Chapitre 32
Le corps du petit homme chauve était couvert de sang. L’affreuse image de la Faucheuse l’entourait. Aurion et Krosia ne savait plus quoi penser de ces crimes. Ils imaginaient ces tueurs en train d’ouvrir le ventre de leur victime. Et ils pensaient toujours à cet homme, Kujian, qui était certainement le cerveau du groupe.
Krosia enjamba le corps du petit homme puis s’installa dans une cabine où était inscrit « Direction : Quartier des Guildes. » sur un petit écriteau de fer. Aurion y entra à son tour puis enclencha le petit levier servant à faire marcher cette cabine. La vapeur les entoura, puis la cabine fila encore plus haut dans les arbres.
Clac !
Elle se stoppa. Les portes s’ouvrirent, libérant les deux jeunes garçons.
Ici, la nuit, Kovo paraissait moins endormit. Quelques personnes, malgré l’heure tardive, continuaient de marcher dans les rues. La plupart de ces personnes était étrange : ils portaient tous une petite torche et marchaient, doucement, courbé, sans faire le moindre bruit, comme pour ne pas éveiller les soupçons. Ils se faufilaient rapidement dans les ruelles sombres et humides, puis disparaissaient pour le restant de la nuit.
Et malgré cette ambiance de « hors-la-loi », il y avait quelques gardes. Mais la plupart d’entre eux somnolait, ne faisant pas attention à ce qui pouvait se passer dans ce quartier. Même des enfants marchaient dans les rues à cette heure-là. L’un d’eux portait même un couteau dans la main.
Soudain, au coin d’une rue, apparue la foule, suivant un guide. Ce guide parlait doucement, indiquait le nom des rues, leur significations, ect. Les deux garçons s’en approchèrent.
« Hum, bonsoir monsieur. »
« Chut, parlez moins fort ! Vous allez réveiller les gardes ! »
« Et alors ? Ils doivent faire régner la loi, non ? Alors pourquoi ils dorment ? »
« Mais taisez-vous ! Ici, tout le monde n’aime pas les gardes ! Ils pourrissent ce quartier avec leurs lois à la con ! Ici, tout le monde vient pour la liberté ! Ici, on peut faire ce qu’on veut, jusqu’à ce que les gardes se réveillent et reprennent leur travail ! Alors taisez-vous ! Des tas de voleurs traînent dans les rues à cette heure-là ! Et s’ils se font prendre à cause de votre grande voix, ils feront tout pour vous éliminer ! Même moi, je prends mes précautions ! Alors chut ! »
« Heu, ok. Mais on voudrait savoir : vous vendez des cartes du quartier ? »
« Ah, des nouveaux. Faites gaffe, on n’aime pas ça dans le coin ! Si on apprend que vous êtes nouveaux, sans protection, ils en profiteront pour s’en prendre à vous ! »
« Comment ça « sans protection » ? Vous insinuez qu’on ne sait pas se battre ? »
« Non, non, je n’ai pas dit ça, c’est juste qu’ici, si vous n’avez pas de protection, vous risquez de vous faire voler votre or ! »
« Mais vous entendez quoi par « protection » ? »
« Il y a une guilde. Elle s’appelle « la guilde des protecteurs ». Ses membres ont pour but de protéger ceux qui les paient. Moi-même je suis sous leur protection ! Personne n’ose sortir sans leur aide ! »
« Ah, je vois, mais nous, on sait se défendre. »
« Je n’en doute pas, mais faites tout de même gaffe ! »
« …Alors ? Vous avez des cartes du quartier ? On ne s’y retrouvera pas, sans ça. »
« Tenez, c’est 10 po la carte. Vous en voulez combien ? »
« Une seule suffira, merci. Ah, au fait, j’ai une question : comment ça se fait que les gardes dorment ? Ils devraient faire leur travail, non ? Et si tout le monde est gêné par les gardes, pourquoi ils ne les tuent pas ? »
« Héhé, ils y ont pensé ! Les gardes sont sans cesse endormit car c’est une technique qu’ont presque tous les voleurs ! C’est le sort « ronflement », ça leur permet d’endormir leur cible par simple regard ! Ils s’en servent quasiment tout le temps ! »
« Et quand les gardes se réveillent, ils ne se souviennent de rien ? »
« Eh non, c’est un avantage de cette technique : l’amnésie ! Grâce à ça, la liberté est garantie ! »
« Et personne n’est contre tout ça ? Pas même le chef des gardes ? Il n’est pas étonné de voir ses hommes constamment endormit ? »
« Si, il aimerait bien agir, mais il a trop peur ! Vous savez, on n’aime pas les gardes ici ! Alors encore moins leur chef ! S’il se présente, il se fera tuer à coup sûr ! Vous ne pouvez pas imaginer combien d’hommes sont contre lui ! »
« Hum, je vois. Merci et au revoir ! »
« C’est ça, salut ! »
Puis le guide, suivit de la foule, reprit sa visite.
Aurion et Krosia étaient étonné du système de vie de ce quartier. Ils imaginaient le nombre de meurtres, de vols. Personne n’aimerait habiter là. Aurion songeait à payer les Protecteurs pour plus de sécurité, mais Krosia refusa : cela devait coûter une fortune !
« On ne s’éloigne pas l’un de l’autre, on se protège nous-même et ça devrait aller. Pas besoin de dépenser une fortune alors que si ça se trouve, on ne va même pas rester une journée ! »
Ils marchaient n’importe où, ils ne faisaient pas attention où ils allaient, ils s’en fichaient. Mais se sentant rapidement perdus, Krosia sortit la carte.
« Ah, on est tout près d’une guilde ! »
« Laquelle ? »
« …C’est la guilde des Guérisseurs ! C’est marqué « Fonction des Guérisseurs : soigner des personnes quasi-gratuitement, faire des recherches sur la santé, trouver de nouvelles plantes, ect. » Mouais, ça m’a plutôt l’air d’un cour de science que d’une guilde ça ! »
« Ouais, ça me rappelle des mauvais souvenirs scolaires, on n’y va pas. »
« Sinon, à 50 mètres d’ici, il y a la guilde des guerriers et juste à côté, celle des mages ! Leur fonction : guilde des guerriers « protéger la ville contre des attaques ennemies, participer à une bataille, une guerre, afin de protéger leur territoire, ect. » et celle des mages « même fonction que celle des guerriers sauf qu’ils doivent aussi découvrir de nouveau sorts, s’y entraîner, ect. ». Ha, ha ! Pour moi, aucune hésitation, je prends celle des guerriers, vu qu’on ne connaît pas beaucoup de sorts et qu’on ne sait pas vraiment les manipuler ! T’en dis quoi ? »
« Ouais, en plus, grâce à l’entraînement de maître Kao, on va pouvoir faire nos preuves ! C’est sûr, ils vont nous accepter ! »
Et ils coururent donc 50 mètres en direction de cette guilde des guerriers. Mais ils n’avaient pas vraiment réfléchit : pourquoi y allaient-ils ? Pour l’argent ? Pour l’aventure ? L’entraînement ?
Lorsqu’ils arrivèrent en face de la porte d’entrée, un grand homme barbu le barra l’accès.
« Que voulez-vous ! » aboya-t-il.
« Salut, on voudrait entrer dans votre guilde ! Mais, heu… vous n’avez pas peur de réveiller les gardes, avec votre grosse voix ? » demanda Krosia.
« Alors comme ça, vous voulez faire partie des guerriers, hein ? Eh ben j’vais vous dire quelque chose : les guerriers, c’est l’élite des combattants, ceux qui remporte une guerre, et ce n’est pas un simple entraînement ! Ici, chaque jour on risque sa vie ! Alors ? Vous voulez toujours y entrer ? »
Aurion et Krosia se regardèrent, hésitant. Mais ils finirent par accepter.
« Très bien ! » s’exclama l’homme, leur libérant le passage. « Entrez là et parlez à l’homme qui s’appelle Askar ! C’est le chef, c’est à lui qu’il faut s’adresser pour faire partie des guerriers ! Allez-y ! »
Sans lui répondre, ils entrèrent d’un pas hésitant.
A l’intérieur, un homme énorme, portant deux lourdes haches les accueillit.
« Salut à vous les jeunes ! Alors, on veut entrer dans l’élite des combattants ? Ha ha, ça va pas être si facile, croyez-moi ! »
« Heu, bonjour ! » dirent poliment les deux jeunes garçons, de peur que cet homme s’énerve. « C’est vous Askar ? »
« Askar ? Ah non, c’est pas moi ! Moi, j’suis juste l’indicateur ! Donc, je vais vous indiquer où se trouve le bureau d’Askar, notre chef ! Montez ces escaliers, vous y trouverez une porte. Vous y entrez et vous êtes chez Askar ! Allez, bonne chance ! »
Les deux enfants montèrent les escaliers et trouvèrent en haut une seule porte de bois où était gravé « ASKAR ».
D’un pas encore plus hésitant qu’avant, ils entrèrent.
Fin du Chp.32
Suite au Chp.33…