Je me garais dans le parking à ma place habituelle, descendais de voiture et, appuyé sur ma canne, j´ouvrais le coffre et enclenchais le mécanisme destiné à déposer mon fauteuil roulant au sol.
Je m´y installais et roulait vers la porte menant au complexe, saluant au passage le Pain de garde. Celui-ci me rendit mon salut et scruta les environs, afin de paraître utile. Il n´en était rien. Je savais parfaitement ce qu´il ferait dès que j´aurais franchi la porte : couper l´affichage des caméras de surveillance pour regarder un film, probablement à caractère pornographique, sur la télé.
Un rayon de lumière attira mon regard. Là, par terre. Une vis. Je savais qu´au-dessus se situait l´arrivée d´un conduit de ventilation.
Je passais la porte, et me dirigeait vers le local de maintenance. Il y aurait quelqu´un de garde dedans, quelqu´un que j´enverrais aussitôt réparer la bouche d´aération défectueuse.
Le soldat du local parti accomplir sa tache, je me dirigeais vers le poste de commandement, rendant leur salut aux gardes sur mon chemin.
Un attroupement attira mon attention. Pain au lait se tenait au milieu, son garde du corps Pain Gourmande à ses côtés, comme toujours. Je m´approchais.
" Que se passe-t-il, mon lieut´ ? ", demandais-je.
" Apparemment, une fenêtre de sécurité de la zone 5 aurait été forcée", me répondit-il.
" Oh. Et ? "
" On cherche à en savoir plus."
" D´accord."
Alors que je m´apprêtais à partir, je me retournais.
" Au fait, j´ai envoyé un technicien au parking, une bouche d´aération a littéralement perdu un boulon."
Puis je me remis en route, pensant à la journée à venir.