N°2
LE REBELLE
( of the société)
Lutte contre la prolifération intempestive de l’intelligence
Intelligence ? L’intelligence est la plus grande vanité de l’homme. Elle est le fruit d’une éducation matérialiste, donnée dans la sainte adoration de livres écrits par des génies.
Elle représente à elle seule la société élitaire qui créé cette atmosphère, qui demande toujours plus, cherche encore et encore la moindre trace de « possibilités » sur n’importe qui. Pour pouvoir dire de chacun qu’il correspond à ces critères, mais garder quand même ceux qui nous intéressent, la solution réside dans un pauvre mot à grande vocation. Inventé il y a bien longtemps, il devint vite le préféré de tous : l’intelligence. Aujourd’hui, nous sommes obligés de faire ce constat : l’intelligence n’existe pas, ou plus. Elle n’est que vanité. Ignoble vanité !
L’intelligence est la fin de la modestie, l’abolition d’une des dernières valeurs de l’homme. Ce mot brigue un droit « divin », l’autosatisfaction. Je suis intelligent, tu es intelligent, il est intelligent… Et tout le monde est content. Personne, jamais, n’a abandonné cette satisfaction de se croire intelligent. Enfin ! Est-ce normal ? Qui eut la brillante idée d’universaliser ce mot ? L’humanité a coupé le dernier lien qui subsistait entre elle et la nature. Elle n’en fait pas partie. Elle est au-dessus. Elle est intelligente… démente hypocrisie !
Extraterrestre, ne viens pas sur cette planète de fous. Extraterrestre, nous ne sommes qu’un rebut, mais nous nous croyons capable d’envisager le Divin. Toi qui raisonnes autrement, que penses-tu de ce mot, intelligence ? Nous regardes-tu avec mépris, ou bienveillance ? Mais si on te demande si tu l´es, toi qui vois autrement les choses, n’y réponds pas. Ne réponds pas, il en va de ta vie. Repars, plutôt, et à ton peuple, explique le mot orgueil. Insensé orgueil !
Oh, c’est facile. Il est tellement simple de créer une notion, miraculeusement graduée sur 20 échelons. Tellement aisé est un nombre appelé QI. Mais tout le monde l’a. Ayons confiance en nous ! Nous sommes tous intelligents. Décidément, c’est tellement commode. Ironie ? Non, tout le monde y croit, aberration alors... Mais peut-on compter l’abstraction? Sûrement pas, trop dangereux dit l’homme. Ou alors, s’arrange-t-on pour que celui qui plait soit le meilleur. Avouez que le résultat n’est qu’hypothèse ? Que cela ne signifie rien ? Sûrement pas, je préfère dire que j’ai un beau 145 de QI. Avec ça, c’est quelque chose d’insaisissable, « d’abstrait vous comprenez ? ». Les grands l’avaient, et moi aussi. Bien sûr. Mais personne ne protestera ? Sûrement pas, tout est parfait, déjà. Pitoyable.
Mais, qu’ais-je à me moquer ? Dire du mal de ceci ? Ne voilà pas un nouvel effet du surmenage, oh vraiment excusez-moi. Allons, oublions cela. Je ne me suis que trop égarer. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, ne le savons nous pas ? Ne soyons surtout pas défaitiste ! Ais-je été outrancier. Je ne me le pardonne pas. Permettez, je dois travailler mon anglais, j’ai eu une si mauvaise note au dernier DS ! Je dois me corriger, autrement, je rate mes études, c’est le chômage, pas de travail et mort dans la misère, c’est la vie. Elle ne pourrait de toute façon pas être meilleure. Tout va bien. Navrant.
On peut dire ce qu’on veut, on s’y est habitué, hein ? Oui. Habitués à se vanter, à s’entreféliciter, dans une détestable célébration de l’intelligence mutuelle. Notre système, sélectif au possible, veut nous classifier, nous coller une étiquette… Quand serons-nous côtés en bourse ? Pourquoi, avec 11 de moyenne, dois-je m’écraser devant celui qui a 15, m’humilier, devant la « fille au 18 » ? Atroce conditionnement. Mais ne peut-on pas briser ces chaînes ? Inhumain !
Pauvre lapin rose ! T’ai-je supplicié ? À critiquer la seule valeur que tu connaisses, que tu chérisses ? Tu ne le mérites pas, lapinou rosâtre, tu le sais, tu es l’élite. Pourquoi disais-je du mal de tout ce pourquoi tu vis, de tout ce que tu apprécies ? Il faut vraiment être un méchant, n’est-ce pas ? Pauvre de toi, ta vie est dure pourtant. Tu dois répondre aux questions si compliquées que l’on te pose, jeune surdoué. Et quand tu réponds bien ? Veinard ! Tu gagnes un susucre, une bonne nonote. Pauvre surdoué trop fier de toi, prends bien garde à ne pas, en respirant trop bruyamment, briser ta cage si bien dorée d’illusions. Tu y es un peu à l’étroit, Pas vrai ? Mais rien n’existe de bien au monde, pas vrai….
Intelligence ? Non. Vanité, Hypocrisie, Orgueil, Aberration, Pitoyable, Navrant, Inhumain. Changeons ! Ne restons pas là, sages, devant l’escalier aux 20 marches ! Refusons l’intelligence ! Elle peut se débrouiller sans nous. Avez-vous tout perdu de lucidité et de fierté pour ne pas voir ce qui est bon pour vous ? Ce modèle que l’on vous impose, ce moule dans lequel vous devez vous couler, cela est-il si parfait. Vaut-il donc tant que ça ?
De vos cerveaux, imbibés de Star Ac’, shootés de Slipknot, je ne demande qu’une chose. Devant cette image du premier de la classe, auréolé, détournez les yeux, je vous en prie, regardez ce sombre tableau intitulé Réalité, dégoûtez vous, mais de l’illusion, non, détournez les yeux.
« Ne reste d’intelligence que la mienne. Encore n’existe-t-elle que par rapport à moi. »
Pur Esprit
« Struggle for life »
Darwin.
Ou bien l’intelligence n’existe pas, et n’est que vanité,
Ou bien l’intelligence est une somme de très nombreuses qualités, et seul l’usage que l’on fait maintenant de ce mot est erroné.
La vérité se devrait d’être au milieu : chacune des qualités dont la globalité est appelé intelligence existe vraiment, mais la notion finale n’est que vanité. Du reste, l’usage que l’on fait de ce mot est de toute façon mensonger.
Le rebelle est une publicité de grande envergure mandatée par le Grand Consommateur, proposant une originalité toute faite à des adolescents identiques. Si vous avez des Reebook et portez des fringues Nike on vous donne le droit de dire « Fuck the system » ! Si vous avez le tout nouveau lecteur MP3 on vous donne le droit d’écouter Manson. On vous donne le droit de paraître en marge. Si vous achetez quand même le rasoir Triplex et le déodorant Hugo Boss on vous donne le droit de vous estimer différent.
Mais nous n’appartenons pas à cet ignoble embrigadement de naïfs pré-pubères qui désacralisent et urbanisent le vrai rebelle : celui qui combat par les idées, et non par le sac Adidas, le baladeur stéréo et la tête mal rasée.
Pauvres personnes aliénées par tant d’années de scolarité inutile. Pauvres gens dont le but ultime est la jouissance d’une toute puissante célébrité. Pauvres foules qui, par votre argent, avez possession d’un pouvoir si dérisoire. Oui, vous tous ! Réfléchissez, pensez, critiquez, développez vous, diffusez vos idées, brisez toutes les barrières instaurées par le Grand Consommateur, par la plume vous triompherez ! Sortez de vos cachots, partez vers l’inconnu, faites naître la lumière.
Si elle le veut, la masse détrônera l’ « élite ».
Il n’en tient qu’à vous.
Agissez !