhensible, parce qu´incohérent et elliptique. Durant le combat contre deux-lames, la soeur du héros surgit de nulle part, tagada tsoin tsoin, envoyez la cinématique. Super.
Là, on apprend qu´elle a été recueillie par les bandits, et qu´elle a puisé dans sa cecité une sorte de rancoeur qui l´a poussé a adopté leurs coutumes. Sauf que, là où ça coince, c´est que je la croyais morte dans un pré sous les yeux de son frère, alors que celui ci venait lui souhaiter un joyeux anniversaire. Ainsi, j´avoue que je reste assez embrouillé quand la frangine raconte son épopée: premier point de détail. Second point de détail: après qu´elle aie déballée tous ses petits soucis, retour au combat avec Deux-lames. Où est passée la soeur? On en sait rien. On ne la reverra pas. Soit je suis décidément un bougre d´abruti qui ne comprend rien, soit ce jeu brille résolument par son incohérence.
Quoi d´autre? Les ennemis. Pas très futés. Prenons par exemple ces bestioles qui sortent de terre pour nous balancer des rochers. Elles reproduisent sans cesse le même coup et sont très faciles à battre pour peu qu´on dispose d´une grande patience. Pareil pour les boss. Battre deux-lames n´a été qu´une formalité à cause d´un point faible méchamment classique, à savoir une vulnérabilité temporaire quand il plantait ses épés dans le sol. Là où c´était ridicule, c´est qu´il le faisait même quand j´étais à dix mètres de lui. En même temps, c´est un bandit,on ne peut pas lui demander d´être intelligent. Il n´empêche que voir le petit gringalet qu´est mon personnage terrasser une grosse baraque comme lui avec toujours ce même petit coup absurde a hautement contribué à décrédibiliser le titre à mes yeux.
Enfin, je passe sur une somme de petites pecadilles vraiment aberrantes, comme l´absence de localisation des dégâts: les ennemis survivent à une flèche plantée entre les yeux.
Décidément, il ne semble rester à Fable que sa réalisation graphique grandiose et une bande-son éminemment réussie. Est ce vraiment ça qui en fait un " très grand RPG à défaut d´une révolution" comme le prétendent tous les médias. Faut croire. Combien de temps va-t-on se laisser abuser?