Hayhayhay !
- Non, je n´y arrive pas décidément pas. Et je t´en veux, je t´en veux tellement de laisser ces secondes qui nous séparent passer avec tant de désinvolture. Comment voudrais-tu que je m´y fasse, comment pourrais-tu penser une seule seconde que tu ne brises mon coeur et mon âme à chaque fois que tu t´absentes ? Tu es un diable quand tu me laisses, tu connais parfaitement mes limites et tu m´y pousses chaque jour un peu plus en disparaissant ainsi.
Et tu reviens, toujours aussi sublime que la fois passée, que dis-je, bien plus encore. Ces folles nuits que tu passes au loin de mes bras me rendent malade, mais te font du bien, tu apparais chaque jour, plus heureuse, plus souriante.. Et ce bonheur me suffit, tes rires caressent mon coeur et ton visage décrispe le mien, je t´aime.
C´est ma foi bien inutilement que je rédige ces quelques mots, les moyens d´expression dont je dispose ne suffiront jamais à traduire la force de l´amour qui est le mien, et j´aurais beau t´aimer, te le crier ou te le murmurer, j´ai peur de ne jamais avoir assez de force en moi pour te combler. Bien sûr je n´oublie pas tes mots, oublie, suivit présomptueusement de moi, qui forment cet ordre terrible qui voudrait que ton souvenir m´abandonne. Mais quelque empressé que je sois de t´obéir, le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas, et je ne puis répondre de quelque autre manière qu´en déposant un timide baiser sur tes lèvres. J´aimerais tant que cette folie qui pénètre en moi soit contrôlée, mais une telle effervescence est impossible à canaliser. Tu troubles mon être et tu le fais à la manière d´un tyran, car certes je t´ai choisie, mais tu es aujourd´hui libre, passionnée, et maître de moi.
Te décrire serait une fable mielleuse qui se révélerait au final bien fade car la beauté est faite pour être ressentie et non décrite, et c´est avec un mal conséquent que je me risquerais à l´exercice qui consisterait à imposer aux yeux de tous, la vérité qui transparaît dans tes yeux. Si mon vocabulaire était un temps soit peu plus développé j´aurais au mieux réussi à faire naître l´envie en ceux qui me liront de te découvrir, mais je le refuse amèrement. Tu me pardonneras mon égoïsme sans borne mais tu m´es trop précieuse, et je me battrais toute ma vie si il le faut pour te garder à mes cotés. Ton parfum, ton regard, tes gestes délicats et hésitants méritent, je le sais, bien plus qu´un simple et banal homme comme moi, mais me résoudre à te perdre est une folie à laquelle je ne puis me livrer sans trépasser.
En attendant le bonheur de te voir, je me livre, ma douce, au plaisir de t´écrire, et c´est en m´occupant de toi que je charme le regret de m´en être éloigné. Tes pensées et ta beauté m´obsèdent, et c´est avec ces mots les plus sincères que je termine cette lettre qui m´enflamma le coeur.
Je vous aime, princesse.
- Votre prince.