Cette nuit, une fois de plus,
Tu es venue hanter mes rêves.
M´accorderas-tu une trêve,
A moi encor si ingénu ?
Dans mes songes, tu es toujours
La même. Tu es rayonnante,
Mais plus encor quand tu chantes,
Car alors tu n´es plus qu´amour.
Cependant, à mon grand regret,
Ta silhouette et ton visage,
Flous, mais dignes de louanges,
Ne me sont jamais dévoilés.
Aujourd´hui, ce dont je suis sûr,
C´est que tu déchires mon cœur,
Car pour moi tu es le bonheur,
Inaccessible aux êtres impurs.
Hélas ! Mon âme est bien trop laide
Pour que tu puisses m´accorder
La faveur de ton amitié,
Alors que j´ai tant besoin d´aide !
Et pourtant j´ose me mettre à nu.
En te déclarant mon amour,
Sans même t´avoir fait la cour,
Je sais que je serai déçu.
Mais qu´importe puisqu´alors,
Tremblant, de froid et de terreur,
Ruminant ma terrible erreur,
Je n´aurai qu´à tirer au sort :
Le courage ou la lâcheté,
Le présent ou l´éternité,
La peur ou la tranquillité,
En un mot : la vie ou la mort.