Cpitre 10
[Le mage lui aussi avait quitté Solstheim. Le massacre des Skaals le bouleversait. Il avait connu de valeureux guerriers dans ce village, et malgré leur valeur, ils avaient péri sous les griffes du monstre. Ce carnage n’avait fait que renforcer la volonté du mage à l’exécuter. Sur le bateau le ramenant en Vvanderfell, il se demandait la raison qui avait poussé la bête à quitter son île natale, mais des témoignages affirmaient qu’un énorme loup, courant tantôt sur 2 pattes, tantôt à quatre pattes, avait quitté l’île à la nage. Le sorcier songeait à l’endroit où le loup avait pu se réfugier, mais une mission plus importante l’attendait. Il devait porter la missive du capitaine du fort au duc Dren, relatant la décimation du village nordique, afin que la traque des loups garous reprenne. Lassé de la lenteur du voyage, il se téléporta au temple de Gninis et voyagea jusqu’à Coeurébène. A la lecture du message, ce grand seigneur trembla à la fois d’effroi et de rage. Ainsi, au moins un monstre avait survécu à la Grande Purgation, nom donné par les Dunmers au combat mené contre ces bêtes impies. Tous les forts, toutes les casernes, tous les exaltés, toute la population de Morrowind fut avertie. Les habitants se terrèrent alors dans leurs maisons, les rondes de nuits furent organisées jusque dans les plus petits villages…
Le magicien, disposant, grâce à Dren, de l’appui des gardes, commença ses recherches. Se servant du réseau d’espionnage, l’Ordre des Lames, il apprit que de très nombreuses disparitions avaient eu lieu dans la région d’Ald Ruhn. Il se rendit alors immédiatement sur place. Là bas, il se rendit compte de la terreur que répandait le monstre. Interrogeant les rares habitants qui se déplaçaient, il n’appris rien de consistant. Las, fatigué, il prit une chambre à la Marmite du Rat. Il rentra dans sa chambre, sans remarquer les yeux avides qui l’observaient intensément. Au milieu de la nuit, le pilleur de tombe qui avait fui le manoir, s’introduisit dans la chambre du mage. N’ayant pas revu son camarade qui s’occupait généralement de fournir les repas, il était obligé de voler par lui-même. Mais, désormais, il ne prenait plus de risques. Sortant sa dague, il s’approcha du lit. Le souffle du dormeur était régulier, aucun danger. Se jetant sur sa cible, il donna un grand coup de dague au niveau de la gorge.
Une voix grave, profonde et froide retentit derrière lui :
- Bel exploit, pour un couard. Tu as tué un mannequin.
Le roublard se retourna lentement. L’Orc, grand, étonnamment musclé, calme, l’observait. Tremblant, le lâche tenta de l’attaquer, mais un éclair de foudre lui fit lâcher son arme. L’homme se mit à hurler, le conjurant de l’épargner. Malgré la terreur de son visiteur nocturne, le sorcier réussit à apprendre la cachette du loup. La bête avait fait une erreur en laissant fuir cet homme. Le forçant à lui montrer le chemin, il arriva enfin au manoir rédoran, et laissa partir son voleur.
Le magicien hésita à rentrer. Il se demandait pourquoi le loup se comportait ainsi. Se décidant enfin, il pénétra dans la maison. Il trouva le même parchemin que les deux brigands. Comme eux, il descendit par le petit couloir. Il ouvrit la porte de la salle et trouva les machines. Nulle créature, homme ou bête, n’avait le droit de commettre de telles atrocités. La crainte du mage se transforma en une incroyable colère. Rejetant la tête en arrière, il libera un terrible hurlement qui lui brûla la gorge. Une lueur rouge apparue dans ses yeux.
Les loups garous, attirés par ce terrible cri, pénétrèrent dans la salle, regardèrent le mage. L’envie de tuer se voyait dans leurs yeux, mais ils étaient pétrifiés, craintifs… « Des jeunes loups » jugea-t-il. Libérant un second hurlement, il se rua sur les créatures impies. Ces loups garous étaient trop inexpérimentés pour se défendre correctement face à un orc entraîné à tous les types de combats. Sa hache pénétra les chairs, taillada les flancs, trancha les têtes, coupa les membres. La rage décuplait les forces du mage de guerre. Il déversa la violence habituelle de sa race dans ce combat. Il regarda le dernier monstre agonisant et l’acheva en lui fendant le crâne. Titubant, ce mage-guerrier s’appuya contre le mur. Les instincts brutaux de sa race resurgissaient, il s’était laissé emporter et s’était abaissé à préférer sa hache à la magie.
Il fouilla le manoir de fond en comble à la recherche du maître de maison, mais ne le trouva pas… Il s’en doutait. Si ce monstre avait été sur les lieux, il serait venu défendre ses semblables. Le mage sorti de cette maison, et abattit une colonne de flamme sur la demeure. Observant les ruines calcinées, il s’interrogeait sur le nombre de loups garous déjà envoyé aux quatre coins de Vvanderfell. Mais il sourit en pensant à la rage qu’éprouverait son adversaire en voyant son manoir rasé. Le magicien partit rendre compte de son action au duc. Celui-ci promulgua un décret afin d’arrêter tous les fous errants et toute personne suspecte, afin de vérifier à la nuit tombante si il était l’une de ces créatures immondes, et dans ce cas, de l’exécuter. Après avoir fait son rapport, le mage se remit en chasse...]