( Pain gourmande)
L´après fut longue. Je ne l´avais jamais apprécié, cet idiot de tavernier, mais il me semblait que ce n´était pas qu´une simple lubie dûe à je ne sais quelle breuvage qu´il s´évertuait à avaler en un temps record. Il n´avait pas pu agir par simple coup de tête : il devait vraiment y croire. Peut-être lui avait-on fait un lavage de mie, ou avait-il peut-être découvert quelque chose. Ou bien il était devenu bel et bien fou, le Grand Pain seul le sait.
Passer du temps à ne rien faire d´autre que de penser m´était insuportable. Aussi avais-je décidé de partir prendre l´air, tuer quelques nix ou autres braillards. Je m´affairais conscienceusement à préparer mon expédition quand une jeune recrue, fraîchement nommée coursier, m´interrompit. Le Pain Fondateur me recevrait plus tard dans l´après-midi. Juste le temps nécessaire à mon divertissement.
Je remerciai le bleu et m´en allai, arc à la main, dans les terres des cendres.